Vraisemblablement marqué par la scène Post-Punk, basse en avant, Gomm nous offre une série de compositions très sèches, d’une étrange efficacité.…une nitro made in France, particulièrement instable, avec des épines de rose dedans ( la rose, c’est pour Marie ).
Etre rageur, n’est-t-il pas un des fondamentaux du rock ? Mais combien sont-ils à y arriver ? Chaque semaine, on nous présente un nouveau groupe représentant de "l’urgence" ( le terme est à la mode ) rock ; mais poin(t) ne suffit de faire du bruit avec ses amplis ! Pour ne pas taper toujours sur les mêmes ( c’est-à-dire sur tous ces combos mort-nés Anglais à la mode ), c’est ce que j’ai longtemps reproché à une partie des groupes de métal : ils confondent bruit avec fureur. Ce n’est pas l’accumulation de strates musicales grasses, ni la gueulante monocorde, mais la tension qui crée la violence, et LE cri ( musical ou vocal, peu importe ) qui surgit car il s’impose : on l’a retenu trop longtemps. C’est par cette rage fiévreuse qu’est contaminé le Gomm de 4.
Sur 4, Gomm ne sonne pas banal. Titre après titre, le grain des instruments semble avoir été travaillé avec obstination. Certains se pâment devant "les plans de fous" déployés par leurs guitar-heroes, et bien moi je me pâme devant ce perfectionnisme, ce sens du détail ( on est loin des Wampas, en quelque sorte ) qui permet au groupe d’avoir un "son" d’envergure et personnel. La maîtrise des durées est également impressionnante : ces constructions d’apparence simple, ils ont certainement du les triturer longtemps, car rien ne semble en trop, rien ne lasse. Une étonnante science du dosage au service d’une musique à l’énergie brute, mais aussi :
Nerveuse et tendue.
Précise et rapide.
Profonde
Au bord de l'implosion !!!

......
I FEEL OFF ! - L’obligation d’être heureux est en train de nous tuer. Nos cerveaux prêts à imploser face à la croissante dureté des rapports sociaux, venant compliquer nos éternels problèmes d’incommunicabilité. La violence qui nous est infligée chaque jour par les hallucinations médiatiques collectives d’une société malade, aux nerfs rongés à force d’avoir tout intériorisé devant l’injonction au bonheur permanent. En peu de mots et en musique, Gomm touche du doigt la partie taboue du malaise généralisé dont nous semblons tous un peu victimes. Celle qui ne pourra jamais être évoquée par des politiques : la tristesse qui s’installe en nous, entre deux disputes de couple, devant nos écrans estampillés Windows, cette télévision qui mange progressivement une partie de nos vies affectives. Oui, je perçois toutes ces choses quand j’écoute 4 ; et j’ai préféré vous en parler plutôt que de retracer péniblement la carrière de ce groupe que je n’avais jamais écouté auparavant.
Il vient de se passer quelque chose en France. Une belle déflagration sombre et salvatrice.
( comment ? Une note ? Je pense que c’est clair, non… ? )
GOMM est:
GUILLAUME : GUITARS / BASS / ANALOG SYNTHS
OLIVIER : DRUMS / VOICE / E-DRUMS / ANALOG SYNTHS
MARIE: VOICE / ORGAN
MATHIEU : GUITARS / BASS / ANALOG SYNTHS
Vous pourrez écouter des titres de l'album de Gomm ICI
Ou consulter leur site officiel
http://www.gomm.fr/
Cette chronique est spécial-dédicacée à Black Girl.
L'interview de GOMM pour poin-poin, c'est PAR ICI
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