
Avant d'évoquer Ricardo Salvador et son roman policier La zygène de la filipendule, laissez-moi vous parler d'un animal d'une rareté absolue dans une salle d'opération d'hôpital au moment où les bistouris font rage, le baudet du Poitou. Physiquement, le baudet du Poitou n'est pas sans rappeler un âne qui ne serait jamais sorti de sa période hippie. D'un caractère méfiant, le baudet du Poitou n'exécute une tâche qu'après avoir longuement pesé le pour et le contre et s'être assuré qu'elle ne représente aucune source d'ennuis pour lui. Essayez donc de le convaincre de se déguiser en saucisson d'âne, il vous braira au nez.
Si vous savez gagner sa confiance (une savante mixture à base d'herbe du Groenland, d'edelweiss de Corée du Nord et des meilleures feuilles du dernier Marc Levy devrait pouvoir vaincre ses réticences à votre égard), fier marcheur infatigable, ceinture noire de la transhumance, il vous mènera, guilleret, jusqu'au supermarché le plus proche. À Poitiers, capitale mondiale du baudet du Poitou, chaque grande surface possède un parking à baudet. Animal à l'instinct grégaire, notre ami aime échanger ses images Panini en double avec ses autres congénères stationnés là. Une fois correctement domestiqué, votre baudet du Poitou vous diligentera sans encombre à travers les contrées les plus hostiles de la planète comme la Suisse Romande, le duché de Luxembourg ou pire encore, la principauté de Monaco.





