All Night Long part à 100 à l’heure, sur un dantesque Born to Run, furieusement hard-boogie, qui ne laisse aucun doute sur l’origine de The Casanovas : l’Australie. Car ça sent The Angels à plein nez, avec un piano martyrisé sur le refrain. Un solo de guitare ébouriffant plus tard et ces 2’50” se terminent en poussée d’adrénaline. Putain de démarrage.
Shame On You enquille avec une intro à la ACDC 70’s et, quand toutes les guitares s’y mettent, il est clair que l’esprit des frères Young rode dans les parages. Avec le chant, un rien crade, c’est à Aerosmith que l’on pense. Hop ! Un petit coup de trompette pour alléger la sauce, qui monte comme une mayonnaise. The Casanovas donnent dans l’ultra efficace et le diablement accrocheur, sans rien abandonner côté rugosité.

Formé en 1999, le combo possédait déjà de sacrées références, dont une tournée en avec The Datsuns en 2003, puis un premier album. Ce deuxième, All Night Long, enregistré en 2005, n’est sorti que l’année suivante en Australie, puis encore un an plus tard en France via Bad Reputation (gloire et honneur à son calife !).
Mais voici que déboule California, avec, encore, une intro ACDC pur jus. Le titre ferait aussi le bonheur d’un groupe de brit-popeux couillu, avec son refrain facilement mémorisable. Attention, voilà le tour de All Night Long, plus mid-tempo, qui nous renvoie au Aerosmith d'il y a trente ans, avec, pour le chant, un drôle de mélange entre Steven Tyler et Blackie Lawless (Wasp). L’usine à riffs fonctionne toujours à plein régime.
I Don’t Want You Back nous expédie à nouveau directement chez ACDC avec une rythmique binaire endiablée. Too Much préserve l’esprit 70’s, façon Rolling Stones ayant pillé la réserve de coke des "Toxic twins". Nous sommes à la moitié du disque et pour le moment, pas question de reprendre son souffle. Ce que confirme Heartbraker, qui ne déparerait pas chez un combo suédois genre Hellacopters, avec ses relents punks. Qui se retrouvent dans Doghouse Blues… Tout est dans le titre. Du carnassier.
Ain’t Coming Down est un brin moins catchy que les précédentes chansons, ce qui me donne au moins une occasion de ne pas dire que du bien de The Casanovas. Suit une reprise "goûtue" du I Thank You des barbudos ZZ Top (titre issu de Degüello, paru en 1979) pour un nouveau voyage au pays du boogie-blues bien hard. Overload, encore un titre de moins de trois minutes, hargneux, met fin aux ébats comme ils avaient commencé : batterie furieuse, basse vengeresse, guitare à tous les étages. Tommy Boyce, la gâchette du groupe, a dû bouffer un troupeau de lions.
Ouf ! Vous pouvez respirer, c’est fini jusqu’à la prochaine fois que vous aurez envie d’écouter ce disque, ce qui ne saurait tarder. D’autant que le son, cru et clair, combiné au sentiment d’urgence qui se dégage d’un bout à l’autre de la galette, donne presque un sentiment de live. Et même si on retombe toujours sur les mêmes références (excellentes et parfaitement intégrées, au demeurant), elles sont assez variées pour qu’on ne se lasse pas. The Casanovas distillent du neuf avec la crème du vieux et le fermentent dans le meilleur tonneau. Putain de découverte !
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