Ian Hunter
Le Plan Ris Orangis, 4 juin 2004
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photos : rough mix
texte : dkelvin (crossroads nous ne savons plus lequel).
ACT I - WHITE LIGHT – WHITE HEAT
"No white light. I'm in the third age. All I tolerate is amber" (Ian Hunter à l'ingénieur lumière, 22h30).
White light, peut être pas, mais white heat sûrement, car une chaleur blanche à saisi la scène du Plan dès "Rest In Peace", sur lequel Ian Hunter introduit, assez macabrement, ses shows. Mais quand le riff, stonien en diable, de "Once Bitten, Twice Shy" retentit, le degré kelvin qui vous parle rejoint les celsius et défie quiconque d'introduire en lui quelque thermomètre sans qu'il explose.
Car Ian Hunter possède probablement ces jours-ci son meilleur groupe depuis Mott. On pourrait croire que cela tient à la présence de Mick Ralphs, seul point commun entre ces deux formations, mais ce serait une erreur. Le prodige là-dedans s'appelle Andy York, le plus jeune du lot, ex Jason & the Scorchers (entre autres) et dont la ressemblance physique avec Jeff Beck n'est pas le seul point commun qu'il entretient avec le légendaire guitariste. Il embrase les morceaux à chacune de ses interventions et me semble finalement le meilleur allié que s'est trouvé Ian Hunter durant sa longue carrière (peut être même plus en adéquation que Mick Ronson). Les autres ont fait partie de Wings (le batteur Steve Holley qui donna le temps de Back To The Egg l'impression que McCartney était un rocker crédible), des Kinks (Ian Gibbons qui participa hélas à la plus mauvaise période du groupe, celle qui va de Low Budget à Word Of Mouth) ou de The Look (le bassiste Gus Goad, remember le consternant "I Am The Beat" ? Et bien il en était).
Cette diversité de parcours donne paradoxalement un groupe soudé qui fait honneur au patrimoine musical d'Ian Hunter en s'adaptant à merveille à chacune des périodes revisitées et God only knows si entre le glamoureux "All The Young Dudes" (sur lequel Tracie et Jesse, deux des trois enfants du maître viennent faire les chœurs non sans amusement) et le Springsteenien "23A, Swan Hill" ça demande de la flexibilité. Bien sûr, ce qui transperce la carapace du fan c'est la voix d'Ian Hunter. Dylanienne en diable, elle menace de s'abîmer sur les aigus, déraille sur un refrain, manque de se ratatiner dès la 1ère minute du concert mais, comme me le fait remarquer Christophe Goffette (ébloui), 2 heures plus tard, elle tient toujours.
Hunter dont le charisme n'a pas faibli lui non plus malgré les irréparables outrages du temps qui lui ont laissé sa silhouette fine et léonine. Difficile de faire comprendre par de pauvres mots fichés dans du pauvre papier l'incroyable efficacité de ce Rant Band, inexpugnable navire Argo béni des Dieux dont Hunter fait un formidable (bien que sexagénaire) Jason. Mais je n'ai de ma vie entendu de versions plus abrasives d"All the Way Form Memphis", de "Cleveland Rocks" (ou de "The Truth The Whole Truth Nothing But The Truth" avec un Andy York véritablement divin). La nostalgie ne pouvant être absente d'un tel concert, Ian Hunter ne nous a rien épargné : "Saturday Gigs" (chanson d'adieu qu'il composa à la séparation de Mott), "Michael Picasso" (chanson d'adieu qu'il composa à la mort de Mick Ronson) et même "The Journey" (l'épique majestueux de l'antique Brain Capers). Près de 2h30 après être monté sur les planches, il nous laisse reposer en paix, les yeux et les oreilles définitivement habitées par ce qu'il y a déversé, surtout si, comme il le dit, il décide désormais de prendre un peu d'air.
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