Je m'étonne toujours de constater à quel point une musique qui nous laisse tiède à un âge peut, dix ans plus tard, nous mettre sur les charbons ardents. Appelez ça parcours personnel, sagesse ou évolution naturelle, et voilà le métalleux que j'étais se damner pour Drive-By Truckers, encenser un album de hard progressif avec Magnum, se fiancer avec un blueseux comme Eric McFadden, et plus globalement constater que les bracelets à clous n'entrent plus que de temps à autres dans son mange disques (il faudra d'ailleurs que je vous parle du dernier et réjouissant Assassin, le groupe de thrash allemand old-school, pas les rappeurs !). Tout ça pour dire que DRIVING DEAD GIRL pratique un garage-rock forcément fortement teinté voyage dans le temps que je n'aurais peut-être pas apprécié il y a peu. Mais que Don't Give a Damn About Bad Reputation m'accroche maintenant par les bretelles comme ont pu le faire feu les Firecrackers

L'autre matin, en me promenant casque sur les oreilles et Driving Dead Girl inside, je me disais que l'avenir du rock passe peut-être par son passé. Quand on entend des types balancer leur rage avec autant d'intensité, et avec des influences aussi clairement choisies et affinées et digérées, on n'a pas besoin de se chercher de nouveaux dieux. Après tout, je n'ai rien contre l'expérimentation, bien au contraire, mais il faut se rendre à l'évidence: même Einstein a sué sur les bancs de l'école, puis de l'université avant que son cerveau ne décapsule les théories qui le rendirent célèbre.
Driving Dead Girl, c'est comme si les 50's-60's rencontraient le punk, comme si le blues le plus cradingue sortait d'un concert de gotheux. Ha! on s'y amuse, on tronçonne, on se saoule, on déprime, on se met des pains, et on sent s'y côtoyer des choses sortis de différentes chapelles, comme Jon Spencer Blues Explosion et The Cult, tandis que Spiritual Beggars et les Stones picolent dans l'arrière-boutique. Il y a un côté sale, un côté ombrageux, et ça dégage une énergie à tout casser, sur des rythmes pas trop véloces, finalement, mais alors enfoncés comme des pieux dans la glaise à coups de masse. Les titres sont courts, certains feraient des singles balèses.
Ce Don't Give a Damn About Bad Reputation (qui sort sur le label… Bad Reputation !) est en fait un objet de récup', puisqu'il compile un album précédemment sorti est des bouts de choses d'encore avant, soit en tout 18 titres, dont 7 de bonus. A consommer sec et fort.
MySpace Driving Dead Girl - Interview de Driving Dead Girl sur Rockone
Vidéos : le titre Driving Dead Girl - live session au festival de Dour 2010 - Don't Wanna Talk About That Girl Anymore
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