C'est curieux cette tendance à apprécier beaucoup de groupes d'un même pays. J'étais déjà atteint d'australriffise purulante et je m'aperçois maintenant que je fais une poussée de finlandite aigüe ! Il y a sûrement une raison profonde à cela, d'autant que si je remonte plus loin dans le temps le souvenir m'est agréable de penser à ma correspondante finlandaise ... et néanmoins absolument magnifique, ce qui n'a rien à voir avec le sujet qui nous intéresse ici, mais quand même, ça n'empêche, elle était d'une superbement jolie beauté !
Voilà un pays qui pullule d'arbres, de fjords, de jolies filles donc ... et de groupes de rock, souvent très orientés metal, qui jouent toute la nuit, c'est-à-dire pendant 6 mois. C'est que c'est long une nuit en finlandie ! Et c'est en assumant enfin cette spécificité nationale, le hard-rock, que la Finlande a pu gagner un titre, ailleurs que dans le ski nordique : le Grand-prix de l'Eurovision 2006, réussissant par la même, l'exploit de faire craquer le vernis de notre Drucker national qui, pourtant, résistait depuis 40 ans à toute vilainie.
Five Fifteen n'est pas vraiment dans cette optique "metal", tout au plus hard-rock à l'ancienne, mais surtout à la croisée des chemins de ce qui m'enchante dans le début des années 70. Il est sorti en ces temps reculés des tonnes de joyaux musicaux, alors qu'en toute insoucience je jouais aux billes, aux petites voitures et aux petits coureurs du Tour de France dans la cour de mon cottage berrichon et j'allais à la pêche aux écrevisses et aux poisson-chats à la rivière-du-bout-du-jardin, virgule, de laquelle mon père ("I miss you") me sortit plus d'une fois à cause que j'y buvais la tasse. Et croyez-moi l'égoût et les couleurs y réagissaient déjà en un précipité évoquant au mieux un infâme jus de chaussette. Aujourd'hui je vous déconseille même d'y plonger le moindre membre sauf, bien sûr, si vous pensez que votre suicide doit être une atroce agonie ! D'ailleurs les écrevisses ne s'y sont pas trompées et se sont enfuies à tire-de-pinces. Ceux qui ont vu mon portrait sur le forum Crossroads comprennent donc maintenant l'origine de mon physique ... disons ... différent.
Pour en revenir à notre sujet, les plus férus d'entre vous auront noté que Five Fifteen cela s'écrit 5:15 et que, par conséquent, par Thor et par Odin, cela nous ramène aux Who.
- Qui ça ?
- Ben les qui, les Who, quoi !
- Comment ? Les Qui ? Mais Who ?
Et donc Ornicar retourna se coucher ... car il avait bien compris qu'il avait affaire à des fous, d'autant que le titre de l'album fait lui allusion à Gong, une joyeuse bande d'allumés aussi. Musicalement assez différent de ces derniers, Five Fifteen en cultive quand même le côté communautaire puisque derrière le fantasque Mika Järvinen (guitare et chant) le groupe est à géométrie variable, souvent totalement renouvelé d'un album à l'autre. La musique, justement, est dans un trip très "flower power" bien loin de la noirceur et de la tristesse de la majorité des autres groupes scandinaves qui cultivent souvent un côté dépressif. Les refrains sont absolument imparables et pour peu que vous vous laissiez aller, une certaine joie de vivre peut vous envahir, allant même jusqu'à offrir des fleurs à votre voisin pour qui, habituellement, vous avez pourtant des envies de meurtre quand il écoute Skailrauque, thermostat 12, à 3h du mat'.
Croyez-moi, des titres comme "I don't remember", "Dancing with Mrs Fischer", "Innocence is no excuse" ou "Six dimensions of electric camembert" et son intro à la "Pinball wizard" auraient tout pour être des hits dans un monde meilleur. Et s'il fallait étiqueter cette musique je la qualifierais bien de "pinball wizard music", tant ce titre correspond bien à Five Fifteen, ou encore de la "captain beyonderie", groupe auquel 5:15 rend hommage sur le tribute qui lui est consacré. C'est frais, pas prétentieux pour un sou, poppy sur fond de guitares hard-rock (j'ai bien dit hard, pas heavy, attention à la nuance) ainsi que planant et psyché en bien des occasions. Pour vous allècher encore un peu plus je preciserais que Mika double souvent son chant avec celui d'une de ses compatriotes : malheureusement pas ma correspondante, plutôt sa copine, qui, pour la même hauteur, offrait le double de surface (Quand elles vinrent visiter mon beau Berry, devinez avec laquelle j'avais la cote !).
Cet album est sorti en 3 ou 4 versions au moins : sur la mienne figurent une reprise de "Silver Machine" ainsi qu'un morceau live avec en invité Nik Turner au saxo (pour la version de "Silver Machine" avec Nik Turner il vous faut acheter le single, sur lequel figurent également 2 titres avec Brian Robertson, ex-Thin Lizzy). Mais l'album ne s'arrête pas là, le compteur continue de défiler et tout à coup c'est "Kashmir" qui déboule dans une version titanesque. Mais ce n'est pas tout ! Les premiers à avoir acheté ce cd en ont eu un deuxième en bonus : un live qui s'appelle "No sleep 'til blue room", référence à Motörhead cette fois, et qui se termine par une reprise de "I am the walrus" et "Pinball wizard". Quant aux 3 singles tirés de l'album ils sont eux aussi truffés de références aux 70s : les Who, toujours, et le "Whipping post" des Allman Brothers. Enfin le dernier vrai album en date (si l'on excepte la compilation de 2004) s'intitule "The Sensational Five Fifteen", la pochette est une parodie du SAHB evidemment. Toutes ces citations ne doivent bien sûr pas être prises pour du plagiat mais ne sont là que pour vous donner une idée du bain dans lequel Mika et sa bande sont tombés quand ils étaient petits.
Je regrette de n'avoir pu assister au concert de Five Fifteen l'été dernier au festival (gratuit) du Crescendo à Royan/St-Palais-sur-Mer pour cause de villégiature petite bourgeoise ailleurs ! La prestation du groupe y fut paraît-il splendide et voir Mika torse et pieds nus escalader un poteau télégraphique est à lui seul un spectacle. Il y revient cette année, les 18 et 19 aôut avec son autre groupe, Crazy World, qui je dois l'avouer m'a quelque peu déçu. Et je ne pourrai une fois de plus pas y être, mais si vous passez par là saluez-le de ma part.
Site : http://www.novision.fi/fivefifteen/
festival Crescendo 2006 : http://www.festival-crescendo.com/
extrait : 6 dimensions of Electric Camembert
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