J’attendais l’album de Distorted avec impatience, et pour cause : je ne connaissais rien de ce groupe israélien nouveau venu, je n’en avais jamais entendu une note, je ne savais même pas qu’il existait il y a six mois. Non que je sois VRP chez Alzheimer Prods. Mais une news sur le site du label Bad Reputation annonçait un album à rapprocher de Dark Tranquillity, combo fondateur, avec At The Gates, du death-metal mélodique, au début des années 1990. Un style qui s’est depuis épanoui avec In Flames ou Soilwork. Or, The Gallery, l’album phare de Dark Tranquillity, figure dans mon panthéon personnel.De ce poin de vue, Distorted ne m’a pas déçu : je n’ai jamais rien entendu qui ressemble plus à The Gallery que ce Memorial. Lors d’un blind-test, j’aurais sans doute juré qu’il s’agissait d’une démo cachée de DT. A ceci près que Distorted alterne presque à égalité une voix féminine mélodique et un chant death gorge-profonde, alors que Anne-Marie Larsson n’intervenait qu’à deux courtes reprises sur The Gallery entre les hurlements de Mikael Stanne.
S’il est très difficile d’aborder ce disque de Distorted avec une oreille vierge, il faut néanmoins lui reconnaître de belles qualités pour un premier essai (tout de même précédé par trois démos), notamment des compositions assez accrocheuses, qui distillent caresses et coups de pieds au cul avec un égal entrain, ainsi que des riffs bien sentis, entre odeur de heavy traditionnel et relents de dessous de bras poilus.
Pas de quoi crier au génie, mais assez convaincant pour vous conseiller une écoute sur le site du groupe si vous souhaitez entamer des négociations avec le death mélodique sans trop vous faire violence… et/ou attendre de voir ce que donnera le successeur de Memorial. Avec une urgence pour Distorted d’ici là : trouver sa personnalité.
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