Que les personnes qui commencent déjà à bailler aillent se dégourdir les jambes dans le couloir (sauf celles qui n'ont pas de jambes bien-sûr).
Dans ces quelques papyrus électroniques, je me contenterai donc de proposer quelques titres ou albums pour découvrir un peu plus ce genre, qu'on finit par mépriser tant sa saveur originelle s'est éparpillée dans tous les sens, diluée dans la pub, le R&B, la variété et le hip-hop lui-même...
Car le hip et le hop ont une saveur toute personnelle, même si leur base repose sur d'autres musiques comme la soul, le rythm & blues, le funk, le disco, puis un peu plus tard l'électro, les bandes originales de films, les musiques latines, africaines, voire même le métal, l'indus et le classique (il ne manque que la bourrée auvergnate... Quoique, on a eu Manau). Mais le rap repose avant tout sur les textes et le flow du MC. Bon, que les personnes âgées qui ont sommeil aillent plutôt en salle de repos, j'en vois qui dorment au fond. Je ne compte pas non plus parler chronologiquement des albums, mais uniquement au gré d'un "je fais ce que je veux" assez péremptoire, voire totalement revêche (un peu comme la chouette).
Ainsi, nous parlerons aujourd'hui de Cypress Hill, gang originaire de South Central, Los Angeles. Le groupe est composé des rappeurs Sen Dog (d'origine cubaine) et B-Real (d'origine mexicaine), du DJ Lawrence Muggerud a.k.a. DJ Muggs (d'origine italo-américaine) et du percussionniste Eric Bobo (d'origine afro-américaine). Le groupe choisit Cypress Hill comme patronyme, du nom d'une rue traversant South Central (une info capitale que je suis allé gauler sur une bio quelconque car je n'ai jamais foutu les pieds à South Central bien entendu). En tous cas, ça n'a pas l'air de rigoler quand on voit la tronche des mecs, pas tant des membres du groupe que les gangsters tatoués au milieu desquels ils évoluent. Les lyrics parlent de dope (Cypress Hill n'ayant de cesse de "promotionner" la marijuana sous toutes ses formes), de flingues, bref de la vie des quartiers pourris de Los Angeles. Mais étant donné que j'y passe rarement mes vacances, j'éviterai d'en parler d'avantage, afin d'éviter les clichés dont je vois déjà dépasser les gros sabots de derrière les rideaux. Gros sabots que les Cypress Hill n'hésitent pourtant pas à enfiler, arborant têtes de mort (iconographie qui n'a rien à envier au métal le plus sombre), feuilles de ganja, flingues et tatouages tribaux. On pourra gloser sur la pertinence de cette surenchère d'imagerie violente mais il apparaît que celle-ci ne fait que refléter le quotidien plutôt hardcore de ces communautés issues des ghettos de L.A., où les enfants sont biberonnés au Uzi dès le plus jeune âge et où la fierté communautaire a remplacé la honte d'être mis au banc de la société.
DJ Muggs quant à lui, travaillera également pour des formations proches et issues de la même scène, comme House Of Pain ou Funkdoobiest. En 1997, il mettra sur pied son projet solo intitulé DJ Muggs Présents... Soul Assassins, albums inégaux auxquels participeront le Wu-Tang Clan, KRS One ou encore Mobb Deep. Muggs possède une patte personnelle et immédiatement identifiable, à l'instar d'un DJ Premier (Gangstarr). | < Préc | Suivant > |
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