
C'est une grande boîte – parcourue de brises de voix pleines – remplie d'autres petites boîtes, de 16 petites boîtes . Chaque boîte est remplie d'un sable énigmatique à se couler au fond de l'oreille. Pâle ou multicolore, insaisissable jusqu'à la liquéfaction, le son se fait parfois plus concret. Ou alors ce sont des oiseaux empaillés de psychédélisme qui passent par là ; de l'Est à l'Ouest, ou dans un vaisseau spatial verdoyant. L'espace n'est délimité que par ces bornes: partout/nulle part. Ambient. Touches de pianos si simples, vers l'inquiétude. Cloches et nappes nettes ou plus liquides.
Susumu Yokota a des tentacules plein la tête et les doigts, il les fait travailler depuis vingt ans, de la House des dancefloors à l'Ambient, de son Japon, imprégné à l'évidence de tant de musiques contradictoires (classique, exotica, musiques traditionnelles, musiques de films, kitsch divers, minimalisme, pop, drone, psyché...). Au bout d'une recherche Internet vous trouverez à coup sûr le nom Sakura (2000), titre de son album unanimement acclamé, aux lignes claires, étranges à force d'être si claires.
Un autre homme de son pays pourrait lui être associé: Nobukazu Takemura (malgré ses visions plus ludiques), un peu comme s'ils vivaient dans le même rêve aux frontières (si floues pour eux) de l'acoustique et des machines, ou sur le même continent bizarre, plein d'animaux précis et de petits robots fantômes. Les mécanismes aussi morts que vivants de l'album Grinning Cat (2001), vous seront également recommandés ; ce Grinning Cat qui interroge, comme ce Kaléidoscope : est-ce un rêve au bonheur diffus, ou un cauchemar sans ombre ?
Site Officiel de Susumu Yokota
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