Mes chers amis, écoutez-moi. Aujourd'hui n'est pas un jour comme les autres puisque figurez-vous que j'ai décidé de vous raconter une histoire. Une bien drôle d'histoire, dont la vérité est aussi fausse que si elle était faussement vraie, ce qui tombe à pic puisqu'en fait elle s'avère vraiment fausse. Mais lisez plutôt....
Il était une fois, par un matin sans lune (un matin comme tous les autres donc), une paisible petite famille d'instruments acoustiques douillettement nichée au coeur d'un paysage bucolique. Désireuse de s'affranchir un peu de la dernière tendance, elle décida de partir quelques jours à la ville.
Pendant ce temps, de l'autre côté de la route, la famille Machine, effervescente et sans arrêt sur le qui-vive, décida quant à elle qu'un peu de repos rupestre lui ferait le plus grand bien.
Fortes de leurs motivations respectives, chacune des deux familles emprunta alors les chemins de traverses, la joie scotchée à l'os frontal, en route vers leur eldorado d'un jour.
Mais alors que tout semble si merveilleux dans cette absurde historiette, voilà qu'au beau milieu du chemin, les deux familles, trop distraites pour être attentives (vive le pléonasme), se percutent de plein fouet, tels des moucherons fraîchement nés sur un lampadaire en pleine action.
---> Chblompf !
Et du miracle de la vie jaillit alors une drôle d'entité nouvelle appelée comme par hasard Serendipity, produisant une musique gorgée d'humour, de fraîcheur, de tendresse, d'audace, à mille années lumière de tout hermétisme.
Un peu comme si Art Zoyd retirait sa longue cape noire pour revêtir le dufflecoat multicolore de Siluetes 61. Celui-ci (le dufflecoat), doté de moult poches, lui permettrait alors de passer au bazar du coin pour se munir d'un tas de petites bricoles ludiques avec lesquelles il pourrait produire une kyrielle de cliquetis, de schplopfs, de cracs, de gzzzzz et autres crrrrr.
Accoutré de la sorte, il irait alors rencontrer son ami rigolo Didier Malherbe encore en pleine période Fetish, sans oublier de choper au passage un des hurluberlus de Matmos nanti de sa gouaille électro-bizarro-débridée.
Tous ensemble, ils deviendraient alors le Henry Cow du 21ème siècle et prendraient le chemin des studios pour faire un peu de musique. Mais comble du hasard, alors qu'ils enregistreraient, la fenêtre aurait été laissée ouverte. Du coup, il ne faudrait pas s'étonner si sur les bandes, on pouvait entendre passer des bicyclettes en roue libre, des cris d'enfants, des bribes de voix, des cloches qui sonnent et même figurez-vous, un chat nommé Darwin miaulant comme s'il avait avalé un tampon Jex tout cru.
Bref, on entendrait la vie au milieu de la musique.
Seulement voilà. Tout ce que je vous raconte au-dessus est au moins aussi approximatif que l'homme
de Tristan Tzara qui a donné son titre à l'album et du coup, vous voilà bien avancés, puisque vous ne savez pas que ce disque est le fruit du travail de Daniel Palomo Vinuesa et des membres du collectif Serendipity, pas plus que vous ne savez que cet album est un véritable calisson d'Aix pour les oreilles. Un vrai bonheur de gourmet dont les multiples saveurs s'écoulent dans vos tympans comme une bille dans un roulement.
Et d'ailleurs si vous ne me croyez pas, allez donc faire un tour par ici :
Et d'autre part, vous ne subirez plus les saccages du MP3 et pourrez profiter pleinement de la prise de son limpide qui forme le plus beau des écrins à cette joaillerie fine et permet de cerner chaque détail de ce très chouette travail d'Artistes.
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