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Home Dressez vos esgourdes Krautrock KRAUTROCK - Silberbart, 4 times sound razing - 1971

KRAUTROCK - Silberbart, 4 times sound razing - 1971

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        Silberbart est un trio constitué de Werner Klug à la basse ; Peter Berhens, batterie ; Hajo Teschner, guitare et chant. Celui-ci compose les 4 morceaux constituant leur seul et unique album paru sur le label Phillips et enregistré en avril et mai 1971.
 
        Ceux qui s'intéressent au Krautrock le savent : cette appellation désigne des musiques très différentes souvent fort éloignées les unes des autres, leur seul point commun étant que musiciens et groupes nous viennent essentiellement d'Allemagne. Les plus connus d'entre eux sont réputés avoir introduit dans la musique de cette période (en gros 68-75 mais nombreux sont ceux qui aujourd'hui encore officient dans la musique, enregistrent et se produisent sur scène) une dimension plus free, plus électronique et expérimentale qui rompait avec les schémas plus habituels du rock et du blues. Les plus audacieux iront jusqu'à transformer voire briser les "canons" d'une musique rock qui déjà s'imposaient (on peut penser à Can, Neu ou encore Faust).

           Cependant les influences étant multiples et le Krautrock étant loin d'être homogène, le rock progressif anglais ou le psychédélisme américain ont aussi marqué de leur empreinte des groupes tels que Amon Düll II, Jane ou encore Guru Guru et Agitation Free. Silberbart appartient à ce sous ensemble de groupes ou musiciens qui produisirent une musique plus heavy, influencée par le hard rock florissant en Angleterre et partout en Europe. Leurs influences seraient à chercher du côté du Groundhogs de Split, de Black Sabbath pour le son poisseux et gras de la guitare et des riffs même s'ils ne dédaignent pas les errances free rock, furieusement électriques comme sur les deux premiers albums de Guru Guru (ceci pour situer un peu!).

En effet pas d'expérimentations électroniques, pas de collages sonores mais une musique qui, laissant de la place aux innovations et à de nombreuses audaces instrumentales, se déploie en différentes strates et montre dans les trois longs morceaux des aspects fort diversifiés.

Le premier titre (le plus court, moins de 5 mn) Chub Chub Cherry, est un heavy rock qui a du mal à se démarquer de ses modèles anglais. Elaboré à partir d'un riff des plus simples il laisse le guitariste prendre un solo sans trop d'imagination - sans discussion possible le moment le plus faible du disque - ce qui ne constitue pas la meilleure introduction à celui-ci. Avec Brain Brain on pénètre sur des terres plus singulières, plus intrigantes qui réservent de nombreuses surprises. Introduction à la guitare et la voix à laquelle s'ajoute un écho, quelques notes discrètes de basse et un drumming tout en retenue. Soudainement le chant se mue en cris et la guitare saturée de larsen entraîne basse et batterie dans un heavy rock qui devrait contenter les amateurs de Black Sabbath et de Led Zeppelin. Suivent des passages plus free, des rythmes tribaux "agrémentés" de sons de guitares aux cordes frottées et triturées auxquels succèdent des climats plus "apaisés".

God est un hard rock qui permet à Hajo Teschner d'exprimer tous ses talents de guitariste. Le morceau est constitué de deux parties distinctes séparées par un break où guitare et drums jouent en quelque sorte à se répondre. D'ailleurs la musique de Silberbart offre ainsi tout au long du disque de ces contrastes rythmiques qui font qu'au sein d'un même titre on se trouve confronté à des climats, des tonalités, fortement opposés. Ce que ne dément pas Head Tear of the Drunken Sun qui s'étire sur 12 mn et qui débute comme une composition de Deep Purple (si ce n'est l'absence de claviers ici) avec une voix qui monte plus haut dans les aigus et une guitare omniprésente. Il faut relever la complexité de la construction de cette musique, enchaînements et superpositions des différentes strates harmoniques et rythmiques et imbrications de deux tendances : l'une plus aventureuse aux tentations free et dissonantes (la deuxième partie en est un parfait exemple) et l’autre exploitant ses racines les plus rock aux influences immédiatement audibles. La musique proposée par Silberbart est souvent inventive, bousculant les formes devenues déjà traditionnelles et menacées de sclérose d’une « rock music » qui commençait déjà à se répéter dangereusement. On notera le son brut, sans fioriture de l’enregistrement qui sert efficacement l’énergie des compositions.

Ce disque eut peu de succès à sa sortie et les ventes furent plus que modestes - ce qui explique peut-être qu'il n'y en eut pas de second. Il est devenu un objet très recherché par les amateurs ou collectionneurs et fort onéreux. Est-il réédité officiellement en cd ? Je ne saurais le dire. Pour ma part j'ai en ma possession une réédition cd (milieu des années 90) dont je pense qu'elle n'est pas officielle.

4 poin / 5 

 

 

 

Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 18:12 )  

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