J'ai mis un peu de temps avant de me plonger dans cet album. Les deux titres que j'avais écoutés online ("Devilution" et "Cometh Down Hessian") m'avaient paru trop Motörhead. Je n'ai rien contre le groupe de Lemmy mais j'attendais mieux d'High On Fire qu'une telle imitation. Même si "Devilution", qui ouvre ce bal des vampires sonore, possède la meilleure intro de Black Sabbath depuis Sabotage, ce n'est pas vraiment pour ça que j'aime Matt Spike, l'ex-leader d'Asbestodeath puis de Sleep qui fait ici équipe avec Joe Preston à la basse (oui, le Joe Preston des Melvins), le tout sous la houlette studio du grand Steve Albini, qui ne sévit généralement pas dans la production de doom-metal, mais depuis que Rick Rubin s'est occupé de Donovan et de Johnny Cash, on peut s'attendre à tout. Et le fait est qu'ici, High On Fire s'éloigne plutôt de son terreau d'origine pour offrir un mélange à proportions variables de speed metal à la Motörhead, de riffs à la Slayer et de lourde brutalité doom à la EyeHateGod. En fait, on pense souvent à un groupe à durée de vie brève et qui s'appelait Cerebral Fix, l'un des meilleurs de la scène death des années 90.
Même s'il n'y a rien à jeter, l'album prend une place de choix dans les disques de
l'année avant tout pour deux morceaux effarants. "The Face Of Oblivion", où ils produisent une sorte de doom tribal qui fera date, et "Sons Of Thunder", qui clôt le bal dans un feu d'artifice de percussions et dont les riffs parcimonieusement disposés sur ce lit clouté ne sont pas sans rappeler les géniaux Electric Wizard, qui restent encore aujourd'hui les maîtres du genre. N'ayant aucun goût pour Lovecraft, je ne me sens pas concerné par les textes qui, trop souvent dans ce genre, sont des déclinaisons sans fins de cet auteur un peu envahissant. En définitif, un excellent album, en espérant que l'influence Motörhead qui jaillit ci et là n'annonce pas la nouvelle orientation du groupe.
4 poin / 5.
Chronique parue dans Crossroads
Concert du 16 juin 2006 au batofar (Paris)
Concert splendide mais gaché par le batofar qui ne sait même pas fournir de l'électricité à ses groupes pendant 1h30. Déjà que la bière servie est la pire jamais servie dans un concert de mémoire de 47énaire qui en a vu quelques centaines.
Il y avait bien sûr les Slow Enders reconnaissables à leurs boules quies pour protéger leurs ti tympans fragiles et puis les détruits du cerveau qui trimballaient leur carcasse obèse de droite à gauche de la cale histoire de bien emmerder le chaland. Bref, si on ajoute les 35° de température, le calvaire intégral !
Mais il faut souffrir pour entendre le Dieu du doom, l'un des inventeurs du sludge (avec Asbestosdeath) et du doom de seconde génération (avec Jerusalem/Dopesmoker de Sleep). Pourtant, à peine une centaine à être venue (plus pour Rising Dust en première partie dont le Saint Vitus de chez nous commence un peu à me les briser menu). C'est à se flinguer. 
Matt Pike est pourtant un foutu roi du riff qui vous embrase une salle avec trois accords. Il fallait voir voler les tignasses et se lever les doigts vengeurs.
Mais après la première interruption, j'ai décroché. Headbangus interruptus. Pas moyen de retrouver le chemin de l'extase décibelique. Donc 45 minutes de pure jouissance sonore suivie de 45 de simple plaisir à voir Matt Pike (et le nouveau bassiste, excellent) aux prises avec son manche de Gibson.
Cette musique a une dimension tribale et copulatoire indéniable. C'est une musique corporelle qui s'adresse directement à notre tripaille. Bref, c'est la musique que j'aime, elle vient de là, elle vient du doom. Salut à toi ô grand Matt.

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