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SQUEALER - Squealer's Mark - 1989

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Squealer's MarkIls sont vulgaires. Ils sont fringués comme une coiffeuse de banlieue rouge mariée à un VRP en tatouages. Ils sont machistes. Ils ne font rien qu'à copier. Ils sont bourrins. Ils avaient même de l'ambition. De toute façon, leur style est tombé en désuétude depuis vingt ans. Il n'y a vraiment rien à sauver chez Squealer. Sauf la musique.

Je vous parle là du Squealer français, groupe de hard-glam-heavy-metal tellement peu original qu'il porte le même nom qu'un combo de thrash allemand. N'empêche que le deuxième de ses trois albums, Squealer's Mark, sorti en 1989 chez Vogue, est d'une efficacité quasi intégrale dans son genre après-shampoing pour cuir et clous.

Squealer ne s'embarrasse pas de finesse. Son premier disque s'intitulait DFR, pour "drinking, fucking, rocking", et les photos comme les paroles des chansons prêtent à sourire tant elles ressassent le cliché du bon mauvais garçon qui boit de la bière et baisant des blondes (à la fin de la liste des remerciements se trouve cette note poétique : "Many thanks also to everybody we forgot, we know who you are. Thanks to all the girls we fucked, sorry, we forgot your names"). Sauf qu'avec sa voix éraillée, à contre-courant de la tendance à se la percher le plus haut possible, Pascal Bailly dégoupille quelques titres qui font vraiment mal.

Squealer's Mark fut enregistré aux studios Davout, à Paris, et produit par Gary Lyons. Dans une interview parue en décembre 2008 dans Rock Hard (à l'occasion du Paris Metal France Festival III, pour lequel Squealer s'est reformé), Pascal Bailly rappelle que l'expérience ne fut pas vraiment concluante : "Un gars qui a bossé avec Aerosmith, UFO ou encore Saxon ne peut avoir que du talent. Mais le choix ne venait pas de nous et, lorsqu'il est arrivé en France, c'est comme s'il était en vacances." Le résultat est effectivement assez cru, quoiqu'il colle bien à la crudité des chansons.
L'album démarre sur un House qui bastonne sans demander d'explication. On est clairement plus du côté du heavy-metal à l'allemande (Accept) ou à la Judas Priest des débuts que d'Iron Maiden, le tout copieusement arrosé de Motley Crüe, voire d'ACDC. Fight ne cherche pas non plus à affiner le refrain. Du riff tronçonneuse, des aboiements : la recette est classique mais fonctionne parfaitement. La paire de gratteux découpe les os. What you gonna do ne faiblit pas, et Bailly trouve même un refrain qui ne consiste pas seulement à vous jeter un mot à la gueule. Ce que confirme un We need girls fin comme une blague de Bigard, mais qui serait sans doute devenu un hit s'il avait été pondu par un combo de Los Angeles.

Arrive alors la balade, No more tears, parce qu'on peut avoir des sentiments sous un enrobage de bête de sexe et, en l'occurrence, des choeurs gros comme ça pour soutenir un Bailly égosillé et de la gratte en guimauve. J'avoue : j'adore ce titre. Qui est assez symptomatique de tout l'album : le genre de chose qu'on ne devrait pas aimer, voire dont on a un peu honte, mais qu'on se repasse souvent parce que, zut alors, ça déchire le sillon jusque dans les bras de ces féroces soldats.

Die my friend, Night wolf et London killer offrent aussi quelques belles palettes de charcuterie avec faux sang, mais demeurent très maîtrisés. Squealer n'était certainement pas un groupe de petits tripatouilleurs à peine sortis de leur garage, mais affichait un professionnalisme certain. Ni les compos ni l'exécution n'ont à rougir de la comparaison avec quelques gros calibres anglo-saxons.

La reprise de She works hard for the money (popularisé par Donna Summer) prouve que Squealer est capable de s'approprier le titre en le métallisant de façon radicale, sans le défigurer. Je n'évoquerai pas Play the game, qui apparaît sur la version CD, car j'en suis resté au vinyle !

Bref, pour ceux qui ont raté l'épisode à l'époque ou qui adorent l'hardchéologie, ce Squealer's Mark se mange sans faim, et peut même mener à une dépendance passagère. Peut-être un des meilleurs albums de hard jamais sortis en France.

SQUEALER sur Squealer's Mark : Pascal Bailly (chant), Yann Chamberlain et Laurent Lachater (guitares), Jean-Marc Delalande (basse), Roland Girard (batterie).

www.myspace.com/squealerdfr

autres chroniques de Squealer's Mark sur Infernal Demons Nightfall in metal earth

pages consacrées à Squealer chez Metal Papy et sur France Metal Museum

 

Mis à jour ( Mercredi, 28 Janvier 2009 15:33 )  

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