Filth+S/T (version 13 titres comprenant 4 chansons enregistrées en 1982)
Nous choisirons de traiter la version réenregistrée de 1990. J'ai beau aimer l'archéologie, rien ne sert de disséquer un album amputé de 4 titres. Desservi à l'époque par les percussions robotiques, lancinantes et clopinantes du duo Johnathan Kane/ Roli Mosimann (mon premier est un ancien compagnon de route de LaMonte Young et mon second travaillera au côté de Thirlwell dans Wiseblood) et par les guitares d'acier du fidèle Norman Westberg, ce quasi premier coup d'essai apparaît comme un ovni dans le paysage rock de 1983. Personne, en ce début de décennie, ne peut prétendre égaler la lourdeur industrielle des hommes de Michael Gira. Les Melvins n'ont pas encore été atteint par la révélation « MY War » du Black Flag transfiguré et le jeune Broadrick, qui plus tard fondera Godflesh, reste obnubilé par Final, son premier enfant Industriel/ambient
Bizarrement, les Swans n'usent pas du format adopté quelques années plus tard par les chantres du Doom et assimilés, autrement dit des « chansons » de 10 minutes composées par des trisomiques de l'enfer incapable de ressortir plus de deux accords. Ok. Les chansons sont plutôt longues, c'est pas du Grindcore et c'est même pas du Punk et j'ai aucune envie de jouer les mathématiciens soporifiques (ma prose l'est déjà assez) et vous calculer la moyenne exacte de l'album, vous le verrez par vous même, mais les pistes sont de tailles raisonnables et à moins de n'écouter que de la pop putassière et du Metal crétiniste, l'auditeur maintiendra le cap et touchera de l'oreille, avec douleurs toutefois, la toute fin de cet album à la fois médiocre et raisonnablement bon.
Cette ambivalence s'explique via les paroles usant du non dit aussi maladroitement que l'adolescent utilisant sa quéquette pour la première fois et l'homogénéité assommante de l'album. Mais attention, ne tombons pas dans le piège de l'homme naïf découvrant cet album lors de sa sortie, vu la richesse incomparable de la disco des Swans ce premier album est à prendre comme une pure fondation moche mais séminale et historique de l'univers flamboyant des Swans.
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Swans - The Great Annihilator - 1995
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