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Home Dressez vos esgourdes Fourre-tout Scène authentique (Ska)

Scène authentique (Ska)

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 Scène authentique, en cours de Musique, classe de 4ème :

La prof : "On va étudier le Scat."
Un élève : "Le Ska !??! Ouaaaaais !!!"
La prof : "Non : le Scat, Ella Fitzgerald. Le Ska, c’est Madness. "
Sic.
 

Chronique officielle d’Amazon.fr à propos de One Step Beyond, premier album de Madness, en 1979 :

« On comprend aisément que ce disque populaire et bien interprété ait lancé un revival ska, connu sous le nom de mouvement Two Tone ».  Et plus loin sur la même page : « En voilà une musique joyeuse et dansante ! […] Have fun ! ».

Re-sic. La prof de Musique doit faire des chroniques pour Amazon.

Evidemment, ce n’est avec des reprises de chansons de Bernard Menez () que le groupe va dissiper le doute…

Ce qui est vrai, c’est que Two Tone est bien un revival Ska de la fin des 70’s, c’est à dire sous Thatcher. C’est là que les choses se corsent : comment un mouvement, notoirement vu comme une branche du Punk, plus qu’inspiré par la musique des skinheads Jamaïcains du début des années soixante, ayant lui-même vu le jour sous Thatcher peut-il être qualifié de fun ?

J’ajouterai, mais pour un seul lecteur un peu inculte qui se reconnaîtra : non, ça n’a rien a voir non plus avec le zouk.

Alors c’est quoi ? Le mouvement, ou plutôt le label 2-Tone a bien existé, et il en est sorti quelques merveilles, d’autant plus remarquables qu’éphémères, en apparence.

C’est à quel sujet ?

Je voudrais juste parler de ces merveilles et aussi de celles qui en ont découlé. Juste dire à ceux que ça intéresse que ça ne s’est pas arrêté en 1981 et à ceux que ça n’intéresse pas (y’en a encore, à ce paragraphe ?) qu’il n’y a pas que des reprises de Menez dans cette discographie.

Parler donc de la Musique et de ses acteurs. Pour l’histoire du label, les lieux communs sur les damiers noir & blanc, la discographie complète et tout le folklore, il y a Google.

A tout saigneur…

Je vais le faire groupe par groupe, en ne gardant que ceux qui me plaisent et en commençant évidemment par The Selecter, parce que Pauline Black est la plus belle voix,  et la plus belle tout court, de toute cette scène, parce qu’il y a une logique dans la construction et dans la consolidation de ce groupe qui en font un monument, parce que j’aime l’orgue Hammond, et surtout parce qu’ils ne font pas tout ça pour moi, mais pour eux.

Alors qu’écouter d’eux aujourd’hui ? Tout d’abord The Selecter en concert. Ils sont bons, tout bêtement. Et si vous les avez vus à la Boule Noire en juin 2005, sachez que vous avec vu un Selecter en petite forme. Il vous faut la version longue de leurs concerts (avec My Collie à la fin). Achetez par exemple leur DVD, Live In London.

Ou alors procurez-vous un CD comme « Live at Roskilde ». Et puis tâchez quand même d’avoir un album de la première période (avec Arthur ‘Gaps’ Hendrickson au chant).

Les trois éditions « Rare » sont, euuh… rares. Les trois « Trojan Songbook » (1999, 2000, 2001) sont à part, inégaux mais contenant quelques bijoux, et manifestement source d’inspiration pour le groupe.

Le dernier album, Real to Reel (2003), pourrait être parfait. Les 3 dubs à la fin sont de trop, et je n’aime pas trop Monkey’s Uncle. Mais, la quintessence est atteinte avec Keepping the Trees Clean.

Le prochain sort à l’automne 2006.

Entre temps, écoutez un autre groupe : The Selecter Acoustic (comme son nom l’indique) ou Pauline et Nick Welsh jouent unplugged (2 albums en 2002 et 2004). Ou alors 3 Men + Black où elle partage le micro avec Jake Burns (Stiff Little Fingers), JJ Burnel (The Stranglers) ou encore Dave Wakeling (The Beat), Roddy 'Radiation' Byers (The Specials), Rhoda Dhakar (The Specials AKA).

Des noms qui n’ont donc pas disparu de la scène, au contraire.

Neol  Davies, qui a quand même composé l’essentiel des titres du début, s’est ensuite tourné vers le blues, avec Box of Blues. Je connais pas.

Specialités


Ensuite, et bien The Specials, quand même… Si vous avez perdu le fil après le 2nd album (More Specials), que ceux qui n’ont pas compris n’ont pas aimé, sachez qu’il y en a eu un troisième, avec un personnel un peu remanié, appelé In The Studio.

 Puis Jerry Dammers est parti. Et là, il faut parler de Jerry Dammers. En fait, je vais pas en parler car Laurence Rémila, de technikart, l’a très bien fait sur cette page .

C’est triste, hein ?

Pour apprécier le génie, achetez « Stereo-Typical: A's, B's and Rarities » un triple avec tout ce que Dammers a fait de mieux avec les Specials. Sachez qu’il a même joué avec Madness (voir plus bas).

Les autres se sont plus ou moins reformés, pour l’album Today’s Specials en 96, album de reprises (et alors ?) injustement critiqué, mais pas absolument génial non plus. Ils ont aussi fait leurs « Trojan Songbooks » à eux, avec Skinhead Girl (2000) et Conquering Ruler (2001). Pas mal.

Mais j’aime surtout Guilty 'Til Proved Innocent (1998) : solide, cohérent, fidèle. Dans le genre « plus j‘écoute plus j’aime », ce qui ne trompe pas.

Si vous connaissez le Live at Montreaux Jazz Festival (1995), dites-moi ce que vous en pensez.

Les autres membres du groupe ont eu des carrières intéressantes : Terry Hall, bien sûr, avec the Fun Boy Three, The Colourfield, Terry, Blair and Anouchka et Vegas. Je connais juste le premier album de Fun Boy Three, à l’époque, ça valait le coup; aujourd’hui, vous n’êtes pas obligés. Et puis il y a aussi le dernier disque, avec Mushtak : The Hour of two lights (2003). Ecoutez-le, vous me direz si c’est fun…

Roddy Byers leade toujours les Skabilly Rebels et Neville Staple a son groupe (un album : The Rude Boy Returns)

J’ai plus ou moins retrouvé la trace de Horace Panter, avec un groupe appelé Special Brew. Je le trouve génial, comme bassiste, Horace (ah, Nite Klub…).

Mad & not Mad


Au suivant. Allez, je vais réhabiliter Madness, après les méchancetés du début.

Et si : il y a du bon dans Madness. En fait, il y a deux Madness, et le problème est que le grand public n’a pas pris le temps, ou est trop jeune, écoute trop de zouk, ne connaît que Our House.

Bon, le premier album est très bien, j’ai un faible pour Bed & Breakfast Man, que j’écoute toujours à fond. C’est con, mais c’est bon.

Ensuite, il faut l’album Seven, parce que dessus, il y a Grey Day, et que Grey Day, c’est le plus beau titre de Madness.

Et puis dans les raretés ou choses récentes, sachez que le groupe s’est appelé The Madness pendant un album (pas terrible-terrible, 1988), avec Jerry Dammers au clavier à la place de Mr Barso. Ils se sont reformés et ont sorti un album appelé Wonderfull en 2000, qui est très bien. En tout cas bien mieux que les Dangermen Sessions de l’été dernier.

Suggs a fait un album solo The Three Pyramids Club. Bon ok, là, c’est fun.

Ils ont fait un concert à l’Olympia en 2005. Le public était composé à 50% du public du premier Madness et à 50% du public du second. C’était surréaliste (j’ai pas dit fun) : les inévitables cranes rasés et les quadras cadres-sup qui sortaient du bureau. Chacun se demandant ce que l’autre foutait là. Le plus drôle, ça a quand même été de voir les cranes rasés skanker sur Our House, et chanter « in – the – mid – dle – of – the – street » (les autres paroles, ils les connaissaient pas).

Mirror in the Bathroom


The Beat, c’est plus compliqué. Déjà au départ, vous ne connaissez peut être même pas. Ils n’ont, comme Madness, produit qu’un single sur 2-tone, avant Go-feet, leur propre label. C’était Ranking Full Stop / Tears of a Clown, qu’on retrouve aujourd’hui sur pas mal de compils à damiers, style Skyrock – les années Ska…

 On parlait de Thatcher : c’est quand même The Beat qui a sorti un titre appelé Stand Down Margaret. Ca faisait du bien.

Mais après ? un second, un troisième et dernier album, puis la débandade. Ca a donné General Public avec Dave Wakeling et Ranking Roger d’une part (et Horace Panter, cité plus haut), et Fine Young Cannibals avec David Steele et Andy Cox d’autre part.

Bref, pas mal de choses à suivre… mais finalement pas grand chose à dire pour moi, les avatars étant souvent plus connus que l’original.

Et encore ? Il y a eu aussi Special Beat, une sorte de fusion entre les deux groupes, pour 2 albums live. J’ai trouvé par hasard un album solo de Ranking Roger, Inside my Head, sorti en 2001. Pas mal. Enfin, il existe un International Beat, créé par Saxa et Everett Morton, qui a même fait un album qui s’écoute.

Et puis


Je voudrais aussi parler des Bodysnatchers. J’aimais bien les Bodysnatchers ; elles n’ont pas fait d’album mais quelques singles sympas et leur apparition dans le film Dance Craze, qu’on trouve sur eBay. La seule descendance que je connaisse est dans le groupe Big 5, avec John Bradbury (Specials), Martin Stewart & Nick Welsh (Bad Manners, The Selecter), et Jennie Matthias. Il faut avoir leur Live et leur album : Live Jive et In Yer Face.

Et Bad Manners, me direz-vous ? J’ai pas tout compris, je ne sais pas si les 5 ou 6 albums que j’ai représentent 10 ou 90% de leur production. Ca part dans tous les sens. Mais pour une fois que les cuivres ne flinguent pas le ska, on aurait tort de se priver. Essayez Fat Sound, au hasard, avec une reprise du Lola des Kinks bien meilleure que celle de Bernard Menez…

En somme ? Un label qui n’aura pas produit grand chose quantitativement sur le moment, dont l’héritage visible est un ridicule mouvement de nostalgiques avec costards noir & blanc et petits chapeaux Lustucru, mais dont la descendance directe et moins visible mérite franchement le détour.

Un dernier mot sur ce qu’ils ont inspiré : les groupes qui, aujourd’hui, font du « ska 2-tone ». Dans l’ensemble : circulez, y’a rien à écouter. J’ai bien aimé les Skalatones qui ont duré un temps, il faut éventuellement que je réussisse à trouver The Simalators (si vous connaissez…).

C’est aussi bien : çà permet de passer à autre chose.
 

 
Mis à jour ( Vendredi, 19 Mai 2006 15:52 )  

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