28 avril 2006 : concert Dropkick Murphys et Less Than Jak à l'Elysée-Montmartre
Très, très, très intéressant. Ah, d'un poin de vue musical, ça m'a fait à peu près autant d'effet qu'un scotsch-brite sur une plage bretonne (bonsoir americanard) après un pet de travers de l'Amoco Cadiz. Mais, quoi, incroyable, c'était un concert de djeunz, j'en avais jamais vu, top frimousse. Donc, le genre : du punky-ska (punky, parce que si j'écris "punk", dk va passer par les cables du téléphone pour m'en coller deux, je le sens chaud, en ce moment), entre sous-Madness, sous-NOFX et sous Ska-P. Il y a un bassiste dreadlocké. Bon. Un guitariste qui n'utilise VRAIMENT que trois accords par titre (allez, mettons quatre). Un batteur... qui bat... rien d'autre à dire. Un saxophoniste qui fait pouet-pouet dans le micro dix secondes par morceau et fait des choeurs de temps en temps. Un tromboniste (-neur ? neneur ?) qui joue cinq secondes par morceau et fait des choeurs quand ça le prend, si possible en arrivant en retard derrière son micro. Parce que l'activité quasi unique de ce mec (je n'ai JAMAIS vu ça), c'est d'arpenter la scène en se secouant, de se mettre au bord de la scène en chantant dans le vide, de faire coucou à la foule. Ce type est absolument inutile. Il ne décapsule pas les bières, il ne passe pas l'apsirateur, il ne fait pas de solo de yukélélé, rien, que dalle...
Après, il y a les accessoires : canons à confettis en plastique, fusil à papier chiotte (qui merdoient, d'ailleurs), tenture rose Godzilla vs un mec qui doit être connu de tout le monde sauf de moi, enfin, je suis certain que ce n'est pas Casimir parce qu'il n'a pas de taches... Et je te fais jumper les djeuns. Et le djeun, putain, ça jump sévère... Ah... ouais, c'est que c'est jeune, tout s'explique. Salauds ! ça exige un circle-pit. Recta, deux cents gamins qui s'allument comme des malades... mais gentiment (car le djeun est gentil - j'allais écrire : sous son air crétin, mais ce serait vraiment de la pure méchanceté de ma part, nous sommes d'accord). Et que je te te fais huer la Germany de yesterday ou le concert était à chier (bon, le public n'a peut-être pas qu'un air crétin, parce qu'un mot "Germany", ça siffle de partout, ce qui a l'air de réjouir profondément le front-con).
Le pire : ils font monter un mec du public sur scène, visiblement pas à l'aise et un peu coincé, lui collent une bière dans les mains, se foutent de sa coupe de cheveux et le posent à côté de la batterie. Le mec s'apelle Gerald, vous vous en foutez, hein, mais c'est juste pour tester votre capacité d'empathie avec les Gerald (à cheveux mi-longs et blouson en cuir). Pendant que les mecs jouent et que le public continue à sauter dans tous les sens (sans rire, un bon quart de l'Elysee-Montmartre en train de sauter...), le Gerald est au fond, la bière à la main, pas à l'aise du tout, j'ai un peu mal pour lui. Le morceau se termine. Nan, restez, z'allez voir, c'est trop cool.
Le front-con demande si une nana du public veut venir embrasser Gerald. Bide. Je vous raconte pas l'humiliation pour le pauvre mec. Finalement, il y en a une qui se dévoue (pour monter sur scène, en fait, of course). On voit le Gerald totalement désemparé, limite effrayé (puceau ? il a sa copine avec lui et il a peur de s'en manger deux ?). Bref, lui et la fille sont chacun à un bout de la scène et, au milieu du morceau, ils doivent se ruer l'un sur l'autre pour smack. Sauf que le Gérald (toujours là ? Z'êtes patients ?) ne comprend pas un traitre mot de ce qu'on lui raconte. Et bref, je vous la fait courte, à un moment, on le pousse plus ou moins dans le dos, il se retrouve avec une nana dont il ne sait que faire (!!!!!), qui finit par descendre de la scène... alors il reste planté là... puis il finit par descendre, lui aussi, l'air aussi perdu et mal à l'aise que quand il est monté. Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce qu'à la fin du morceau, le front-con se tourne du côté d'où était venu le Gerald et lance dédaigneusement : "You suck". Juste comme ça, plouf. Alors OK, le gazier était vraiment pas doudou mais de là à l'insulter... ça m'a scié. Anyway, Less Than Jake, aucun intérêt musical, aucun intérêt intellectuel, aucune démarche à part celle de faire tsoin-tsoin jump-jump. Je ne vous raconte pas le carton qu'ils ont fait. Stu-pé-fiant.
Une bière, une clope... L'Elysée-Montmartre est maintenant blindé. Surprise, ça... Chaleur à crever... Le public commence déjà à bien gueuler "Let's go Murphys ! Let's go Murphys ! Let's go Murphys ! Let's go Murphys !" Deux trois drapeaux irlandais (les Dropkick sont de Boston mais d'origine irlandaise). Bref, c'est parti pour être chaud-chaud. Noir.
Sur scène, on sent les types venus pour attiser la braise, et la zic ressemble enfin à du punk (après, si vous voulez m'expliquer certaines différences entre punk et hardcore, ce n'est pas toujours très clair), violent, velléitaire et avec des paroles qui, je crois, tentent même de dire des choses pas cons. Faudra que j'étudie la question. Pour moi, c'est direction la sortie en essayant de ne pas faire un collapse en traversant la foule (le punk de me réussit pas, faut croire, j'ai le souvenir d'un concert des Buzzcocks, en 96 ou 97, passé sur les marches de la cave de la salle, où m'avait mené la barmaid, après avoir eu le "rideau noir"). Bref, se casser alors que "United we are, United we stand" fait trembler tout Paris jusqu'à porte de Clignancourt, ça fait très chier... Au moins ai-je eu la satisfaction de "voir ça". J'aurais sans doute pu rester le reste de la soirée à côté de la porte en essayant de ne pas tomber les gerbes, mais bon, j'ai préféré ne pas forcer (de toute façon, c'est vraiment le genre de concert où il faut être DEDANS, dans la sueur, ou pas du tout). Aucun doute cependant, dès qu'ils repassent, j'en serai.

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