S'il est un mouvement musical qui fut une réussite (si si) durant ces années 80 maudites, c'est peut-être le thrash métal de californie, le Bay Area Thrash.Tout courant a ses hérauts, ses héros, et ses oubliés. On peut dire que le Thrash nait sur la Californie au début des années 80 et qu'il s'émancipera au même rythme que son groupe phare : Metallica. Disons une première partie de 1982 à 1985 : les prémices, la dépose des brevets, l'exaltation, et une seconde de 1986 à 1989 : la renommée, les ventes, l'exploitation du genre. Après c'est fini, le trash est balayé, notamment par le grunge, (de toutes les façons il n'a plus rien à donner -surtout pas Metallica-). Le carré des mentors aurait pu être une quinte, mais comme toujours dans l'histoire de la musique il existe des groupes qui ratent la marche, qui sont destinés à rester dans l'ombre. Exodus fait partie de ceux là. Dès les premiers soubresauts du trash il est pourtant là, tellement présent d'ailleurs que lorque Hetfield & Ulrich décident peu de temps avant la sortie de Kill'em All (1983) de se séparer de Mustaine (qui part fonder Megadeth), c'est Kirk Hammett de chez Exodus qu'ils embauchent (probablement pas le meilleur des choix d'ailleurs, Kirk Hammett étant à mes yeux l'ennui fait homme).
Destabilisé le groupe va accuser un retard qu'il ne rattrapera jamais, condamné à jouer les seconds rôles. Jusqu'en 1989. Car en 1988 c'est la consécration du style, Metallica a sorti And Justice For All dont le clip de One tourne en boucle sur MTV ; Slayer a réduit sa vitesse et joue sur la lourdeur de Lombardo pour dégainer South Of Heaven. Megadeth a placé tous les atouts dans sa manche en reprenant Anarchy in the UK sur So Far So Good ...So What. Le genre obtient une audience énorme. Exodus s'engoufre sur l'opportunité et, coup de chance, pond son meilleur album : "Fabulous Disaster". Il récupéra ainsi assez rapidement une reconnaissance qu'il aurait du posséder plus tôt. Jusqu'à Pleasures Of The Flesh (1987) c'est Paul Baloff qui tient le micro, sur Fabulous Disaster il laisse sa place à Steve "Zetro" Souza, c'est une différence fondamentale. Trop jeune probablement au moment de la mort de Bon Scott, il est le chanteur qu'il aurait fallu aux frères Young. Le grain de sa voix, ses intonations : la similitude avec Bon Scott est frappante. Ce n'est donc pas un hasard si l'on va retrouver une superbe reprise de AC/DC (Overdose) sur le disque (bien mieux que le Let There Be Rock de Onslaught). Mis à part les solos de guitares, rien n'a veilli dans cet album. Les compositions sont inspirées et certaines ambiances originales : le bayou de Cajun Hell ou Low Rider (tous les deux excellents, Low Rider étant une reprise de War). J'ai lu quelque part au sujet de cet album : "Lynyrd Skynyrd rencontre Metallica" , c'est terriblement vrai. Globalement 20 ans après le son compact est toujours bon. Il n'a pas veilli contrairement à la plupart des albums de Metallica et consorts. Et même s'il est arrivé un peu tard, Fabulous Disaster est peut-être l'un des tous meilleurs albums de trash. Le groupe ne reproduira pas un tel objet et sera très rapidement englouti par l'oubli, aidé en cela par le ratage certains de Impact Is Imminent l'album suivant et la fin du mouvement thrash. 4 poin sur 5
extrait : Overdose (reprise de AC/DC, Let There Be Rock)
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