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Home Dressez vos esgourdes Rock & Pop 2008 - BILAN mocheté by Jean Rhume

2008 - BILAN mocheté by Jean Rhume

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Tandis que les pompiers s'éloignent dans un parfait effet Doppler, emportant le corps décédé de l'année 2008, ouvrons une page Word et faisons le bilan.
Adieu métal, adieu bruyants chevelus, car en ce qui me concerne, l'année fut à la fois pop et house. Parfois pop et house mélangés, parfois que house (très house), parfois plus pop (moins house), parfois peu house (pop), parfois trop pop. Avec Ladyhawke, Late of the Pier, Metronomy, MGMT, Phoenix, TV on the Radio, Scarlett Johansson, Mr Oizo.



Ladyhawke, s/t :

Un album extrêmement rafraîchissant, surtout pour les gens qui ne rechignent pas à avoir un goût de chiottes. Mélange d'électro façonnée au DX7 et de Pat Benatar, cet album est super chouette bien avant d'être ringard car truffé de micro-tubes délicatement écrits, ambiance chansons pop avec un son 80, façon Bangles, autrement dit un truc qui fait super envie sur le papier, je vous dis pas l'enthousiasme. Impossible à défendre, je suis pourtant resté coincé sur ce disque une bonne partie de l'année, ses refrains choupinets m'appelant sans cesse de leurs petits moignons trognons agités dans l'espace-temps. Taperait probablement sur les nerfs de la majorité de mes collègues poin-poin mais c'est pas grave.


Late Of The Pier, Fantasy Black Channel :

Ces anciens bébés pratiquent une pop teintée de post-punk ambiance Gang Of Four, XTC ou Talking Heads mais pas seulement car l'album ne sonne pas revival pour un sou. Certes, il y a du ska, du métal, de la pop, de l'électro, de la new wave et tout ce que vous voulez là-dedans mais triturés à la sauce LOTP, c'est-à-dire différent et nouveau. Certains ont même vu chez Late Of The Pier un sens de la dé(re)construction proche de Zappa (sans doute des personnes qui ont des problèmes auditifs mais il n'empêche), tant les gars arrivent à partir dans tous les sens à la fois tout en parvenant à écrire d'excellentes chansons. C'est un peu hystérique, ça rebondit tout le temps, c'est foufou comme un jeune chiot. C'est psychédélique dans le sens foisonnant et tourbillonesque, c'est surtout bourré d'idées et frais comme un oeuf de caille pondu le jour-même. Taperait sûrement sur les nerfs de la majorité de mes collègues poin-poin mais c'est pas grave.


Metronomy, Nights Out :

Assez proches des LOTP mais dans un registre moins speed et plus minimal, Metronomy compose des petites chansons fragiles axées sur des guitares claires et des synthés improbables. Ca fait tantôt penser à The Cure sans le gothisme, à un Kraftwerk de chez JouéClub, à du New Order mélangé à du Chrome, aux expérimentations d'Eno ou (encore eux) aux Talking Heads. Ce à quoi j'ajouterai un soupçon de naïveté toute B52'sienne. De la pop qui aurait intégré les éléments de la dance-music moderne tout en restant rock. Encore un truc (mal) décrit ici-bas comme étant un melting-pot d'influences plus ou moins douteuses mais qui en fait, recèle une parfaite cohérence et une vie propre. Taperait sans aucun doute sur le système pileux de la majorité de mes collègues poin-poin (moi y compris, notamment dans le traitement des voix et des synthés) mais on s'en fout.

MGMT, Oracular Spectacular :

Restons dans le jeunisme et l'air du temps, avec ces deux gars en shorts moches qui mine de rien, ont pondu un album quasi génial, quasi parfait, entre pop luxuriante et psychédélisme façon Flaming Lips et Of Montreal. Classé en tête (de noeud) de tous les classements des magazines branchouilles ou presque, groupe pour midinettes (featuring Vran), sensation de l'année mais pas seulement. L'album s'ouvre sur "Time to pretend", perle imparable et enfile tout un collier sans s'essouffler le moins du monde. De quoi déblatérer des heures si tout le monde n'en avait pas déjà causé partout. Taperait sur non rien.

 

 

Phoenix, It's Never Been Like That :

Disque sorti en 2006 mais on s'en fout, vu que j'ai pas réussi à l'écouter l'année dernière. Groupe français légèrement sous-estimé mais sans doute vénéré par des tas de jeunes filles en socquettes au Japon, Phoenix taille dans le maigre d'une pop aux accents californiens ambiance Fleetwood Mac période commerciale, Nada Surf, Christopher Cross ou encore Steely Dan (en pas du tout jazzy). Autant dire qu'après Pat Benatar, c'est la fête des comparaisons merdiques dans cette chro mais je fais pas exprès. Sans compter qu'il y a autant de rapport entre Steely Dan et Phoenix qu'entre Louis XIV et Jean-Paul Huchon mais bon... Bref, de très bonnes chansons, très bien écrites et agréables comme un soir d'été au bord de l'eau avec un mojito et Scarlett Johansson en chaussettes. Nouvel album intitulé 'Wolfgang Amadeus Phoenix" (si si) prévu en 2009.


TV On The Radio, Dear Science :

Troisième album du groupe, Dear Science trace exactement le même sillon que son prédécesseur et c'est un peu embarrassant car la surprise nous pose un gros lapinou. Même si l'album est très bon, on a tendance à retrouver exactement les mêmes ambiances, les mêmes grooves et les mêmes développements, sans pour autant parler de recette ni de facilité, tant la barre est haute. Si la plupart des disques étaient aussi bons du début à la fin, on s'inquiéterait pour ce groupuscule de chevelus bigarrés mais comme ça n'est pas le cas, on ne peut qu'être ravi devant tant de chatoyance.
 
 
 

Scarlett Johansson, Everywhere I Lay My Head :

Produit par David Sitek des sus-nommés, cet album envoûtant composé uniquement de reprises de Tom Waits surprend agréablement, en raison des très beaux arrangements et du timbre de voix somme toute déconcertant de l'actrice. Un timbre assez masculin, faisant parfois penser à Nico (sans le côté "je chante comme un gant de toilette"), posé avec une simplicité toute à l'honneur de sa (wonderful) interprète. Tous les morceaux ne sont pas passionnants (surtout quand on aime pas spécialement Tom Waits) mais l'album recèle quelques joyeux joyaux. Incrusting David Bowie sur trois ou quatre titres (toujours dans les bons plans celui-là).

 

Mr. Oizo, Lambs Anger :

Parce que c'est Mr. Oizo, parce que c'est portnawak, parce que Bruce Willis y décède, parce que vous êtes des animaux et que vous allez tous crever. Arrêtez de vous reproduire.

 

 

 

 

Mais aussi plein d'autres trucs.
Autrement dit une sélection non-exhaustive qui ne sort pas vraiment des sentiers battus et j'en suis navré. Les rédacteurs de Marie-Claire auraient presque pu faire la même.

Bonne année 2009 malgré ce désarroi qui nous afflige tous

 

Morceaux choisis :

Ladyhawke My Delirium

Late Of The Pier Heartbeat

Late Of The Pier Space And The Woods

MGMT Time To Pretend

TV On The Radio Dancing Choose

TV On The Radio (live) Wolf Like Me

Mis à jour ( Vendredi, 13 Mars 2009 16:23 )  

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