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Home Dressez vos esgourdes Rock & Pop THE BLACK KEYS - Attack & Release (avril 2008)

THE BLACK KEYS - Attack & Release (avril 2008)

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The Black Keys - Attack and release

Après quatre albums des plus typés dans le genre ambiance crade, The Black Keys c'est-à-dire Dan Auerbach (guitares-vocaux) et Patrick Carney (drums) ont décidé qu’il était temps de modifier quelque peu leur modus opératoire. Ils se gardent bien de bazarder leur Blues-Rock-Garage aux lignes épurées, mais y incrustent des instruments parfaitement iconoclastes pour les amoureux de « Magic Potion » comme par exemple une flûte, une guitare acoustique, un banjo et même un orgue (jusqu’où iront-ils pousser le bouchon Arthur ?) Initialement conçu pour feu Ike Turner, c’est vers Danger Mouse, aka Brian Burton (Gnarls Barkley, Gorillaz) que The Black Keys vont se tourner pour produire et faire dérailler cet arrimage scotché au Blues minimaliste. Danger Mouse est venu les relancer maintes fois avant de remporter le morceau. Et bien voila le résultat, qui va en surprendre plus d’un, qui va en détourner plus d’un, qui pourrait leur coûter cher si... si... si ce n’était pas aussi intelligemment conçu.

 

the blacks keysTémoin ce titre anodin qui ouvre l’album « All you ever wanted » gentiment installé dans un tempo Delta Blues charentaises, l’orgue du break final vous décoiffe la tignasse en un rien de temps et annonce la couleur. Un doigt de Trad, un doigt de cheveux sur la soupe et vogue la barque... Ce qui a fait la particularité de Dan Auerbach, c’est son curieux jeu de guitare où le riff est toujours suivi ou précédé de ses picking lead, à moins que ce ne soit l’inverse, le tout sur une seule et même guitare et toujours avec 10 doigts. Sur « I got mine » (qui aurait pu faire le bonheur d’un ACDC ou d’un JJ Cale) on comprend néanmoins que cette musique n’ait pu voir le jour que dans un garage de Akron/Ohio, pour le je-ne-sais-quoi-de-plus qu’on définira comme la vérité vraie du musicien entrant en écriture tel un ermite qui se nourrit de ses propres mots (Ouf).black keys Sa voix a le juste timbre du Blues malade, du Blues poussif mais ô combien soignante.

L’autre personnage de ce tableau c’est bien sûr Patrick Carney, qui tient plus de l’éternel ado (aux bras qui s’allongent rien qu’a les regarder) avec ses « carreaux » d’écailles et sa dégaine chaloupée. C’est le type de batteur qui vous remplit l’espace, qui n'en fait jamais trop mais qui smashe ses cymbales comme pour un combat de boxe, pour bien montrer qu’il est là, que si l'on veut lui piquer sa chaise, faudra venir la chercher. Comme sur « Strange Times » qui se transforme petit à petit en jeu de massacre-cymbales tout en glissant (sur le refrain) en une petite douceur Procol Harum loukoumesque ; à noter que le synthé (quoi vous avez dit un synthé !!.. euh je veux dire le clavier synthétique M’sieur) vous prolonge ce swing merveilleux jusqu'à cette fin en queue de poiscaille (BK est LE spécialiste mondial des fins limite ridicules).

 « Psychotic Girl » va encore plus loin... Intro banjo, (bon why not) au point où l’on en est... puis ligne de basse semi chromatique, semi-chaotique, un tempo de sénateur genre Charlie Watts en train de siroter un Gambetta/limonade et puis insidieusement, un clavier de bastringue par ci et une mélodie par là qui vous creuse les méninges mesure après mesure ; black keys - carneyla voix avec écho de Dan amène derrière lui (comme pour le masquer) un phrasé Blues que ce synthé (encore lui) nous ressert encore et encore. Le tout façonne devant vos oreilles ébahies, un accroche-cœur négligemment hip-hop (que les puristes me pardonnent et ma mère en premier) un des must de l’album (pour la fin, c'est la même en couleur... "tu me dis quand tu as envie de t'arrêter, Pat... Ouais... ouais j'y manquerai pas..."). Mais que fait la police allez vous me dire ; où sont passés les blues d’anthologie de « Thickfreakness » et de « Rubber Factory » ? Et bien ils foisonnent, ils pullulent avec « Stange Times », « Lies », « Remenber when (side B) », « So he won’t break » très proche de la patte de « Magic Potion » d’ailleurs (pensez... j’y ai entendu un xylophone en goguette !) magnifique tempo et clapotis de claviers pour soutenir le refrain.

Trivialement, l’album est très lent et je m’en réjouis, laissant la part belle à l’orgue, aux accords plus que plaqués et au slide nerveux de Dan sur sa SG. Maintenant gargarisez-vous de cette voix chaude, hésitante & délicatement Gospel. Enfin, deux titres, qui aux premiers abords, frôlent le slow estival kitchissime avec écho fifties, mélodies vaporeuses au goût de sirop d’orgeat... « Things ain’t like they used  be » et surtout « Remember me (Side A) » qui n’est pas sans me faire penser au Petit Train Rébus d’une télévision d’un autre âge… 

bk

Il est clair que le groupe va faire retomber le buzz qui les entoure depuis leur premiers albums ; parce que ce petit virage de sonorités va laisser sur le bord du chemin quelques die hard aficionados du début, mais c’est aussi la certitude de s’ouvrir à un public différent, plus jeune peut-être, et plus prompt à prendre au troisième degré ce qui n’est finalement que de la très bonne zik.

bk

 

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Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 15:23 )  

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