
Yunnan) et qui a exposé son corps magnifiquement revêtu de tatouages somptueux dont le principal (abdomen de lutteur de foire) représente une scène Sadienne exquisement fidèle. Quand on sait que l'humour de l'homme, son sens de la répartie, sa gouaille et son talent de Monsieur Loyal en font rapidement le centre d'intérêt de partout où il passe, on imagine bien que je cessai immédiatement d'exister, bien que tentant, en exhibant moi aussi mon torse dépourvu de tout tatouage (et de poils), une concurence qu'il tranforma immédiatement en un puissant "VENEZ VOIR MESDAMES ET MESSIEURS L'HOMME SANS TATOUAGE" qui ne permit pas de faire croître mon attrait auprès des visiteurs. Venir rien voir n'est pas encore un concept porteur. Bilan, quand il en vendait 10, j'en vendais 1. Normal, moi-même je ne serais pas venu me voir si je m'étais vu derrière cette table, à part peut être pour venir me dire que je me ressemblais quand même beaucoup.
l'histoire de la merde dans la société humaine. La présence à mes côtés de cet homme charmant et passionnant (très âgé et au coeur très fatigué), fut un enchantement et j'avoue avoir passé plus de temps à lui poser des questions qu'à m'occuper d'éventuels acheteurs. Apprenant que son livre avait été amputé, sur demande de l'éditeur, de 4 paragraphes considérés comme trop blasphématoires, je lui proposai aussitôt de les mettre en ligne sur poin-poin, ce qu'il accepta. J'attends avec impatience son envoi. Il donna lecture savoureuse de quelques extraits devant un auditoire médusé. Aujourd'hui, c'était sur les fesses et l'anus (appellations diverses, situation particulière des fesses par rapport à l'anatomie humaine), hier, sur la sodomie. Il me raconta le silence de mort qui régnait la veille pendant cette lecture, concluant par un amusé "les libertaires ne sont visiblement pas encore à l'aise avec ça". Non, pas grand monde, pas grand monde, le cul-coincé se porte haut ces temps-ci. Malgré son érudition quasi-exhaustive sur le sujet (il connait même Viva la merda de Costes, et d'ailleurs un groupe de techno dont il ne se souvient plus du mom, veux mettre en musique son livre), je lui fis connaître Bloy dont il ignorait qu'on l'appelait "le scatologue". Il me promit de lire L'exégèse des lieux communs ou la Femme Pauvre.
qui m'a absolument bouleversé dans le sublime "Emploi du Temps" de Laurent Cantet, film dans lequel il joue le rôle du contrebandier tout d'abord inquiétant mais qui va sortir le héros (superbe Aurélien Recoing) de son mensonge cul-de-sac. Je ne vais jamais importuner les gens d'habitude mais je dois dire qu'une pulsion irrépressible m'a projeté à sa table où il dédicaçait la réédition à l'Esprit Frappeur de son livre De la prison à la révolte paru en 1973. Je lui infligeai quelques questions sur le film, déroulai un tapis de compliments et filai rapidement avant de devenir lourd. Parfaitement identique dans la vie à celui qu'il était dans le rôle, je repartai avec l'impression d'avoir croisé un géant. Merci pour ce super compte rendu du Salon du livre libertaire et ta mention des 'Variations Scatologiques pour une poétique des entrailles', La Musardine, édit. Avec mes expériences et mes rencontres toutes aussi merveilleuses les unes que les autres sur le terrain, je m'aperçois que dans le fond je suis un vrai libertaire de base, depuis ma plus petite enfance. Effectivement,avec mon bouquin, je crois que je peux dire que 'mon style,c'est mon cul'. Après tous ces bons mots, je rappelle à qui veut l'entendre que mon plus vif désir est d'être en rupture de stock dans les plus brefs délais. Pour ce faire, j'affirme donc ici en toute bonne foi anarchisante et sans vouloir ni convaincre ni manipuler quiconque, que mon livre est l'essai le plus génial paru en 2005 et que tout honnête citoyen libertaire du vingt et unième siècle se doit de lui réserver une place de choix dans sa bibliothèque. Mieux ces 'Variations' sont rêvées pour devenir le livre de chevet de tous ceux qui sont un peu dans le coup des collimateurs en tous genres, ontologiques, linguistiques, théologiques ethologiques, politiques, psychologiques et j'en passe et des meilleurs !
Il me reste à vous saluer tous très bas.
Bien à vous.
Bob O'Neill.
(Je tiens à souligner que Bob O'Neill, ça fait très 'in', mais c'est mon vrai nom et non pas un pseudo. Vous vous en rendrez compte bientôt car je suis en train d'écrire mes mémoires avec pour titre 'Variations généalogiques pour une poétique des génitoires', tout un programme. Il faut croire que les variations m'attirent mais puisque tout bouge...!
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