Une des choses que j'apprécie le plus dans la musique c'est la façon insidieuse avec laquelle elle s'insinue quelque fois en soi pour germer un beau matin et se découvrir accro à tel ou tel disque, à tel ou tel artiste. Cette sensation est enivrante, et le plaisir alors à écouter l'objet du crime tourne à la dégustation, puis assez souvent à la boulimie (chez moi). Le dernier groupe à m'avoir fait cet effet s'appelle Cougars. 2006, DKelvin avait chroniqué Pillow Talk (leur dernier opus, ici). Dans la foulée, Abo m'envoie un disque du groupe (la voix du chanteur le "bloque", sentiment que je ne connais que trop bien avec d'autres groupes). Je récupère Nice,Nice, par ricochet, pour ainsi dire. Je le laisse un temps de côté, puis finalement commence à l'écouter d'une oreille distraite voilà une ou deux semaines.

Rien ne me prédisposait à ce coup de foudre :
- Je suis assez retif aux groupes "nombreux" (comprenez de plus de quatre membres) : les Cougars sont 8... Et pourtant la mise en place assez exceptionnelle dont ils font preuve et surtout l'absence de toute volonté d'esbrouffe fait que cela coule de source.
- Le chanteur crie, il ne chante pas. Et pourtant sa voix, disons papier de verre assez fin, est très attractive et se fond dans la musique. Sa tessiture fait le lien entre les cuivres et les guitares.
- Y'a un clavier...bordel y'a un clavier...ben ouais depuis les années 80 peu de claviers m'ont plu (du moins en tant que membre permanent). Et pourtant celui-ci a de drôles d'idées sacrément plaisantes. Il fait des boucles, des fonds, soudainement une ritournelle jazzy, etc. Et là aussi, surtout, il ne cherche pas à se mettre en avant.
C'est là la vraie force des Cougars vous l'aurez compris. Tout le monde apporte de l'eau au moulin du groupe. Personne ne cherche à tirer la couverture à soi. La musique qui pourrait paraitre rustre et très compact de prime abord cache en fait un groupe très bien en place, très technique quand il le faut, qui enchaine à merveille les ponts et les alternances d'ambiances, et toujours sans jamais que cela soit gratuit. Cela fait aussi que ce disque recèle de petits moments inattendus qui se laissent découvrir au fil du temps, ou qui permettent de réécouter les mêmes titres d'une façon nouvelle à chaque fois.
Mais dans quel genre me direz vous ! Ils sont produits par une maison punk, sanctifient le rock'n roll, possèdent une section cuivre et un clavier... c'est malgré tout du franc, du direct, du sans concession...et puis vous n'avez qu'à écouter l'extrait.
Du coup j'ai commandé Pillow Talk ... (puis viendra le tour de Manhandler).
Effectivement un des meilleurs groupes du moment.
là le site
là le myspace
là le premier titre qui m'a accroché Mustard Is Pissed .

Autre Chronique| Cougars - Pillow Talk
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