Aujourd'hui nous nous intéresserons à deux pochettes dont le héros est un outil à la technologie particulièrement évoluée : le marteau (voir ci-contre pour ceux qui n'en auraient poin-poin encore vus). En préambule, je dois faire ici un aveu qui n'est pas sans importance étant donné le thème de l'œil chaste d'aujourd'hui : je ne suis absolument pas bricoleur. Déjà enfant, j'appris de mon père, dont la patience n'était certes pas la qualité première (et dont je n'ai d'ailleurs jamais trouvé la qualité première) que j'avais "deux mains gauches", que je ne savais "rien faire de mes 10 doigts" et que j'étais "adroit de mes mains comme lui de sa queue" (sic) ce qui, dans sa bouche (je parle de l'expression), étant donnée la (dé)considération qu'il me portait, ne pouvait passer pour un compliment (alors que le fils de Rocco Siffredi pourrait être autorisé, lui, à l'entendre de sorte plus flatteuse). Bref, je suis probablement mal placé pour parler des pochettes d'aujourd'hui, mais comme personne ici ne semble vouloir me relayer dans ce difficile ouvrage, je dois bien, comme chez I(d)kéa, monter cette rubrique tout seul.
Tout ceci pour dire que je ne saurais énumérer le nombre d'utilisations possible que cet outil peut posséder (je parle du marteau). D'ailleurs, si je devais n'évoquer que les plus importantes, il n'est même pas certain que je nommerais prioritairement celles se rapportant aux taches de bricolage, leur préférant vraisemblablement celles se rapportant à l'éradication rapide d'individus dont la présence sur la même planète que moi me pose problème (j'ai les noms sur le bout de la langue et je préfère pourtant nettement avoir autre chose de plus plaisant au bout de ce muscle buccal).
Mais le marteau n'est qu'un des deux impétrants d'aujourd'hui, celui disons pour leq
uel j'ai le moins d'inclination, pour lequel j'éprouve le moins d'attirance, même si en cela je reconnais que je ne favorise pas la relance économique de mon pays par le soutien au petit et grand commerce. Que Bernard Henri Vely et Bricorama me pardonnent.
Dans la première pochette (ci-contre), qui sert à vendre un Best of par ailleurs magnifique des grandissimes Jesus Lizard, ce marteau est placé devant la silhouette floue d'un couple nu qui paraît s'adonner à quelque étreinte ce qui est son droit (et même son devoir étant donné le plaisir que cela procure comparé à toute autre chose) mais ce qui n'explique guère la présence au premier plan de cet outil. Je sais qu'en Français, on utilise le terme de limer pour évoquer, avec une certaine grossièreté d'ailleurs, l'acte sexuel (déconseillé lors des dîners mondains, même lorsque le sujet du bricolage vient sur la table), mais je ne sache pas qu'en anglais, cela pût se dire marteler. La pertinence de la métaphore m'échappe donc. A moins que la longueur du manche de cet outil puisse servir de mètre étalon à l'unité de mesure de référence pour satisfaire sa partenaire, ce qui est tout de même un peu gonflé (si j'ose dire).
Sur la seconde pochette, un autre acteur apparaît, plus cher à mon cœur, puisqu'il s'agit de cette ouverture corporelle qu'un démiurge du nom de Fils Hyologie (on ignore en revanche s'il y eut un Père Hyologie, certains disent que oui et l'appellent même Dieu le Père, ce qui est tout de même abuser) a placé au bas du ventre des femmes, juste entre leurs cuisses, ceci afin qu'elles puissent l'offrir à la vue et accessoirement à la concupiscence (oui tout ça à la fois, comme disait ma mère, tout aussi distinguée que mon père, on voit d'où je tiens ma vulgarité congénitale…tout ça aussi à la fois) des hommes, ou tout au moins à la vue de quiconque est intéressé et à qui elles ont envie de faire plaisir quand ce n'est par la même occasion (enfin dans le meilleur des cas) se faire plaisir (vous pouvez respirer). Affublé de noms aussi divers que contrastés, nous en resterons à celui d'ouverture corporelle, ce qui évite toute connotation sexuelle aux conséquences inévitablement lubriques sur les esprits libidineux, ce qui distrairait de l'objet de ce dossier, même si je vois déjà que notre Jean Edouard s'est allègrement satisfait de cette neutre appellation pour prendre entre les 10 doigts de sa main gauche ce que mon père avait de plus adroit que mes mains.
Ma modestie dût-elle en souffrir, je pense avoir plus d'idées sur le bon usage de cette caractéristique féminine que celui de cet ustensile généralement masculin (pour ceux qui p
rendraient la lecture de cet épisode en route, je parle là du marteau), même si je dois dire que je n'ai pas eu plus de chance avec les femmes qu'avec la décoration intérieure des appartements que je partageais avec elles, mais peut-être les deux sont–ils liés et ai-je sous-estimé l'importance de savoir manier le tournevis quand on voulait, dans son couple, entretenir le vice. Et bien, malgré cette relative érudition en la matière, jamais je n'aurais pensé que confier le maniement de l'un par l'autre (l'un étant le marteau, l'autre étant l'ouverture corporelle) tel qu'on peut le voir sur l'image qui orne la pochette ci-contre de cet album d'un groupe de moi inconnu (un de plus) et du nom de Latex, pouvait présenter quelque intérêt. La force de préhension (abus de langage car la préhension est réservé à la main et l'appréhension probablement réservée à la propriétaire de l'ouverture corporelle voyant s'en approcher le manche du marteau - "non Jean-Edouard, je ne parle pas du pénis du fou qui a conçu cette pochette") est, sauf cas exceptionnel, largement insuffisante pour que cet outil puisse satisfaire à son emploi qui est tout de même d'enfoncer quelque chose qui, préalablement, ne l'était pas. Jean Edouard, la salive à la bouche et le regard exorbité, me souffle que ce serait ici au marteau lui-même de s'enfoncer, ce qui est un détournement grave de l'utilisation de cet objet, tout bricoleur, que ce soit du dimanche mais aussi du reste de la semaine, sera de mon avis.
Et puis quel intérêt de confier à un marteau ce qu'il est si plaisant de faire avec l'outil approprié dont ce même Fils Hyologie nous a doté à cet effet ? Jean Edouard, dont je comprends de moins en moins les phrases tant il s'agite sur ce fameux outil (pour ceux qui prennent encore plus en route la lecture de cet épisode, là je ne parle pas du marteau), semble vouloir me dire que la femme du bricoleur utilise peut être cet outil de substitution pour suppléer à celui dont son mari la prive pendant qu'il bricole en la délaissant. Je dois dire que cette révélation ouvre de vertigineux champs de réflexions qu'il n'est pas ici possible d'arpenter par manque de place.
Je me demande finalement si cet épisode d'œil
chaste était bien nécessaire. D'ailleurs, si vous pensez qu'il est écrit par un cochon qui mériterait châtiment pour ces turpitudes lubriques, voici comment procéder : contemplez intensément l'image ci-contre en vous imaginant l'auteur dans la peau de ce porcinet d'un gai rose, et un grand sentiment de satisfaction vous envahira.
Pour ceux qui souhaitent poursuivre l'exploration de ce thème passionnant (je veux dire "bricolage et sexualité"), j'indique deux liens sur lesquels cliquer à ses risques (sans périls toutefois), l'un (ici) vers une vidéo particulièrement ringarde où les termes bricolage et sexy sont associés pour le plus grand bien d'aucun des deux (un certain Didier Chabat fit la même chose en France il y a quelques années sans plus de réussite), l'autre (là) où une certaine Yasmine "essaie" avec son ouverture corporelle ainsi qu'une conviction et un érotisme tout relatifs, le contenu d'une boîte à outil.
Et pour me faire pardonner ces insalubricités, un MP3 (marteau pour 3) du grandissime Alex Harvey et son Sensational Alex Harvey Band : Hammer Song. Avec le texte ici. Merci (d)ki ?
| Suivant > |
|---|






