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Home Dressez vos esgourdes Metal & Hard Rock REBEL PRIDE (BAND) - It Is What It Is - 2005

REBEL PRIDE (BAND) - It Is What It Is - 2005

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rebelpride

Si vous trouvez aujourd'hui la chronique de cette auto-production au rayon "Metal & Hard Rock" c'est simplement parce que la case "Southern Rock" n'existe pas et que, bien souvent, jadis, ce dit "rock sudiste" était plus ou moins considéré comme une des branches de la famille "hard-rock", et ses grosses cylindrées avaient pour nom Molly Hatchet, 38 Specials, Doc Holliday, Point Blank ou encore Blackfoot.

Inutile d'entâmer votre lettre d'insultes, je sais, il manque Lynyrd Skynyrd. Mais à l'époque dont je vous parle, le prononcé leh-nerd skin-nerd est décîmé pratiquement pour moitié depuis un plan de vol râté en 1977 et ne refera jamais surface, tout simplement parce qu'il est inconcevable de continuer sans Ronnie Van Zandt ! Ne riez pas, la mode juteuse, mais un peu sujette à loterie, des reformations n'est même pas envisagée ni envisageable. Pourtant elle n'est pas bien loin de frapper à la porte puisque dès 1984, Deep Purple va être le précurseur d'un phénomène qui aujourd'hui est à son apogée, frôlant plus que de raison le ridicule et le pathétique. C'est aussi vers ces années 83-84 que cette deuxième vague sudiste va sacrément prendre du plomb dans l'aile, nos méchants rebelles cédant aux bigoudis et autres fers à friser, aux jolis foulards colorés (jaune ou rose de préférence) et délaissant le Jack Daniels pour le Coca. Mais attention, on ne refait pas des hommes, des vrais, des estampillés "testostérone inside", donc pas de Coca Light ... si on en juge par la vague de décès d'origine diabétique qui touche le genre depuis quelques années ... Mais surtout, les cocos vont remiser les 6 cordes et se vautrer comme les copains dans les claviers d'appellation d'origine contrôlée, en vigueur tout au long de ces interminables années 80. Ils vont tous tellement toucher le fond ... qu'ils y sont encore à l'heure actuelle.

Du coup aujourd'hui c'est toute une scène assez confidentielle qui essaye de faire revivre la flamme. Je vois cependant un gros avantage à ce côté underground, comme dans le prog il n'y a plus de place pour les opportunistes et les tricheurs : impossible de devenir une star, donc réservé aux "authentiques" et aux "rebelles". Et ces derniers foisonnent dans le rock sudiste : Rebel Train, Rebel Storm ... mais le plus intéressant me semble être ce Rebel Pride (Band).

C'est à croire que les désormais résidents au paradis du rock sudiste (ou aux enfers suivant comme on se place) se sont reincarnés dans ce groupe, et notamment Danny Joe Brown, le regretté chanteur de Molly Hatchet. Bon sang, dès les 2 premiers titres ("Stomp Yer Foots" et "GITITON" on ne peut s'empêcher de constater le retour de la Molly des 2 premiers albums. Un pur régal. Des titres courts, incisifs et efficaces avec des guitares grasses mais point trop saturées ni heavy dont malheureusement bon nombre de jeunes loups du genre abusent. Les 2 titres suivants iraient plutôt chercher du côté plus "countrysant" des Outlaws (groupe aujourd'hui injustement oublié dans la hiérarchie du southern rock et dont je ne saurais trop vous conseiller l'achat urgent du premier album éponyme) mais la voix de Pat Buffo ramène inlassablement à Molly Hatchet.

rebel pride bandPlagiat sans intérêt me direz-vous ? Que nenni ! Déjà on peut difficilement reprocher à quelqu'un le timbre de sa voix et, de plus, voilà que déboule "Slippin' away" : un blues de-la-mort-qui-tue sur les 3 premières minutes. Ca, peu de groupes sudistes le pratiquent. Je suis aux anges, voire au 7ème ciel, d'autant que tout cela aboutit à une joute de guitares de 5 minutes un peu plus jazzy/latino comme les décochaient en leur temps l'Allman Brothers Band ou le non-encore déconfit Santana ! L'excitation est à son comble, on ne débande plus jusqu'à l'orgasme final ! Après un autre titre "hatchettien" et un "Drop the ball" beaucoup plus "vaughanien", le cd se termine bien sûr par LA "sudisterie" typique: "Survive". Vous savez, le truc qui commence en ballade, dure 10 minutes et se termine par un duel, voire un trio de guitares ! Evidemment ce titre est sublîme, mais ce sera mon seul bémol à ce cd, car il relève plus du passage obligé, de la caricature que d'une réelle spontanéité. Il y a et il n'y aura jamais qu'un seul "Free bird" !
Quoiqu'il en soit je termine ce cd sur le cul, épuisé, ivre de plaisir : ce groupe a retrouvé le son et l'esprit originel des anciens. Cela fait bien 25 ans qu'un disque de sudiste ne m'avait pas fait cet effet, peut-être tout simplement parce qu'il est varié et plus authentique que toutes les ressucées frelâtées et bouffones de
Lynyrd Hatchett.

C'est alors que ma platine-cd me lance un "Encore !" que je ne peux satisfaire. "Désolé, chérie, pas ce soir, je suis crevé et j'ai mal à la tête". Non mais, chacun son tour !


Le cd est disponible sur www.cdbaby.com contre seulement $10 . En prime vous pouvez y écouter de courts extraits!

Le site du groupe est là : www.rebelprideband.com (un nouvel album est disponible)

Leur MySpace ici : www.myspace.com/rebelprideband

Et je ne pouvais pas sortir de cette chronique sans vous proposer les 10 minutes intégrales de Slippin' Away.

Enjoy it ... or Hate it !

PS : cette chronique est une réécriture partielle de celle déjà parue dans Koid9 #58.

Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 16:55 )  

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