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Home Poin Poin de vue Hommage à la chanson françoise (hardie !) HOMMAGE A LA CHANSON françoise V : c'est pas de la soupe, c'est du rata

HOMMAGE A LA CHANSON françoise V : c'est pas de la soupe, c'est du rata

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Devant la salle des fêtes d'Aspach-le-Haut, une bande de rappeurs héteroclites défie la populace sur l'air du Stabat Mater en scandant leurs efforts en anathèmes. D'effroi, des dames s'évanouissent dans les bras de vilains messieurs qui les troussent de premier secours. Capuche-style face aux édiles écharpés de tricolore, les déconoclastes clament de plus belle :

 

"Oh Fils de Pit !"

J'croise un canich' nain

Vénère d'une force

Façon Homère !

 

Tout colère J'lui envoie

Dans les dents

Un bing ! sévère

"Total Boloss !"

 

Yo !

L'est tout vert

Tout cassé cassos"
(paroles et musique : SuperDahu)

 

ci-dessous : une bande de rappeurs hétéroclites tente de prendre d'assaut la mairie d'Aspach-le-Haut sous les ordres du chef des Nhuns.

Terrorisés, les allogènes dévalent les pentes bras au ciel en hurlant au retour de la Bête, vous avez composé le 666, veuillez ne pas tilter. Bref : à l'aide. C'est un héros, une armée, une cohorte de Jupiter qu'il faudrait pour repousser les hordes jusqu'aux frontières de l'infini comme dans Star Trek. Mais soudain illico... Apparaissent au plus haut des cieux les capes festonnées d'or de la Chorale Volante, oui, celle-là même qui déclame la Chanson Françoise à la figure des Méchants, qui balaie l'outrecuistre par ses rimes ajustées et console la Madelon dans ses bras d'airains et ses coups de reins bas. Entendez-là, elle inspire, elle va chanter ! Gloria ! Pour écouter de la Véritable Chanson Françoise certifiée à l'ode rosse, appuyez sur 2. Sont-ce des vers ? Ou prosent ces phrases ? En tout état de cause, c'est la médiocrité qui s'écrase !...

 

Quoique

 

Quoique que nous fûmes, quaker ou bien marin fusilier

Il faut bien avouer que la rouée fieffée

Dont nous étions tous les servants chevaliers

(Nous en chérissons dans la resserre à légumes

Le souvenir) est une écervelée compliquée

D'une évaporée. Quoiqu'elle fût, on en sût

Pas plus. Où peut-elle être ? Limbes, brumes

Qui nous la dérobez, prière de nous la rendre

Telle que vous la trouvâtes en entrant. Quoique.

Couac, dites-vous. Ce n'est pas une réponse.

(G.-E. L'Incohérent, Cantique de la cantine)

ci-dessus : la resserre à légumes accueille aussi des fruits tant son âme est pleine de bonté
(elle a été fabriquée à Morschwiller-le-Bas, aussi)

Les zombies penauds se rendent à la maréchaussée sans plus d'esclandre et tombent à genoux en réclamant pardon. Ils avaient bu du mauvais vin germain et, enfants, leurs parents les ont privé de ces vignettes Panini où les clochers des plus rutilants villages haut-rhinois enchantent les coeurs, élèvent les âmes et dorent le houblon sur pied de Kronenbourg jusqu'à Belfort. Une fois encore, la Chanson Françoise triomphe sans ambage ni bagage, pour appeler un porteur tapez sur la touche dièse (attention au départ). Un zébu, une figue molle renversée, un bivalve et un morceau de calcaire (sous forme de scout Jean-Claude) traversent les voies sans emprunter le passage souterrain. Ils ont eu chaud.

 

ci-dessus : entrée du train en gare de Morschwiller-le-Bas
(à l'arrière-plan : le non-sosie non-officiel de Mireille Mathieu).

Le TER entre en gare et, somnolant en première classe, un voyageur d'importance ronfle des rêves transiliens... Il est heureux qu'il descende à Morschwiller car son humeur s'accorde à la joie de vivre fameuse de la commune. En témoigne ce rigodon retrouvé sur un parchemin du IXe siècle dans la crypte de l'église par M. le maire en personne lors de fouilles sur la personne de la secrétaire de mairie :...

 

"C'est bien le RER,

pour penser à Morschwiller.

Honorons sa zone artisanale,

digne de Châtelet-les-Halles

et son air chlorophyllien

que lui envie le Transilien."

(transcription : Catfish)

 

Ainsi douce s'écoule la vie à Morschwiller, où le climat empathique et la langoureuse Chanson Françoise ont tôt fait d'amener notre voyageur à des rencontres qui, enfin, donnent raison au soleil de se coucher pour couver de son absence les amours hôtellières, puis le pressent de se lever, pour chanter les cours supermarchères où les acortes caquètent dents dehors, humant le bon air et les promesses juvéniles du vent. En un mot, c'est Lidl des jeunes, c'est l'...

 

Extase

Aujourd'hui, chez Lidl, j'ai contracté sur le pouce

Une poule. Chez Lidl.

Vous me la copierez! exigea Tata Jaja.

Vous dérogez.! surenchérit Papa Caca.

Moi, je me la baille belle.

Belle je me la baille car aujourd'hui

Chez Lidl, j'ai contracté une poule.

Elle est terrible et caquète en se souciant

Comme de l'an quarante du qu'en-dira-t-on.

C'est heureux.

(Rondo L’Incohéron/Perry Patapon)

 

Ci-dessus : et ma queue devant le Lidl,c'est de la poulette ?

 

Comprenne qui peut. Sauve qui, également.

Comment expliquer qu'ailleurs dans le monde se morfondent les milliards désoeuvrés, qu'à chaque coin de rue s'effondrent les chateaux ibères dans les bras du malheur accouru ?

Convoquez la science !

Mandez les rhéteurs !

Hé bien ? Je n'entends rien. Pourquoi soudain se taisent-ils ?

Quel est ce mystère, qui à la Chanson Françoise unit Morschwiller ?

Et par quel subterfuge, ceux qui n'y vivent point y veulent trouver refuge ?

N'y aurait-il point de plus bel endroit sur Terre, pour chanter l'amour en vers ?

Pour leur éternel tourment le savent tous ceux que dénonce un teint hâve, les rides aux yeux, les lèvres closes aux refrains allègres : tous ceux à qui les nuits hantées font regretter à chaque seconde de ne point y habiter. Au faîte des cathédrales jadis les gargouilles hurlaient leurs menaces silencieuses ; de même voici l'effroi qui saisit le voyageur qui à Morschwiller ne descend pas.

Souvenez-vous !

Et chantez, maintenant (en tremblant)...

Si j'avais su, je serais descendu à Morschwiller-le-Bas

 

Au-dessus du café de la Gare,

Et ses néons hors d'âge,

Il faut monter à l'étage,

Pour descendre à l'hôtel Minus.

 

La façade est aveugle, et le taulier russe,

Qui encaisse sans un regard.

Il a un tic a l'oeil, les lits ont des puces,

A l'hôtel Minus.

 

Dans les chambres adjacentes,

Des bruits adjuvants :

Le lieu tarife à la demie, au quart,

Un bordel à puces,

Mon hôtel Minus.

 

The Eagles - Hotel Californiachorus :

You can check out any time you like,

but you can never leave.
(tu m'étonnes, voir ci-contre)

 

Le tapis expire, en montrant ses cordes,

A chaque coin de couloir,

Il étouffe les pas, les pleurs,

Et les crimes en sus.

Pire qu'un hôtel de passe : un hôtel à puces.

 

S'y épanouissent les maladies rares.

Son hygiène de fait aucun doute :

elle n'existe pas.

Sur le palier, le WC comme on y voit:

goutte.

 

S'il n'y avait que les puces,

Du papier lie-de-vin ; sur les draps bleu de Prusse,

Crissent cent cafards, et les rats s'y glissent,

Jusque sous mon crâne,
Quand les sommiers grincent.

 

Aux lits équivoques,

froissés par la vie,

des rencontres en toc,

n'impriment que l'ennui.

 

Lente la nuit s'écoule,

Dans le lavabo,

Sa faïence fendue,

Son mastic pendant,

Comme de ma tête,

Le pansement.

 

De nous deux,
Lequel est le plus siphonné ?

(ci-contre : un siphon en fonte ; les petites marionnettes sont en train de faire la manche dans le métro)

 

Descendons au bar,

Jaune de pisse et crasse,

Trois femmes estropiées, perdues au comptoir.

C'est un bar à puces,

Le café de la Gare.

 

Dans la rue des cris,

Des bouteilles fracassent.

Un moteur rugit,

Une sirène tenace,

Scie l'épais brouillard.

Ainsi cognent les vaches,

Sur les lions en cage.

 

Mon oeil gyrophare

Dans la nuit de cauchemar,

Qui tout le temps tic-toque,

Jusqu'au réveil-matin,

Toujours trop bavard,

Espoir sans entrain.

 

Son ordre uniforme,

Et ses foules concaves,

Nouveau jour blafard,

Demi round the clock,

Ce soir sera mort,

Sans bleu, sans champ, sans horizon, sans honneur.

 

Replongé dans l'encre,

De la dernière heure,

Je remonterai motus,

Finir par me pendre

A mon terminus,

Me taire à coeur fendre,

A l'hôtel Minus.

 

Ha ! si j'avais su,

J'aurais plutôt passé mes vacances à Morschwiller,

Le-Bas, ça va de soi.
(Catfish)

 

 

Je vous laisse en tirer les conclusions avec ce document rare, tiré des archives de la mairie d'Aspach-le-Haut :

Faut pas marcher sur les pompes à la Chanson Françoise, sinon elle se vénère le quintal de fonte dans ta prothèse dentaire. Vu ?

 

 

NB : On lira également avec profit
HOMMAGE A LA CHANSON françoise IV : Jouvinezza dans ta maudite hutte finale !
HOMMAGE À LA CHANSON françoise III : de Baby Love à Amsterdam
HOMMAGE A LA CHANSON françoise II : De Seppois-le-Bas à La Tringle-à-Rideau, en passant par Unico
HOMMAGE A LA CHANSON françoise I : Via Morschwiller-le-Bas

Mis à jour ( Mercredi, 01 Février 2012 11:38 )  

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