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Home Dressez vos esgourdes Rock & Pop ERIC McFADDEN TRIO - Delicate Thing - 2009

ERIC McFADDEN TRIO - Delicate Thing - 2009

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Cette fois, je sens que je vais m'énerver. ERIC McFADDEN EST UN TYPE GENIAL. Vous êtes bouchés ou quoi ? ECOUTEZ CE DISQUE ! Combien de fois faudra-t-il vous le répeter ? ACHETEZ CE DISQUE. Vous aimez le rock, le blues, le stoner, l'originalité ? OU FAITES VOUS OFFRIR CE DISQUE PAR VOTRE MEDECIN. Vous aimez les chanteurs à la voix chaude et envoûtante ? OU VOLEZ CE DISQUE ! Avec le Eric McFadden Trio, on croirait que Faith No More a ressuscité pour s'accoupler avec Queens of the Stone Age – et Living Colour, me glisse JeanRhume. OU PRENEZ SARKOZY EN OTAGE JUSQU'A CE QUE RTL LE DIFFUSE EN BOUCLE (McFadden, pas Sarkozy, par pitié!). Delicate Thing est une nouvelle preuve par quatorze que, non content d'être un guitariste exceptionnel, McFadden possède un talent d'écriture à tuer père et mère. MAIS NOM D'UN CHIEN FAITES QUELQUE CHOSE.
Eric McFadden Trio - Delicate Thing

D'ailleurs, je ne suis pas le seul à m'énerver. Delicate Thing (l'album) montre un Eric McFadden Trio absolument explosif, le mord aux dents. Il s'ouvre ainsi sur un Delicate Thing (la chanson) qui attaque bille en tête sur un stoner hispanisant peut-être délicat, mais surtout plein de basses, une des marques de fabrique de cet album. D'où un contraste entre la voix de McFadden, profonde et grave, et ce rock (pas hard, encore moins métal) sévèrement frappeur dans l'esprit. Le balancier part ainsi dans l'autre sens par rapport au précédent album (solo) de McFadden, Let's Die Foerever... Together. En revanche, la mélodicité et le travail d'orfèvre à la guitare demeurent. S'il tricote comme un damné, McFadden n'a rien du shredder visant à aligner un maximum de notes à la seconde : en fait, on a même plutôt l'impression d'écouter plusieurs gratteux pour le prix d'un (y compris dans la diversité des styles abordés). McFadden ne s'adonne pas à l'exercice gratuit : tous les styles qu'il aborde se transforment en or. Virtuose, oui, mais bourré d'idées.

Eric McFadden Trio Live

Le stoner Catch a Liar, et sa guitare rythmique chewing-gum, devrait mettre à genoux les fans de Queens of The Stone Age. Apparaît pour la première fois le violoncelle qui reviendra à plusieurs reprises hanter les titres de ce disque. Et si l'influence blues, voire un chouia jazz, se montre moins présente que sur nombre d'autres de ses albums, elles affleurent régulièrement, par exemple sur le morceau suivant, One Bad Reason, limpide et fantasmatique à la fois. Been So High, en deux minutes exactement, se révèle vindicatif en diable, bourré de basses (sur ce plan, le son de l'album manque un peu de clarté et c'est à peu près le seul reproche que je lui ferais, mais ce côté bourdonnant est peut-être voulu).

Avec If I Ever Die, on retrouve un mélange typique de McFadden, celui d'une noirceur qui ne s'efface jamais totalement et que vient contreblancer une joie presque pure... mais jamais absolue, toujours menacée par l'ombre de cette noirceur... que toujours éclaire cette joie... que... bref, vous avez saisi. McFadden a ce don du clair-obscur, ici exprimé par un riff simple allié au violoncelle et à une gratte quasi pop.

Want Me Too s'avère typique de la résonnance Faith No More-Queens of The Stone Age que j'évoquais plus haut (la basse pourrait passer sans problème sur un single d'un improbable stoner électro). Encore un refrain qui ne s'oublie pas de sitôt, comme pratiquement tous ceux de cet album, familiers après une poignée d'écoutes.

Ride ravira les amateurs du McFadden qui sait si bien s'éclater sur des ambiance à la croisée entre Ennio Morricone et une BO de Tarantino (genre Pulp Fiction). Un instrumental à faire des claquettes dans le désert de l'Arizona en pendant Julio Iglesias par les nouilles (ça ne sert à rien mais ça fait du bien). Trois minutes de virtuosité entraînante.

eric mcfadden trioAnother Day (In a World Bettrayed) : oui, c'est du rock mais... quelle plaie de devoir décrire un album de ce type, c'est à chaque fois la même chose, je finis la chronique chauve à force de m'arracher les cheveux. Sans verser dans l'expérimental, la musique de McFadden est imprévisible. Originale sans devenir rébarbative : c'est plutôt la fête foraine à tous les coins de rue... surtout si on adore la guitare.

Are you happy now nous offre la séquence mélancolique et violoncelle back in black. Sans niaiserie. Tandis que True Disbeliever dégaîne un flamenco-tequila-rock grimé au noir, avec un petit décollage psyché.

Lie To Me donne l'occasion à McFadden de sortir sa superbe voix blues sur ce hard-blues. Encore une preuve qu'il possède un talent particulier pour composer des morceaux archétypaux de styles existants, ou de mélanges de genres... ou de genres qu'il invente ! Prenez ce Bigger Piece of You. Qu'en diriez-vous ? Funky-stoner-psyché ? Mais ça n'existe pas ! Sauf que ces cinq minutes de folie vous prouvent qu'il faut croire aux extraterrestres (musicaux).

Waiting For No One se résume à un intermède sombre mariant violoncelle et guitare hispanisante, ouvrant sur un improbable mais superbe Come to Me. Imaginez Tindesticks plongeant dans le doom. Un morceau crépusculaire, langoureux, qui s'évade vers un stoner à la guitare débridée pour une dizaine de minutes instrumentales à dissoudre votre collection de CD dans l'acide sulfurique.

Même si j'ai écrit le nom de "McFadden" un nombre incalculable de fois dans cette chronique, il ne faut pas oublier ses camarades de jeu : le bassiste James Whiton fera trembler vos enceintes comme si elles étaient reliées, non pas à votre chaîne hi-fi, mais à un moteur de Harley-Davidson, et James Whiton doit être salué pour cet exploit qui consiste à tenir en place cette baraque de fous furieux fêlés du sol à la cafetière sans qu'elle s'écroule.

4 poin/5

Autres chroniques de Delicate Thing sur : ParisMove (4/5), Trexsound (7,5/10), NightFall In Metal earth (4/5), Metal Sickness (17/20), Musique fraîche ("la classe"), Pavillon666 (8/10). Une autre façon d'entrer dans le monde d'Eric McFadden : la fabuleuse et génialissime (je pèse mes mots) compilation Dementia.

Les autres articles sur Eric McFadden sur Poin-Poin :
Interview d'Eric McFadden (2009)  -  Eric McFadden interview (English version)
Concerts à Paris 2009 - Concert à Paris 2010
Concerts à Paris en 2006 et 2007
Let's Die Forever… Together
Dementia

A lire aussi : un très long article-entretien avec Eric McFadden sur Jazz News ; pour s'y retrouver dans la jungle des projets et collaborations (entre autres avec Stockholm Syndrome, Geogre Clinton, Living Colour, Les Claypool, Eric Burdon ou Bo Didley) d'Eric McFadden, un article sur W******a

Site officiel Eric McFadden Trio (tout l'album Delicate Thing y est en écoute)  MySpace Eric McFadden Trio
Site officiel Eric McFadden   MySpace Eric McFadden

eric mcfadden trio - band

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Mis à jour ( Mardi, 30 Mars 2010 19:38 )  

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