Pour vous parler d'American Dog, tentons une expérience : AC/DC, Nashville Pussy, Motörhead... Si la simple lecture de ces noms vous a fait vous lever pour préparer le prochain championnat du monde d'air-guitar ou pour vous verser un whisky (sans glace pour moi, merci), pas la peine d'aller plus loin dans cet article. Foncez braquer votre disquaire favori.
Poursuivons l'expérience : Rose Tattoo, The Angels, Nazareth. Ah! j'en vois qui dormaient au fond de la salle et qui viennent de décoller à travers le plafond. L'embouteillage ne va pas tarder chez le disquaire favori.
Achevons l'expérience : Lynyrd Skynyrd, Blackfoot, Molly Hatchet. A ce stade de l'article, normalement, le disquaire doit être en rupture de stock.
Mais qu'aperçois-je ? Des lecteurs attardés (sur cet article, je veux dire. Encore que...) se demandent de quoi on cause ! Mais... Mais on cause de sueur et de guitares, de pieds qui tapent et de têtes qui headbanguent, de grands espaces et de filles, de bières et de potes avec qui faire la bringue. On cause de ROCK, on cause de BLUES, on cause de HARD, quoi ! Avec une rasade de "southern spirit" pour faire glisser.
American Dog est un groupe... ricain (il n'y avait pas de piège) somme toute assez classique, qui ne révolutionne en rien la musique qu'il pratique. Mais, justement, on la sent, la pratique, et les briscards qui ont usé tous les comptoirs et les scènes de tous les clubs, même -et surtout- les plus paumés.
Au départ (disons, les deux premières écoutes), j'ai trouvé cette galette, leur troisième, sympa mais trop peu originale. Pas aussi bandante que la découverte de Nashville Pussy, par exemple. Et puis j'ai commencé à faire attention aux chorus de guitares, je me suis laissé prendre par les refrains, j'ai remarqué des riffs bien plus retors qu'ils n'y paraît, les clins d'oeil dans la musique ou dans les paroles, le piano et l'harmonica cachés dans les coins, les passages instrumentaux à arracher le papier-peint avec les dents. Plus ça tournait, plus c'était bon.
J'ai fini par ouvrir le livret (avec paroles, justement) et par consulter la thank-list. On y retrouve des références à Motörhead, Rose Tattoo, Nazareth et Molly Hatchet, entre autres (comme quoi je ne vous vole pas sur la marchandise), mais aussi à Pete Way (bassiste de UFO) ou à Foghat.
Et voilà comment ce qui aurait pu être seulement un bon petit coup de pied au cul s'est enfoncé jusqu'à ne plus ressortir (c'est du propre). S'il vous faut une dernière preuve de la qualité d'American Dog, sachez que les gaziers ne sont que trois. Hé vouiiii, un power-trio, la formule qui ne pardonne pas et requiert un engagement d'enfer pour tenir la route. Et la route, American Dog la tient. La route 6(6)6, évidemment.
site officiel American Dog MySpace American Dog
une première version de cette chronique
est parue sur feu Ambfrance
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