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BLACK TIDE - Light from Above - 2008

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Black Tide - light from above

Voilà un album qui fait du bien par où il débouche les conduits. Black Tide n’est pas tout à fait qu’un groupe de heavy de plus venant piller les tombes des grands anciens car, plus qu'orienté stoner, il ajoute aux références 70’s une touche de thrash 80's qui chatouille les vieux Metallica et Megadeth. D’ailleurs, le combo, qui sort avec Light from Above son premier album, ne se reconnaît qu’une bannière, le métal, et cite comme influences, outre les deux mastodontes du thrash, Iron Maiden, Pantera, Ozzy Osbourne (mais pas Black Sabbath), Judas Priest, Mötley Crüe, Van Halen, Death ou, dans les formations plus actuelles, Black Label Society, Trivium, Children of Bodom, Lamb of God… Bref, plutôt des choses qui envoient du bois par stère jusque dans le poêle de grand-mère.

A première ouïe, cependant, je me méfiais : qu’est-ce que c’est que ce groupe inconnu du bataillon, qui débarque sur une major, qui sort un premier album avec livret 16 pages, qui est déjà endorsé par une dizaine de marques, qui s’offre la OzzFest ? Et dont j’apprends avec horreur et damnation qu’il est formé de minots n’ayant même pas 20 ans (faites le calcul : Black Tide s’est formé en 2004 alors que les guitaristes Gabriel Garcia et Alex Nunez avaient respectivement 10 ans et 13 ans !).

Alors, Black Tide serait-il un quatuor de branlos acnéiques pompant les recettes des grands-pères et juste soutenus par un coup marketing ? Je suis au regret de le dire, alors qu’en toute mauvaise foi j’avais envie d’en penser pis qu’empaler : pas du tout. Light From Above arrache la peau et racle la chair sur les os avec une envie et, quasiment, une innocence qui font plaisir à entendre.

Black Tide liveOsez me dire en face que ce Shockwave d’ouverture, qui semble droit sorti d’un démo de thrash early 80’s enregistré dans le local de Mötley Crüe, ne fait pas un single catchy en diable ? Ha, certes, du beurre coulé au fil d’eau chaude a coupé sous les ponts depuis que les plans qu’ils utilisent furent inventés, mais je trouve leur façon de secouer le tout réjouissant. Des branleurs, peut-être, mais tant qu’on a la jouissance, n’est-ce pas...

Shout possède toujours ce feeling du Crüe époque Dr Feelgood mâtiné de The Answer pour les résurgences de hard vintage. La sauce est d’ailleurs balancée avec un aplomb étonnant doublée d’une touche j’m’en-foutiste qui, lard ou cochon, fait avaler la mixture en rotant d’aise. Warriors of Time : intro à la guitare acoustique, greffe d’électricité, roulement, chœur wo-ho-ho, débile-métal, chant entre relents de Manowar et hard-rock, refrain simplex "sing with me" taillé live, solo "living in the shred" ! Que demande le syndicat du cuir ?

Mais je crois que ces types ont aussi avalé pas mal de références du genre Rainbow, de hard-FM (on pense par instants à Gotthard en beaucoup moins clean et rutilant) et de hard-glam, comme le montre un Give Me a Chance qui part au trot et emporte le morceau en 3’30”. Let Me et Show Me the Way suivent le même calibrage, le dernier rehaussé d’un solo épicé rock n’roll.

Avec Enterprise, le thrash pointe plus nettement ses arpions et marche sur ceux de Dave Mustaine’s Megadeth, jusque dans la voix (la maturité en moins, rappelons que nous parlons du premier album d’un quarteron d’adolescents, les salauds, tout de même). Live Fast Die Young – vous aviez déjà compris que les clichés ne vous seraient pas épargnés – a pour principal force un refrain qui fait mouche, l’une des qualités récurrentes de ce Light From Above.

Black TideArrive ensuite un morceau du genre à porter n’importe quel combo au sommet du métal, quoi qu’il fasse par la suite, un titre brutal, aux riffs aiguisés chez un boucher de campagne (à la question "Le riff a-t-il un avenir dans le monde rural ?", je réponds : "Un bon riff est toujours un bon riff, quoi que le riff y fit chez les ploucs"), au refrain sec comme un coup de trique, à la rythmique basiquement démoniaque. Ce véritable titre de malade, capable d’embraser n’importe quelle enceinte, est bien entendu le meilleur du disque et ne peut que faire date, disons-le tout net dans l’histoire du genre. Pas moins. Qu’il est dommage cependant qu’il s’intitule Hit The Light, soit signé James Hetfield et Lars Ulrich et fut sorti sur le Kill’Em All de Metallica, à une époque où les membres de Black Tide ne pouvaient pas encore concevoir l'idée de se curer le nez avec les doigts. Le combo est tombé dans le piège de la reprise plutôt réussie mais qui est le point culminant de son disque.

Pour la peine, Black Abyss est quasiment une copie carbone de Megadeth époque Countdown to Extinction. Les titres Light From Above et Black Widow suivent la même voie, peut-être avec un soupçon de Testament, et demeurent de très bonne tenue : on secoue la tignasse, on a envie de chanter, enfin, de crier le refrain.

Conclusion : la révolution n’est pas en marche mais le fun y est, et les Grands Anciens n’ont pas à se sentir insultés par les multiples et évidentes références que contient cet album. Chaque titre a son petit truc à lui, notamment les refrains. La batterie me semble cependant manquer d’ampleur et de diversité (sans compter que les cymbales se sont enfermées dans les chiottes durant l’enregistrement) et il faudra rappeler aux Black Tide qu’ils ont le droit constitutionnel, même si leur maison de disques leur affirme le contraire, d’écrire des titres qui ne font pas entre 3’30” et 4’. Bref, d'avoir plus de personnalité. Des chiards qui promettent, en tout cas.

3,5 poin/5

Site officiel Black Tide  MySpace Black Tide

Vidéo de Shockwave

Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 16:53 )  

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