PELICAN + ILLTEMPER + LES MARGOULINS
Point Zero, Montpellier
Jeudi 12 Aout 2004
C'est comme ça que je les conçois les soirées estivales: entassés à 50 dans le grenier enfumé d'un bar à écouter des groupes punk, thrash et doom se succéder. Peut-être ça qui m'a couté ma vie sentimentale. Tant pis. Il n'y aurait pas les sempiternelles et exaspérantes "beautés locales" en nus-pieds et à la peau mordorée, venues à l'évidence pour faire plaisir à leur homme (enfin, celui du moment) et qui affichent leur air las de Mme Bovary le jour du marché à bestiaux, ce serait parfait. Et puis s'il avait pu la faire un peu plus grande la scène Monsieur Point Zero, ça n'aurait pas été plus mal non plus. En vedettes américaines du groupe américain: deux groupes français (c'est généralement comme ça).
Les Margoulins tout d'abord, supra-énergiques et plutôt comiques, punks 77 pur jus (d'ailleurs le chanteur n'a pas loin d'avoir mon âge, c'est dire), avec toutefois quelques saillies metal plutôt inconnues dans le punk d'antan. En tout cas, qui n'a pas entendu la "Salsa du Keupon" ne peut pas vraiment dire qu'il a tout entendu.
Ensuite, un choc, avec Illtemper qui, les yeux fermés, semble un mélange d'EyeHateGod, d'Unsane et de Brutal Truth, soit pas exactement le genre de musique à laquelle on s'attend de la part d'un groupe de l'Hérault. Les musiciens sont irréprochables mais le chanteur est une énigme. Sosie d'Edouard Baer, arborant un sourire hilare assez hors-sujet, il ne reprend son sérieux que pour vomir des hurlements qui le laissent rapidement aphone.
Je ne donne pas cher de ses cordes vocales. Absolument sauvage et sans concessions, Illtemper doit sortir un LP un de ces jours. On l'attend i(ll)mpatiemment.
Enfin, après un long-trop long interlude, Pelican
nous emmène pour sa migration sonore. Le concert suit à l'évidence un programme précis qui, à partir du doom tribal du premier, nous conduit vers les entrelacs des arpèges symphoniques d'Australasia. Desservi par une sono très brouillonne qui noie les broderies mélodiques des deux guitaristes, le groupe parvient tout de même à démontrer son sens du crescendo très inspiré du "Würm" de Yes (on devrait plutôt dire de Steve Howe). Bref, comme ce bel oiseau sonore mériterait au moins le Stade de France pour déployer ses ailes, il ne vous reste plus qu'à en faire le plus grand groupe du monde. "Oui, d'accord, je bois ma tisane, je prends mes gouttes et je vais me coucher Madame l'infirmière."
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