poin-poin
Bannière

 
  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size
Home Dressez vos esgourdes Rock & Pop IAN HUNTER - Shrunken Heads + concert 12 MAI 2007

IAN HUNTER - Shrunken Heads + concert 12 MAI 2007

E-mail Imprimer PDF

iH
Visiblement Ian Hunter va bien et il continue à avancer, mais un album lui prend du temps, beaucoup de temps, et celui-ci, six ans après le magnifique « Rant », démontre que bien que n’étant plus dans le circuit pour prouver quoi que ce soit, il vient tout de même d’avoir 68 ans. Sa vie entière n’est que musique, tournées et fidélité envers ses amis. Son regard sur les poids lourds du business est très circonspect car il a toujours mis de la distance avec la presse mais certainement pas avec son public. Pour s’en persuader il suffit d’aller jeter un œil, une fois par mois sur son site et comprendre qu’il fait partie du monde réel des terriens.

HiHunter explique que les titres de ce nouvel album lui sont venus somme toute assez facilement et en tout cas, ils ont été écrits rapidement. Pour des raisons de planning de tout ce beau monde l’enregistrement a pris lui, du temps. Andy York le guitariste surdoué de la tournée de 2OO4 et 2005 et l’homme à tout faire de Rant prend en charge la production ainsi que l’organisation du son ; on retrouve James Maestro, Steve Holley, la garde rapprochée quoi et la venue de Jeff Tweedy (Wilco) sur trois titres. IH a toujours trouvé ses sources d’inspirations musicales dans les dysfonctionnements de la société et bien sûr dans la poésie qu’il en retire ; cette fois-ci une composante nouvelle s’installe au fil des titres (déjà présente il est vrai dans les textes de Rant -Death of a nation-Rip off-Morons), à savoir un regard chagrin de l’état de ce monde, qui le conduit à une vraie nostalgie. Alors je vous vois venir avec vos gros chaussons : « ça y est, le rebelle se couche.. » Et bien pas vraiment, car il assume lui, et notamment sur « I am what I hated when I was young » qui est un petit bijou d’auto-dérision, (en réponse à « I Hope I died before get old) mais qui, désolé, me laisse sur ma faim personnellement en ce qui concerne le choix du support musical ; intro banjoiste, tempo piano bar et ambiance cow-boys; je paierais grassement pour faire chanter ça aux citoyens Jagger, Springsteen, Daltrey, Stewart, etc... La papy boom génération. De la nostalgie, il en est encore question avec « When the world was round » une ballade quelque peu amère qui fait remonter à la surface des souvenirs d’enfance « Is it my imagination when I look back thru the ages... I think I like it better when the world was round...) Bien vite l’acidité du bonhomme refait surface: Brainwashed (la TV vue par quelqu’un qui doit bien la regarder quand même) avec ses jeux débiles « ..123 You’re under..231 you’re under.. » de ceux qui font vivre une vie par procuration « You’re still fallin for it...» Shrunken Heads une orchestration léchée et des chœurs en place qui me font penser à Van Morrison, pour une descente glauque dans un quartier de la grosse pomme quelque peu pourrie « the rich get richer & the poor get sorer ». Hunter fait une tête au carré à ces Shrunken Heads, bâtisseurs et architectes du malheur des autres ; ce titre pue la mort indeed. Soul of America qui aurait pu figurer en bonne place sur « All American Alien Boy » (un jour on va lui faire bouffer sa green card au père Hunter s’il continue de la sorte) du Dylanesque- point of vue exemple : « the sins of the fathers revisit the sons, the toll of tradition, the roar of the guns, it’s a God awful job but it’s gonna be done protect the soul of America ». Est-ce que je m’achète une conduite intellectuelle allez vous me dire, avec cette rhétorique jubilatoire, probablement... mais pour ma part, cela fait un moment que ça dure et l’humanité ne me déçoit plus. Comme beaucoup de monde à propos de Katrina, Hunter s’y exprime sur « How’s your house » dans le langage musical le plus blues rock qui soit ; trois guitares qui transpirent à grosses gouttes & un parfum de Jerry Lee qui traverse le studio. Aux dires de certains (Pepper Keenan Down & CoC, Zacharie Richard etc) le F.E.M.A (Federal Emergency Management Agency) fait très mal son boulot ; à moins que l’on utilise l’argent ailleurs, au lieu de construire de vraies digues, on préfère faire parler la poudre... Taux de suicides en hausse, damned….  « You Make a Fuss About Nothing » l’Amérique d’aujourd’hui en a vraisemblablement plein les bottes des hommes d’honneur de respect, et des visions à long termes du gendarme du monde; les poètes bigleux sont des emmerdeurs on le sait, raison de plus pour les écouter. Encore un riff bien conçu et bien monté en mayonnaise avec « Stretch » qui fait penser à de la musique de bande annonce digne des versions live de « FBI » où Hunter y est agressif dans la voix et Steve Holley le batteur, avec ses peaux. Hunter est sans doute passé maître pour râler ces ballades très personnelles qui piquent la peau telles que « Guiding Light » et « Read ‘em ans Weep » ainsi que « Words » et « Wasted » (ces deux dernières figurant sur le Cd 3 titres bonus avec « Your eyes ») Ian Hunter est chaleureux, vif, il a rencontré en la personne d’Andy York le multi instrumentiste compositeur-ingénieur dont il avait besoin, le Ronson de sa chair, et s’apprête à remettre le couvert dès l’année prochaine.

 

Le 12 Mai dernier Ian Hunter accompagné de Steve Holley et James Mastro débarquait à Paris pour un unique concert français, en formation d’attaque acoustique. Du jamais vu en ce qui me concerne, et une émotion immense car bien sûr son répertoire s’y prête à merveille, cette sonorité lui va bien, peu d’emphase, juste le sentiment d’un concert intimiste. « Words,When the world was round,I am what I hated.. » sont les titres joués de ce nouvel album ( jusque là la veine dylanienne n’étonne pas) mais d’autres par contre étaient de ce rendez vous inhabituel : Angeline, Once Bitten twice shy, Ballad of Mott, Roll away the stone… Ce fut le concert-pub parfait où tout le monde pouvait entonner les chorus à tue-tête et s’arracher la peau des cuisses.

 

"When The World Was Round"au New Morning:

"Soul of America":Ici

"Words (Big Mouth)

Photos du 12 Mai,prises avec un appareil photo à piles.Playlist and so on..There

Mis à jour ( Samedi, 09 Janvier 2010 19:10 )  

Poin Flash

LA ZICMUCHE, le "blog lamentable", les girafons... Rejoignez LE FORUM POIN-POIN.

 

MIXTAPES Nouveau !!! La Battle Mixtape JeanRhume vs Cidrolin - la Battle Mixtape Waka vs Rhume / Et toujours : la Mixtape Poin-Poin 1 - la Mixtape Poin-Poin 2 - la Battle Mixtape JeanRhume vs DJ Duclock

 

POLAR et science-fiction: c'est le thème du 10e numéro de L'Indic, l'excellent "noir magazine" (avec détours par le manga et la littérature policière chinoise). Feat. JP Andrevon, F. Mizio, C. Leboulanger, T. Marignac... Sommaire ici.

 

VAPEUR MAUVE, le zine du site Rock60-70, consacre la couverture de son n°12 à Steve Hillage. 125 pages avec aussi Jeff Beer, Gordon Giltrap, Roger Hodgson, Denis Protat, Ganafoul, Locanda Delle Fate, Guy Segers, Voodoo, ainsi que  Bob Dylan, Mott The Hoople, le prog italien, Grateful Dead, Aerosmith, les Gypsys, Bert Jansch et des chros livres et DVD. A télécharger gratuitement ici