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Home Dressez vos esgourdes Rock & Pop TONY JOE WHITE - Uncovered - 2006

TONY JOE WHITE - Uncovered - 2006

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 C’est avec surprise que je trouve ce Tony Joe White la semaine dernière dans les bacs. Je scrute la pochette et que vois-je : une chanson avec Eric Clapton, une avec Mark Knopfler, une avec Waylon Jennings, et une avec JJ Cale ! Deux idées me viennent immédiatement à l’esprit : a) merde il nous refait le coup de « The Heroines » son dernier album (où il avait invité une ribambelle de chanteuses) il doit être à sec niveau création et ça sent la fin de carrière, les albums de bric et de broc –y’a même une reprise de Rainy night in Georgia, etc... b) putain mes deux groovologistes favoris réunis sur un titre, JJ Cale & Tony Joe White, mes deux héros du battement de pied (aujourd’hui grâce à un anachorète amoureux de l’éristique j’ajoute Dr John dans ma liste). Enfin l’idée d’un album raté de Tony Joe White est inconcevable, au pire il est correct. Je prends !
 
Comme tous les pervers polymorphes que je fréquente je place le disque dans mon lecteur et parcours à toutes allures les titres -3 secondes chacun- histoire d’avoir une vue d’ensemble fondée sur rien ! Résultat : rien.  

Deuxième essai : je prends la route pour une bonne heure et laisse filer l’engin à son rythme. D’abord ce qui me choque c’est la compression de la basse (souvent slappée d’ailleurs) et de la batterie. Et puis mes souvenirs aidant je me dis que je n’avais pas trop aimé sur certains titres le son plus diffus du précédent opus (« the heroines »), et que finalement je ne fus probablement pas le seul. Ici Tony Joe White prend le contrepied il compresse. Et c’est pas mal. La deuxième chose qui me choque, et qui rapproche encore des gens comme JJCale, Dr John ou Tony Joe White c’est le métier évident dont ils font preuve concernant le placement des instruments, le mixage, le son quoi (c'est en total contradiction avec ce que je viens de dire juste auparavant, mais je ne suis pas à ça près, vous m'avez compris il s'était un peu planté sur le précédent, ici on le retrouve pleinement). Là c’est vraiment flagrant. Une telle maitrise, c’est forcément un mec qui a beaucoup roulé sa bosse. Ah au fait il y a de temps en temps des chœurs, des cuivres, des cordes, mais Tony Joe White est précautionneux, cela ne déborde pas comme un rimmel qui coule. Il place de ci de là les touches dont il a besoin, du coup c’est bien. J’attends le titre avec JJCale, c’est celui de Waylon Jennings qui m’attrappe ! Je me dis que Knopfler pourrait sonner, c’est Clapton qui me surprend, son chant en contrepoint de celui de Tony Joe White est exquis.

Chemin du retour, une autre bonne heure pour confirmer tout cela. D’abord c’est un bon album. Pas de la trempe de ses réalisations des années 70 (des titres comme They caught the devil…, stud spider, Willie and Laura Mae Jones, Soul Francisco…. Bordel que j’aime cet artiste !), Tony Joe White n’a plus l’énergie de ses jeunes années, mais un bon album. Les titres avec les invités ne sont pas là pour la galerie. Avec JJCale il essaie de prendre tout le monde à contrepied : on s’attendait à des guitares swamp, il place une batterie qui martèle le rythme (mais un peu décevant tout de même ce duo). Le blues lent avec Clapton est prenant, mais c’est surtout le titre, country naturellement, de Waylon Jennings qui captive. Quelques passages moins essentiels comme la fin du disque mais un moment de grâce. Un de ces moments que l’on repasse en boucle, ou l’artiste nous a ferrés. Trois titres qui s’enchainent : Rebellion, Smoking the blues (celui avec Jennings) et Rainy night in Georgia magnifiquement réarrangée. Pour cette dernière, il s’agit d’une reprise de lui-même avec des cordes et chœurs. Rien de lourdingue comme je vous le disais, au contraire une réussite qui va à merveille avec la voix chaude et feutrée de Tony Joe White. Le titre de Jennings j’en ai déjà dit le bien que j’en pensais. Rebellion est un nouveau titre de Tony Joe White (Il se défend de se plier au format musical ambiant, d’où sa rebellion). Sur ce titre ce qui m’a plu c’est de retrouver le Tony Joe White à l’arrogance crasse du concert du New Morning  il y a deux ans. Cette morgue que j’avais adorée : au bout de trois titres avec son batteur au fond (pas de bassiste), il se place sur sa chaise devant, collé au public, émêché par quelques verres de rouge et balance : « you choose ! » avec une mimique d’alligator de bon aloi. Et cela jusqu’à la fin du concert : « next ? ». Sourires carnassiers il maltraite la guitare, la frotte, en tire des sons revêches. Un plaisir retrouvé là, dans Rebellion !  

3,5 poin / 5
 
extrait : Rebellion  
Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 16:25 )  

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