
Quelle belle queue !, pensé-je en arrivant sur le boulevard de Rochechouart à 18h20 pour cette soirée hard-heavy-metal. Une queue qui s'étend sur le trottoir et remonte à la perpendiculaire. Et c'est dans un Elysée-Montmartre en grande configuration (c'est-à-dire sans le rideau de séparation qui signe les affluences non rentables) et déjà presque rempli pour la venue de EDGUY, ANDRE MATOS et HEAT que ces derniers démarrent leur set, peu après 19 h.
HEAT se la joue entre glam et hard FM. Son backdrop : avion sur soleil couchant, palmier et chevalet d'extraction de pétrole. Mais Heat vient bien de Suède, pays d'adoption des ha(sa)rdeuses années 80, et affiche deux guitares, un clavier et une bassite (en t-shirt Whitesnake) aussi féminine que Nikki Sixx à l'époque de Shout at the Devil (Motley Crüe). L'un des gratteux a pris des cours de poses avec Jannick Gers (Iron Maiden), et le crieur -stetson blanc de rigueur- des cours de chant avec les couilles du chat de Vran. Cela s'écoute et se déhanche gentiment, et le public semble déjà dans de bonnes dispositions.
ANDRE MATOS bénéficie toujours de la popularité qui fut celle d'Angra en son temps. De blanc chemisé, de noir redingoté et chapeauté, et de cuir moule-burné, le chanteur brésilien est acclamé à son apparition. Son groupe, oeuvrant dans un heavy-speed mélodique réhaussé de claviers et surélevé par la voix hautement perchée de son leader, sonne bien plus heavy que je ne m'y attendais. Andre "Zaza" Hernandes, les fidèles Luis et Hugo Mariutti (basse et guitare), ainsi que l'étonnant batteur Eloy Casagrande, qui dépasse à peine de son kit du haut de ses 17 ans mais cogne comme un sourd, assènent les titres façon congrès de forgerons qui vont rater leur train. A peine le clavier de Fabio Ribeiro parvient-il à amener un peu de douceur.
Andre Matos, tout sourire, ne cesse de jouer avec le pied de micro, fait participer un public qui ne demande que cela ("Vous êtes le meilleur public du monde", balance-t-il. Est-on censé y croire ?). Le Brésilien a compris qu'il devait jouer l'ouverture pour convaincre, sa carrière solo étant encore trop récente pour soulever les foules. Nothing to Say (Angra) vient à point nommer les galvaniser, suivi par Separate Ways, une reprises de Journey sorti sur la version japonaise de l'album Time to be Free, et un autre titre d'Angra, Lisbon.
Matos et son équipe, qui n'ont certes pas le statut de tête d'affiche mais dépassent largement le stade de la simple première partie, sortent de scène sous les vivats, le public chauffé au rouge. Mais ce n'est encore rien comparé au triomphe que va s'offrir EDGUY pour sa première date à Paris depuis trois ans. Y a-t-il un titre où le public n'a pas tapé dans les mains, crié, chanté les refrains ?
Le groupe se montre rodé comme une grosse cylindrée bavaroise, délivrant son heavy metal cavalcadant à toute allure. Tobias Sammet taquine et plaisante entre chaque morceau. Le chanteur et compositeur teuton a du répondant. Il ressort sans doute les mêmes blagues à chaque concert, mais ça marche. Surtout que le public est d'humeur guillerette et, bien entendu, lui renvoie en choeur la fameuse Marche des gendarmes quand il demande aux spectateurs ce qu'ils veulent entendre (un titre qu'Edguy a fait "l'erreur" d'enregistrer comme CD bonus français pour l'album Mandrake). Alors oui, quand il explique que leur dernier-né, Tinnitus Sanctus, est un affreux album commercial parce qu'ils sont bien obligés de mettre de l'essence dans leurs grosses bagnoles, ou qu'il annonce qu'il va faire le plus beau "Wooo-hhooo" de sa carrière", on galope !
Surtout, la voix de Sammet s'avère impressionnante, y compris quand il cavale d'un bout à l'autre de la scène, c'est-à-dire quasiment en permanence. Au point que je me suis demandé s'il ne chantait pas en playback. Le démenti est arrivé dès le deuxième titre, le chanteur démarrant trop tôt son couplet. Côté setlist, n'étant pas expert ès-Edguy, je vous laisse sur votre faim. Au contraire du solo de batterie (même si le public participe), qui m'a vite gavé. J'avoue aussi que le concert m'a un brin lassé sur la longueur. Ces types sont affûtés, ils s'éclatent sur scène, le public est aux anges, les refrains à reprendre abondent, mais une certaine linéarité musicale est indéniable (là, je vais me faire assassiner par les fans), peut-être plus que sur album.
Heureusement, l'énergie du groupe et sa bonne humeur emportent le morceau. Sammet semble même étonné par ce succès facile, au point qu'il en sombre dans la démago ("Je voudrais revenir ici tous les ans pendant vingt-cinq ans", affirme-t-il, avant d'annoncer peu après qu'on ne reverra pas le groupe avant deux ans à Paris). Mais je dois me faire un peu vieux pour les communions heavy-metal depuis que je suis tombé dans le Drive-By Truckers.
A kro by Catfish
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Hier soir, avait lieu à l’Elysée-Montmartre, un concert que j’attendais avec impatience. A l’affiche, trois groupes : H.E.A.T., André Matos et Edguy. Arrivé à 18h30, je m’attends à être en retard mais ce n’est pas le cas. A l’extérieur, les gens s’amassent devant l’entrée et je décide d’éviter la queue qui s’allonge le long d’une rue perpendiculaire, en grugeant. Non je ne suis pas civilisé comme garçon et pis bon, c’est un concert de Heavy Métal. Faut pas déconner ! Après dix minutes d’attente dans le froid, je monte les escaliers pour pénétrer dans la salle, je me commande une bière puis je squatte en attendant les prémices.
Le show démarre avec H.E.A.T., groupe suédois descendant direct d’Europe version Hairspray. Rien de plus pour balbutier de rire et se foutre des mimiques du guitariste aux dents blanches comme sa guitare. Le moment est agréable et bonenfant, tellement je ne les prends pas au sérieux. Malgré leurs compétences vocales et musicales, la parodie était trop énorme. Aaah ! ce son de synthé et ce mouvement du cuir chevelu.
Mais ce n’est pas eux que je suis venu voir, voilà mon moment tant attendu. Andre Matos et ses acolytes brésiliens montent sur scène. Première impression, le Dédé se nourrit bien, tout comme son ego, mais c’est la première fois que je vois le bonhomme. En effet, je n’ai jamais eu l’occasion de voir le Angra de Holy Land ou bien de Angels Cry. Je ne pouvais donc pas me contenter d’un concert de Angra à la Edu Falashi, du 17 février 2005 à Rennes. Il fallait que voir l’original, celui de mon adolescence. Et puis les membres du groupe, dont les frères Mariutti, n’ont pas vraiment changé depuis.Ces 45 minutes n’ont été que du bonheur. Si on a pu entendre les titres de son dernier album solo, nous avons eu la chance de ré-entendre Nothing to Say et Carry On. Mon moment à moi de la soirée. Clin d’oeil au batteur de 17 ans qui a un bel avenir devant lui.

La soirée continue et la tête d’affiche que la majorité du public attends, moi moins que les autres, est enfin là. Edguy et son chanteur Tobias Sammet, chapeau et lunettes, envois la sauce. Les chansons défilent et au final, se ressemblent toutes. Avec le recul, j’ai beaucoup aimé ce groupe mais avec le temps, je me suis lassé de ce heavy bateau et prévisible. Je pense avoir bien fait en m’arrêtant avec leur album Hellfire Club. Je ne retiendrai qu’une chose : non pas la "pussy song" mais la bonne humeur de ces messieurs et l’alchimie avec leur public. Car même si musicalement, je n’étais pas là, il faut saluer leur simplicité. Ces Allemands ne se prennent pas au sérieux et m’ont fait décrocher plusieurs sourires avec leurs blagues. Après tout, c’est peut-être ça leur point fort. Mais mon meilleur souvenir restera leur apparition au Hellfest 2007 où, avec quelques verres, je mettais retrouver à faire la chenille sur Lavatory Love Machine. That’s rule guy ! Heavy Metal Forever !
Kro et photos by Vran
http://www.edguy.net/ www.myspace.com/edguy
www.andrematos.net www.myspace.com/andrematossolo
http://www.heatsweden.com/ www.myspace/heatsweden
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