ASTRAL QUEST Astral Quest (2003)STONER POP. Question : est-ce possible de faire de la pop song cosmique ? Challenge relevé par Astral Quest dont l'origine française n'a même pas à être évoquée puisqu'elle n'est à aucun moment perceptible durant ce premier opus(cule) (enregistré depuis 3 ans déjà mais dont la (re)sortie rend cette critique quand même pertinente). Si sur l'introïtique "Look At Yourself", on croirait revenu le fantôme, ô combien cher à nos cœurs, de l'Hawkwind era-"Silver Machine", dès "Inside Everybody" (puis sur l'excellentissime "The Crystal Of Life", puis sur…tous les autres), on comprend que Ray Davies sera la principale inspiration vocale et mélodique, par chance le Ray Davies du Something Else, c'est-à-dire le meilleur. Tout y est, jusqu'au petit nasillement victorien de l'organe du maître et surtout jusqu'à ces lumineuses et mélancoliques descentes d'accords dont "Waterloo Sunset" fut le plus éclatant joyau (et dont on retrouve des accents sur "Forever And Forever"). Ayant moi-même fait une fixette, il y a plus de 20 ans de ça, sur les Kinks lors de ma brève tentative de jouer les vocalistes d'un groupe rock (enfin punk), je suis assez touché, et puis aussi un peu vexé, de voir ce trio (et surtout JM Devaux) réussir là où j'ai failli. Il faut dire que le petit quelque chose de Stoner dans la manière d'aborder le défi (voir "Shooting Stars") convient mieux que le punk (même si ATV y était un peu parvenu).
Si je devais choisir un titre parmi la neuvaine proposée, je jetterais mon dévolu sur "Be Free" où le mélange pop-seventies-stoner et psychédélique post-Floydien (celui de Barrett of course) est le mieux emballé et le plus emballant. Dommage toutefois que ce soit parfois un peu mou du coccyx, que le batteur ne fasse pas preuve de beaucoup d'audace dans son soutien rythmique (merde jeune homme, écoutez Ian Paice, Dave Grohl ou Dale Crover) et que, pour tout dire, l'aspect cosmique de la chose soit un peu superfétatoire (on pense à Nektar, dont l'excellence fut empêtrée dans une similaire aspiration intersidérale), enluminure inutile, surtout quand un sitar (digital !!) ou un synthétiseur antédiluvien digne de "Popcorn" est censé lui donné corps. Dommage aussi qu'influence et fac-similé soient parfois confondus, comme sur l'acoustique "Ordinary Man", où Ray Davies pourrait décemment trouver à redire (même chose sur "I Won't Change My Mind"), bien que, tel quel, le morceau est un miel pour les nostalgies matutinales (état d'esprit de votre serviteur ce matin).
Je ne sais pas pourquoi mais je sens que le prochain album de ces quêtes astrales va les mettre définitivement sur orbite, qu'on tient peut être nos Queens of the Stone Age à nous. Rendez-vous est donc pris. Don't deceive.
A RANGER ENTRE SOMETHING ELSE DES KINKS ET VOTRE RAYON STONER
Chronique parue dans Crossroads n° je ne sais plus, année non plus
Avait bénéficié de 3 poin et demi / 5
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