Carnival in Coal est né en 1995 des esprits méchamment fadas de deux musiciens français. Quatre ans et un démo K7 plus tard, Vivalavida sort sur le label War On Majors Records (tout un programme). Cet ovni musical a, depuis, acquis un statut culte : soit des ventes que l’on imagine ridicules mais une réputation de pièce rare dans le milieu de la musique de tarés. Disco, punk, thrash, techno, pop, black-métal, on trouve de tout chez Carnival in Coal, et surtout un humour ravageur.Alan Thursday Morning (alias Arno Strobl) crédité pour “the whole stuff (but music)” et Karl Zengerls (alias Axel Wursthorn), responsable de “evrything (but music)” ne savent sans doute pas ce que le mot “convention” signifie. Si bien qu’ils peuvent enchaîner des hurlements de possédés et un passage très Staying alive, ou vingt secondes à faire transpirer un dance-hall et un doom éléphantesque.
Les paroles valent aussi le détour. Carnival in Coal parle sexe (et de pratiques tout aussi délurées que leur musique, à forte tendance SM. Ah ! ces superbes Urine facewash ou Got raped), se fout gentiment des clichés du métal (A Swedish winter tale ou Dressed like Pazuzu), ou vous raconte une envie de fruits de mer destructrice dans un restaurant à court d’huîtres.
Le problème d’un tel album est qu’il est purement indescriptible. S’il part dans tous les sens, il conserve tout de même une certaine unité, ce qui n’est pas une mince affaire. On notera aussi quelques refrains efficaces. Ce Vivalavida se suit comme un dessin animé pour enfants avertis (ou pervertis ?), qui auraient troqué les couches (quoique…) pour la camisole.
D’ailleurs, les influences citées par les deux larrons disent assez qu’il poussent l’éclectisme jusqu’à l’extrémisme: Mike Patton, Martin Gore (Depeche Mode), Robbie Williams, Michael Jackson, Dani Filth (Cradle of Filth), Devin Townsend, Barney Greenway, Frank Zappa, Dead Can Dance, Claude François, Nina Hagen, Emperor, Meshuggah, Earth, Wind & Fire, etc.
Certes, vous pourriez pensez qu’il s’agit là d’un album zarbi mais que l’on n’écoute qu’une ou deux fois histoire de faire rigoler les copains. Lourde erreur! Au contraire, Vivalavida est assez riche, bourré de détails et, malgré les apparences, composé avec soin pour ne pas lasser. Si vous avez envie de quelque chose de completly different, très cinématographique d’ailleurs, et qui évoque tour à tour des images de film X, de C’est arrivé près de chez vous ou du Flying Circus des Monthy Pythons, Carnival in Coal est fait pour vous.
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