Golden Earring aux Pays-Bas est une institution qui oeuvre depuis 1964 : pour avoir une idée de leur popularité imaginez vous qu'en France nous avons ... hum ... Johnny Hallyday ! Ils deviendront même d'éphémères stars mondiales en 1973/74 avec le tube « Radar Love », titre encore souvent présent dans les compil 70s et que l'on peut entendre également dans ce monument (interprétez le terme comme bon vous semble) qu'est le film "Wayne's World 2" !
Le Rockpalast est en Allemagne lui aussi une institution depuis 1974: de petite émission de télé où les groupes de rock jouent live elle va connaître son apogée à la fin des 70s et au début des 80s avec la diffusion en Eurovision de ces nuits à Essen avec en général 3 ou 4 concerts à chaque fois, diffusions qui m'ont éveillé un peu tardivement (15 ans) au rock: je me souviens encore de la première en 1979 avec J.Geils Band, Johnny Winter et Patti Smith, une lumière divine en quelque sorte. Pour les jeunots, figurez-vous qu'en plus on se plaignait déjà à l'époque de l'absence quasi-totale de rock à la télé : incroyable, non ?
Et miracle, la ZDR a entrepris de ressortir en DVD tous ces fabuleux concerts: une bonne vingtaine sont déjà disponibles dans à peu près tous les styles, de Rory Gallagher à Jack Bruce, en passant par Nils Lofgren, Mitch Ryder, Roger Chapman, Mother's Finest... etc...
Pour l'histoire de Golden Earring on verra plus tard, voilà un tout petit résumé : après s'être adonné au buble-gum sous-Beatles à ses débuts puis au rock baba-hard à l'aube des 70s, le groupe va de plus en plus lêcher ses albums et truffer sa musique d' ambiances, de cordes et de cuivres. Tant et si bien que de 1973 à 1977, ce ne sont pas moins de 4 chefs d'oeuvre ponctués par un double live qui vont sortir, avant de retourner à un rock hard beaucoup plus basique, puis de sombrer dans une certaine facilité/recherche du hit jusqu'aux 90s, c'est à dire jusqu'aux albums Bloody Buccaneers et Face It qui vont sérieusement redresser la tendance. A noter également, c'est plutôt rare, que les 4 gars sont ensemble depuis 1970 (un record ?), avec un passage à 5 de 1975 à 1978 en la personne du guitariste bluesy Eelco Gelling (ex-Cuby & The Blizzards).
Retour en juin 1982 quand ces 2 institutions se rencontrent : le groupe vient de sortir son deuxième double-live et travaille sur l'album Cut qui va marquer une nouvelle mutation dans sa musique. Pourtant le concert est tout à fait dans l'esprit de Second Live, une vraie tuerie rock, notamment les 5 premiers titres. Le public leur fait un véritable triomphe, leur « imposant » même des rappels non prévus (mais ceci est un peu récurrent au Rockpalast: pour vous en convaincre jeter un oeil sur celui consacré à Thin Lizzy ). Au milieu des classiques, 3 nouveaux titres vont être joués en avant-première ainsi que « Leather », titre plutôt rare de l'album mal aimé de 1978, Grab It For A Second, et « I Need Love » de 1976, alors introuvables en live. Rien que du bonheur.
Des bémols tout de même. D'abord le son et surtout le chant pas terribles sur « Candy's Going Bad » qui ouvre le concert. Cela s'arrange par la suite. « Future », alors en gestation, est un peu pénible et passera beaucoup mieux sur Cut. Enfin c'est regrettable, il n'y a aucune communication entre le groupe et un public qui lui était pourtant tout acquis. Surprenant de la part du chanteur Barry Hay, véritable bête de scène. Pour le reste, si vous aimez le rock brut de décoffrage, un rien hard mais classieux et mélodique, ce concert devrait vous ravir.
Voilà, 4 mois plus tard sortira Cut dont le single « Twilight Zone » va de nouveau atteindre les sommets, plus modestes toutefois que "Radar Love" mais le clip passera quand même aux Enfants Du Rock. Malheureusement il marquera aussi la fin des 10 glorieuses de Golden Earring, créativement parlant. Il faudra en attendre pratiquement autant pour que ressorte un album intéressant.
Privé d'images pendant bien longtemps, si ce n'est les avoir vus en concert en 1993 aux fins fonds des Pays-Bas (on parle quand même d'un de mes 3 groupes ultimes, là !), l'avènement du dvd rattrape aujourd'hui le coup, il en sort à la pelle : les 3 Naked (les concerts acoustiques), The Devil made us do it (les clips), Milbrook USA (le film sur l'album du même nom chroniqué par dk dans Crossroads), Last Blast of the Century (1 live du 31/12/1999) et dernièrement Live from the Twilight Zone (live 1984). Malheureusement aucun de la grande époque des 70s.
Quant au Rockpalast vous pouvez consulter les archives intégrales sur www.rockpalastarchiv.de : vertige assuré, et faillitte aussi si tout sort en dvd !
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