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Home Dressez vos esgourdes Krautrock FAUST - C’est com… com… compliqué - 2009

FAUST - C’est com… com… compliqué - 2009

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Alors voilà enfin un nouvel enregistrement studio de Faust, ce groupe aux facettes multiples et aux musiques si constamment neuves et inattendues. Je ne narrerai pas, ici, les différents moments de la gestation de celui-ci. Vous pouvez aller en lire ce qu’en dit Jean-Hervé Péron dans l’entrevue accordée à Poin Poin. Désormais en trio le groupe poursuit son aventure artistique. Parce que, là, oui, il faut bien parler d’art et pas simplement de musique. Vous savez cette Muzak, consommable et jetable, qu’on voudrait nous faire acheter pour la consumer, encore plus vite, dans les différents tuyaux que l’industrie regrette déjà amèrement de ne pas nous avoir concoctés à temps.

Alors on parlera d’art, ici, avec ce projet que le groupe porte avec lui depuis presque 40 ans ! Art parce que, évidemment, Faust a essaimé. Il a fait des petits. Il a fructifié sans que cela lui ait ouvert les portes de la popularité et des médias. Ayant ouvert des voies que de nombreux artistes ou groupes, dorénavant, peuvent exploiter et enrichir, il n’en a jamais, véritablement, tiré de quelconques bénéfices. Comme si la lumière ne devait se faire que sur les tombes disait déjà le poète ! Et bien de tombe, nenni !

Faust continue sa route et à vendre son âme. Pas au diable, ni à dieu d’ailleurs. Juste fidèles à eux-mêmes et à leurs admirateurs. Mais conformément à l’origine du mot, il s’agit d’étonner, de surprendre. Parce que Faust étonne, tout bonnement. Où ces gars vont-ils puiser autant de ressources pour créer de si belles musiques, de si surprenants sons ? D’audaces créatives, de déboulements rythmiques, de guitares facétieuses et de basses frappées (comme on le dit d’un alcool fort), voilà de quoi il est question ici ! Parce que quand même qui pourra oser affirmer que Kundalini tremolos n’est pas le morceau de musique de l’année ? Mais sacré nom de dieu, j’ai rarement entendu un tel déboulé d’imagination, de folie dantesque se jouant des apparences cristallines et des évidences forcées. D’ailleurs ce disque oscille entre la rugosité rythmique et les orgues académiques (Accroché à tes lèvres), le défoulement acrobatique de la basse, toujours sur le fil, comme l’équilibriste en péril, et l’orgasme vital des frottements des cordes électrifiées.

Et puis dites donc c’est que les gonzes, là, ils ont aussi le souci des mélodies. Appréciez un peu, pour juger sur pièces, l’intro de Ce chemin est le bon. Oui, de mélodie, instrumentale certes, mais pas gnan gnan, pas de celles que vous jetterez en pâture aux vautours des radios si peu libres. Mais de celles qui vrillent le crâne, qui enchantent vraiment et qui vous remettent d’équerre pour la journée à venir. D’ailleurs le mot mélodie semble si désuet qu’on lui préfèrera celui d’enchantement. Cette musique, comme un chant, illuminera nos jours et peut-être même nos nuits. Soyons d’attaque pour un ouvrage aussi radical. De ceux qui vont chercher loin en vous la racine du bien-être. Mélodie toujours avec Petits sons appétissants, ritournelle enfantine. Jean Hervé Péron chante et joue avec les mots, au sens préfère les sens et les sons. Nous sommes ainsi confrontés à un art d’acrobate. Toujours admiratifs et surpris de l’élégance avec laquelle les artistes s’arriment à leur démarche. Toujours en rupture possible d’équilibre et rétablissement d’extrême limite. Les funambules nous laissent croire à leur chute, ils vont bien finir par tomber, par se vautrer dans le banal et l’indigent. Et puis non ! Un petit coup de reins, un effort de justesse, dans les sons, les mots et tout est relancé.

Impossible de se laisser aller à un quelconque confort ou conformisme. On en redemande d’ailleurs, puisque c’est la finalité de l’ouvrage. Nous laisser au bord de la rupture pour relancer l’attention. En veux-tu des effets, en voilà est symptomatique de cette mise en abîme, le « riff » de basse et l’incendiaire guitare qui étale ses notes sur les percussions de Zappi pendant que Péron inonde de ses mots les abords du gouffre dans lequel on ne cesse de plonger. Et puis il y a l’intermède poétique et acoustique de Lass mich, version originale comme une accalmie provisoire avant la bourrasque du titre éponyme qui concentre toutes les foutues qualités de ce groupe. Frottement de tôles, grincements de métaux, batterie étourdissante et claviers apaisants. Contrastes expressionnistes entre tournoiements industriels et gorgée profonde d’un air pur bleu métal.

Faust est expert en mise en dangers et nous sommes accrochés à leurs notes. Alors oui il faut acheter ce disque, le déguster comme un fruit mûr appétissant et en faire l’offrande à tous ceux qui pensent qu’en matière de musique la boucle est bouclée et que, décidément, on n’a plus rien à attendre de celle-ci en 2009. Et pourtant C’est pas Com…Com… Compliqué ! Essayez !

5 poin / 5

CD Bureau BBB21-CD4047179206624
LP Bureau BBB21-LP4047179206617

Amaury Cambuzat Guitar, Keyboards, Vocals
Werner Zappi Diermaier Drums
Jean-Hervé Péron Bass, Vocals

Menu :
*Kundalini Tremolos 9:03
*Accroché à tes Lèvres 7:48
*Ce Chemin est le Bon 7:53
*Stimmen 2:03
*Petits Sons Appétissants 4:18
*Bonjour Gioacchino 5:04
*En Veux-tu des Effets, en Voilà 7:18
*Lass Mich (Version originale) 1:54
*C'est Com...Com...Compliqué 13:4

 

Leur site - Leur espace à eux - Jean-Hervé Péron - Zappi Diermaier

Faust sur Poin Poin : 1, 2, 3

Mis à jour ( Jeudi, 23 Avril 2009 13:20 )  

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