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Home Dressez vos esgourdes Hip Hop-Reggae-Dub MOS DEF - True Magic - 2007

MOS DEF - True Magic - 2007

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 Dante Smith, alias Mos Def, alias Boogie Man. L’artiste change de nom comme de masque. Acteur pour le cinéma, la télévision, Broadway, rappeur, rappeur-rockeur, Mos Def n’en finit pas de donner le tournis à son public ; chaque nouvel opus semble dérouter un peu plus ses anciens fans. D’ailleurs, Dante Smith a décidé de ne plus donner d’interview. A la sortie de l’incroyable The New Danger (2004), il crée le personnage de Boogie Man, il se grime façon "minstrel show", ces spectacles dans lesquels on se maquillait en noir pour représenter la caricature du "bon nègre"que la société américaine attendait. Mos Def à travers ce nouvel avatar, accompagnant un album musicalement en rupture avec les canons du Hip-Hop actuel, continue à dénoncer l’attitude de nombre de stars du Hip-Hop. Le "Bling-Bling" , le "bang-bang", n’est pas sa tasse de thé. Dès ses débuts, ses productions se révèlent en rupture avec le Gangsta Rap. Le rappeur refuse cette attitude qui met en scène ce que le peuple veut bien percevoir de la communauté noire : criminalité, drogues, armes à feu, banditisme, argent, pornographie, grosses bagnoles, bijoux en or. Le noir s’enferme lui-même dans sa propre caricature, Mos Def préfère prendre sa liberté et reprendre l’étendard des cultures militantes afro-américaines.

 Fin 90 Mos Def publie deux albums considérés unanimement comme des classiques du Hip-Hop. Tout en brandissant des textes militants, il rencontre un succès public et critique important. En 1998, c’est au côté de Talib Kweli et Dj HI-TEK qu’il façonne Black Star ; l’année suivante, il s’échappe en solo pour Black On Both Sides Now, LE chef-d’œuvre de Mos Def pour les fans qui vivront comme une trahison l’album suivant, The New Danger. En effet, Dante Smith ne semble plus pouvoir se contenter de porter son message sur une musique strictement Hip-Hop, même de grande qualité. Il forme un nouveau groupe, Black Jack Johnson avec quelques figures emblématiques de la Black Music, considérée dans toute sa diversité. Dr Know, guitarise des Bad Brains ; Will Calhoun, batteur, et Doug Winbish, bassiste, tous deux échappés de Living Colour ; et enfin Bernie Worrell des Parliament et Funkadelic. Cette formation Rap-Rock devient son groupe de tournée. C’est également en leur compagnie qu’il enregistre une bonne partie des titres de son second album solo The New danger. Non seulement le disque est mal noté par une partie des critiques (voir celle de L’AMG), mais il déçoit souvent les inconditionnels du rappeur. Florilège pêché sur la toile : «I hate rock. I was expecting a hip hop album. », « dear mos def, -this is _really_ how you followed up black on both sides? forget about the movie star gig and come back to the music.-yours truly -a disappointed fan ». Quant à moi, je trouve The New Danger magnifique d’audace et de liberté. L’album peut paraître au premier abord désordonné, certains morceaux trop longs ; pourtant il s’est imposé progressivement comme un de mes disques de chevet. Celui d’un homme qui revendique avec force sa culture musicale ( et politique) dans son intégralité : Soul, Rock, Hip-Hip, Blues.

C’est donc peu dire que son nouvel album, True Magic, était attendu de pied ferme. Certains espérant qu’il renoue avec une veine purement hip-hop. La liste des producteurs dans le vent (The Neptunes, Kanye West) pouvait d’ailleurs les faire espérer. Puis Mos Def se fait attendre, la date de sortie de son True Magic est constamment repoussée. Le bonhomme semble occupé (à faire l’acteur notamment). La rumeur dit que cet enregistrement a finalement été bouclé en vitesse, voire bâclé. Dante Smith est en fin de contrat chez Geffen. La rumeur enfle : le rappeur s’est "débarrassé"de son disque. La galette paraît. Sans packaging... dans un petit boîtier plastique. Et nous sommes prié d’aller nous promener sur son site, si on désire en savoir plus ! Et voilà qu’on crie au scandale : c’est une véritable incitation au piratage, une arnaque ! Et on va tout de même pas payer pour un boîtier en plastique ! Cette indignation, je l’avoue, m’a plutôt amusé. Ce choix ressemblait à une provocation intéressante : tous ces braves consommateurs semblaient oublier l’essentiel, c'est-à-dire qu’en achetant ce disque, ils soutenaient leur artiste, packaging ou pas packaging ! Mais j’ai vite dû ranger mes sarcasmes. En effet Geffen a annoncé une nouvelle version de l’album avec un livret décent et… une playlist légèrement différente. Tout aurait été donc fait dans la précipitation. Et ce que j’ai écouté ne serait qu’une première mouture, qui contient cependant l'essentiel du disque et de son esprit.

 Premier point : les Black Jack Johnson ne sont plus de la partie. Plus de guitares électriques au menu, donc. Pourtant, dés les premières minutes, Mos Def se présente à nouveau comme le Boogie Man. Et oui ! Le Boogie Man fait ce qu’il veut, et prend cette fois-ci à contre-pied les critiques qui avaient encensé The New Danger. Mais Dante Smith n’a pas travaillé avec des musiciens rock et funks pour rien ; Il semble avoir voulu garder atmosphères et constructions, mais en supprimant les guitares. Les rythmiques sonnent étranges, efficaces, mais subtilement décalées autant dans l’esprit que dans la forme. Un dernier point commun avec son prédécesseur, la structure de True Magic paraît quelque peu éclatée. Bref, true magic, malgré les apparences se situe dans la continuité de The New Danger.
 
J’ai oublié, de vous dire, Mos Def ne se contente pas de rapper, il chante aussi. La présence vocale de Mos Def est véritablement entêtante. Je me suis petit à petit attaché à ce grain de voix émouvant (presque peu assuré, plein d'imperfections) … Je l'aime tant aujourd'hui que je me suis jeté sur True magic dés sa (première, donc !) sortie.- Je précise que je comprends très mal l’anglais, son timbre de voix nu a donc suffit à me toucher.
Mos Def l’indépendant n’a pas cédé non plus aux inévitables "featurings" que doit contenir tout album Hip-Hop normalement constitué de nos jours. Besoin de personne pour délivrer ses messages, l’animal. Notons au passage un titre sur les victimes de l’ouragan Katrina ("Dollar day", bon titre n’est-ce pas ?) ; pour le reste Mos Def reste fidèle à ses propos habituels : critique sociale sévère ( "Murder Of Teenage Life") ou textes d’espoirs ("There Is a Way ")

Vais-je apprivoiser, puis adorer True Magic, comme The New Danger ? Je l’espère. Alors ce disque vaudra pour moi encore plus qu'un...

4 poin /5

(et 5 poin /5 au passage pour The New Danger !)

P.S : j’ai oublié de vous dire que c’était "gorgé de soul", mais je me suis dit que ce serait déjà écrit partout
P.P.S : Pour les spécialistes du Hip-Hop (dont je ne fait pas partie) je signale ceci : « Mos Def s'offre également un son de GZA, Liquid Swords, sur Crime & Medicine »




Vous trouverez en musique le détail des titres ICI




Des titres de True Magic et The New Danger  LA




Et le clip d'un titre issu de l'album The New Danger ICI
Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 17:10 )  

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