Publié sur le label Ohr en 1972 le seul et unique LP de Walpurgis fut enregistré dans les studios Dieter Dierks près de Cologne en Mai et Juin de la même année. Le groupe est constitué de cinq musiciens établis à Berlin, Jurgen Dollase (Wallenstein) en invité aux claviers (orgue et piano). Bien que sur le même label que Ash Ra Tempel ou Tangerine Dream, Walpurgis propose une musique nettement moins expérimentale qu’on aura bien du mal à ranger dans la catégorie « musique cosmique » (Kosmishe Musik indiquaient parfois les pochettes de disque du label).
Très inspiré par le rock psychédélique issu de la scène de San Francisco avec des groupes tels que Jefferson Airplane ou Quicksilver, ou proche de groupes aux musiques plus progressives comme celles du Floyd ou du groupe allemand Jane, Walpurgis nous entraîne, au long des six titres constituants l’album, dans un voyage aux paysages divers et contrastés. Voyage dont le début ne constitue pas, à proprement parler, la plus passionnante des étapes. Cependant l’enthousiasme ne cessera de croître au cours de celui-là.
De fait le premier titre, Disappointment, est le plus faible de tous ; hormis les réminiscences qu’il suscite de Procol Harum en raison de l’orgue et du piano, rien de bien passionnant ici, la voix étant même assez déplaisante. Est-ce une coïncidence, un hasard (un hommage ? – là alors c’est raté) mais le premier album de Procol Harum, paru en 1967, contenait un morceau intitulé Repent Walpurgis. Mais en dehors de cela rien de véritablement comparable. C’est avec Queen of Saba que l’attention s’éveille un peu et très vite on se laisse accrocher par ce rock très hendrixien que l’entame et le passage central évoquent irrésistiblement. C’est la guitare qui ici prend le relais du piano et de l’orgue (prépondérants sur Disappointment), la flûte y allant aussi de son solo. Daily au début « up tempo » se poursuit en son milieu par un passage qui laisse la voix et la guitare installer une ambiance très west coast qui fait penser à Quicksilver, la voix rappelant celle de Dino Valenti (deux des musiciens sont crédités au chant, là la voix est plutôt agréable). Le tout se concluant sur un solo de guitare intensément psychédélique sur fond de percussions. La face 1 se conclut par Hey you, over there, à l’ambiance plus « cool », dominé par la guitare, l’orgue et le piano de Jurgen Dollase.
Avec What can I do (to find myself) on accède à l’aspect le plus progressif du disque. C’est la guitare acoustique qui introduit le morceau, d’abord en arpège, puis quand progressivement les congas et la batterie vont impulser des rythmes plus rock, guitares électrique et acoustique iront de leur solo. Le disque se conclut par les 11,20mn de My last illusion dans une parfaite continuité avec ce qui précède – d’ailleurs on pourrait croire que la face 2 n’est constituée que d’une seule plage. Très peu de chant et en dehors des breaks et ruptures rythmiques qui parsèment et ponctuent la musique, ce sont les entrelacs des deux guitares qui retiennent l’attention. A ce moment là du disque on pense beaucoup au second album d’Agitation Free et au premier de Gila.
Si ce n’était la voix de l’un des chanteurs et le premier titre du disque, tout à fait décevant et dispensable, on tiendrait ici une excellente livraison de ce que le krautrock a pu offrir en ces années là. Néanmoins rien non plus de très nouveau, y compris pour l’époque, et le succès ne fut pas au rendez-vous. L’aventure Ohr (le label) n’allait pas tarder à prendre fin et en dehors de Jurgen Dollase, qui était là en guest, plus de nouvelles des autres musiciens.
3,5 poin / 5
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