![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | On n’en finirait plus d’énumérer les disques maudits qui n’obtinrent pas le succès qu’ils auraient pourtant mérité. Cependant, certaines injustices flagrantes peuvent espérer un jour être corrigées ou redressées. (thiad, vendredi 13 octobre 2006 , chronique de Hampton Grease Band) Cette citation, désormais entrée dans l'histoire poinpoine, prend une fois de plus toute sa dimension ici. En effet ce n'est pas pour rien que les Good Rats, non sans l'humour qui les caractérise, se définissent eux-mêmes comme "the world's most famous unknown band" sur leur site. Ils sont un peu ce que l'on appelle "culte" : tout le monde les connait mais personne n'achète leurs disques, ni même ne connait leur musique. Ils font un peu partie du paysage, ayant assuré les premières parties de monstres tels que Kiss, Journey ou Styx, ceux pour qui on s'écrit "mais oui, bien sûr, les Good Rats !" quand quelqu'un tout à coup par hasard prononce leur nom. Créé en 1965 dans la banlieue de New York par les frères Marchello (Peppi au chant et Mickey à la 6 cordes), ce n'est que 4 ans plus tard que le 1er album éponyme (une petite folie parfois assez Mothers-Of-Invention-Bonzo-Dog-Bandesque) voit le jour, dans l'indifférence générale. L'année 69 étant propice aux tête-à-queues, le groupe finit dans le caniveau. Mais, s'il en faut plus pour donner aux rats dégout, il leur faudra malgré tout 5 ans pour refaire surface avec leur 2ème premier album. Effectivement "Tasty" n'a que le nom de groupe et les frangins Marchello en commun avec son prédécesseur. Il a toutefois aussi à peu près le même destin : 8 jours après sa sortie il est retiré de la vente pour de sombres histoires de contrat, les exemplaires restants étant purement et simplement mis au pilon. Il n'est donc guère étonnant que, suite à un tel nouveau coup du sort, les rats fissent tollé. Aussi, ils décident de créer leur propre label (Ratcity Records) sur lequel "Tasty" ressortira en 1978. Fort heureusement d'ailleurs car il eut été incroyable que leur meilleur album soit aussi le plus méconnu. D'aucuns lui préfèrent le suivant : "Ratcity In Blue". La polémique n'aura pas lieu, car je pense que l'échelle de ses valeurs personnelles est un peu faussée par l'ordre dans lequel on découve les albums d'un groupe. Pour moi ce fut le jazzy "Tasty", pour d'autres le plus arrangé "Ratcity In Blue", mais pourquoi ne pas y rajouter le plus brut "From Rats to Riches" : ces trois-là sont largement au-dessus du lot et préférer l'un ou l'autre pour une ambiance ou parce qu'un titre fait la différence (sa différence) n'a pas de quoi déclencher pour autant une guerre intestine au fan-club. Et que trouve-t-on donc sur ce si bien nommé "Tasty" ? Un cocktail détonnant, où la mélodie, le rock, le jazz et le swing se sont donnés rendez-vous dans une orgie grandiose, le tout épicé par l'humour et la bonne humeur qui semble inébranlable chez ces 5 rats d'auteurs. Joe Franco à la batterie, Lenny Kotke à la basse et John (the Cat) Gatto à l'autre guitare sont les compagnons de jeux des frères Marchello. Les textes des chansons évoquent tour à tour Gerschwin et l'incompréhension dont sont victimes les musiciens, Amy Fisher, les années 30, le politiquement correct ou encore un hommage aux ex-musiciens du groupe, le tout souvent avec un humour et une dérision jouissifs. Musicalement c'est la fête : comment ne pas taper du pied, dodeliner, claquer des doigts et chanter en choeur les refrains de Peppi ? Dans la Grande Histoire du rock, l'archéologue ne pourra s'empêcher de classer les Good Rats au rayon hard-rock (c'est fait, le gros mot est lâché, et déjà 50 internautes viennent de quitter poinpoin). C'est stupide mais il y en a que ça rassure de savoir où ils ne vont pas mettre les pieds : comme ça, d'entrée ils peuvent dire "j'aime pas" sans même avoir écouté. C'est quand même pratique ces étiquettes, finalement ! Et que veut dire hard-rock aujourd'hui quand on évoque les groupes des années 70 ? Y'a-t-il un quelconque rapport entre Deep Purple et Machine Head, au hasard, si ce n'est le nom ? Parle-t-on encore bien de la même musique ? |
Non, chez les Good Rats on peut parler de rock, fort certes car il y a de l'énergie, mais de hard, c'est allé un peu vite en besogne. Surtout sur cet album qui flirte quand même beaucoup avec le jazz : du rock jazzy pour être plus précis, pas du jazz-rock. Nuance ! Leur démarche est un peu celle de Queen pour vous donner une idée. Mais un Queen plus rauque, plus (d)roll, bien moins arrangé et pompeux, plus particulièrement celui de "New Of The World" (*), spécialement sur cet album. Au moment même où j'écris ces mots, il me vient une idée : et si Queen avait justement beaucoup écouté "Tasty" avant d'enregistrer "News Of The World" ? L'ambiance jazzy, le blues swinguant des années 30, le peaufinement des mélodies, les guitares qui tout à coup s'emballent et deviennent rageuses : tout est là ! Et puisque l'on parle de jazz, les 5 ou 6 morceaux vraiment dans cette ambiance l'emportent largement sur les 4 autres d'un rock plus convenu. Le morceau-titre fait quant à lui le lien entre ces 2 facettes de l'album : toute la philosophie musicale des Rats y est résumée, du texte à la musique (cf plus bas) : la technique n'est rien si tu n'as pas le petit quelquechose en plus, le feeling, le coup de patte, le côté "tasty", quoi ! Le titre commence groovy et jazz, monte progressivement en puissance, chaque instrument apparaissant au moment où il est invoqué, et se termine en furie rock'n'rollesque, un régal. Une véritable leçon de feeling ! A ce titre il devrait être enseigné dans toutes les bonnes écoles de musique en lieu et place de la masturbation de manche ! Suite à ce désastre économique, malgré la dératisation, ils vont enchaîner 3 albums sur leur propre label mais en laissant de côté la petite touche jazzy : je vous en parlais plus haut, "Ratcity In Blue" et "From Rats to Riches", suivis de "Birth Comes To Us All". Ce dernier fut enregistré dans le studio des Who, avec un grand orchestre sur certains titres mais le résultat est vraiment trop aseptisé et poppy pour être intéressant. Le tout sera ponctué par le magnifique double-live "Live At Last" en 1979. Malheureusement ils vont y laisser des plumes (ce qui, pour des rongeurs, est quand même assez fort !) et devant un tel rythme et si peu de reconnaissance c'est la débandade. Gatto et Kotke quittent le groupe, remplacés par Bruce Kulik (futur Kiss) et Schuyler Deale. Peppi Marchello continue d'être seul aux manettes, l'ennui est qu'il a perdu toute inspiration. "Great American Music", avec sa pochette parodiant la fameuse photo qui servit de propagande patriotique pendant la seconde guerre mondiale, débarquant en 1981 est bien pâle. C'en est fini, vous avez une idée à ce moment précis de l'encéphalogramme des rats : plat, plat ! (Celle-ci je sais, fallait oser !). Pourtant Peppi est un tenace et 15 ans plus tard ses fils ont grandi : le 1er joue de la guitare et le 2ème de la batterie. Les Good Rats renaissent et "Tasty Seconds" voit le jour. Titre ma foi fort peu judicieux car il n'a que peu à voir avec son illustre prédécesseur, se rapprochant plus du rock passe-partout de "Great American Music". C'est peut-être pour cette raison qu'il sera rebaptisé "Cover Of Night" lors de sa brève distribution de ce côté-ci de l'Atlantique par le label italien de rock FM Frontiers en 2000. 10 ans plus tard, le groupe tourne toujours, sans nouveau disque, si ce n'est un projet parallèle nommé Dum, avec un seul album, "Play Dum" (2002), à la pochette très poinpoinesque. Rien ne semble vouloir altérer la santé et la bonne humeur de ce vieux Peppi. Il est de toutes les fêtes, jouer est son truc, n'importe où, une sorte de réponse au pub-rock anglais. Il se propose même de venir jouer à domicile pour animer vos soirées. Dingue, non ? Il suffit qu'à son micro Peppi collat pour que la musique des Rats tonnent ! Schblong !!!!!!!!!!!!!
RAAAATS LOVELY !
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![]() | TASTY (an arrogant guide to being a good musician) We had a flyin' guitar man, Maybe the fastest in the land But he was goin' nowhere fast Speed ain't nothin' without class He couldn't play tasty, oh no, Tasty like this man, yes Tasty, tasty, ain't it time we mellow out. We had a man named Crazy Art, He overplayed his bass alot We had to kick him in the pants His fingers moved like Vitus' dance He couldn't play tasty, oh no, Tasty like this man, yes Tasty, tasty, ain't it time we mellow out. We had a drummer name of Joe, He played so fast we let him go He ran away with all our songs Now he's in school where he belongs He couldn't play tasty, oh no, Tasty like this man, yes Tasty, tasty, ain't it time we mellow out. We got some tasty harmony, Sometimes there's two, Sometimes there's three We like to sing it now and then, Mostly we save it til' the end We're gonna sing tasty, oh yeah, Tasty like this, now ! We love to play that rock'n'roll, Man it's the only way to go A drummer, bass and two guitars When you play it tasty you'll go far We're gonna be tasty, oh yeah, Tasty like this man, yeah Tasty, ooh, tasty, ain't it time we mellow out. (Paroles et musique : Peppi Marchello) |
POST SCRIPTUM
(*) Désolé, mais même ici sur poinpoin, j'ose affirmer que "News Of The World" est une petite merveille. Bien sûr ses 2 morceaux d'ouverture sont aujourd'hui totalement galvaudés : le 1er sert à nous vanter les bienfaits de boire une marque d'H2O, l'autre retentit chaque fois que 11 milliardaires en short réussissent l'exploit de gagner un match devant une foule de fanatiques prêts à partir en guerre si un de ces zizous zazous leur demandait. Sans dériver vers une chronique de cet album, passé ces 2 titres désormais inécoutables sans indigestion, il faut quand même être un peu objectif sur la qualité et la diversité de ceux qui suivent, du jazz au blues via le rock le plus endiablé. Attention, je ne fais pas l'apologie de Queen. Ce n'est pour moi qu'un groupe parmi tant d'autres qui a commis aussi de sacrés méfaits ... mais cet album, merde !
Aujourd'hui le "vrai" connaisseur en rock crache dessus uniquement parce qu'il rejette tout ce dont "on" parle. Dans 20 ans, quand tout le monde aura oublié Queen, il trouvera ça génial ! Lui, il est tellement pur et dur qu'un truc reconnu par la majorité du public est forcément une daube. Une telle attitude me fait tout simplement chier et je trouve ça tout aussi petit d'esprit que ce qui consiste à n'aimer, à l'inverse, que ce dont les medias veulent bien nous abreuver. C'est quand même à son ouïe personnelle de faire le tri sans aucune autre forme de considération parasite. Le mythe du génie incompris, maladif, torturé, solitaire et suicidaire me casse un peu les couilles. En gros, si on est bien dans sa peau, bien dans sa vie et exempt de problèmes existentiels, ordinaire en sorte ... et bien il faut quasiment en avoir honte et nous abattre !
Re-désolé, c'était ma petite montée de fièvre ...
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