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Home Dressez vos esgourdes Unsung heroes JOHN KAY - Forgotten songs and unsung heroes - 1972

JOHN KAY - Forgotten songs and unsung heroes - 1972

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 Que cet album entre dans cette catégorie est pour moi une (presque) évidence. Non pas que John Kay soit un chanteur inconnu ou oublié (il fut, je le rappelle, le chanteur de Steppenwolf) mais le titre de l’album évoque assez l’esprit de cette rubrique et du disque.

Dans cet enregistrement J-Kay interprète quelques unes de ses compositions (4) mais surtout celles de grands auteurs/compositeurs américains tels Richard Farina, Hank Snow, Robert Johnson, Patrick Sky ou Hank Williams. Sorte d’hommage est rendu à ceux-ci à travers l’interprétation ou la relecture, somme toute respectueuse, de leurs chansons. Entre folk, folk-rock ou country, J-Kay se ballade, à l’aise dans tous les genres. Il pose sa voix sur des orchestrations à dominante acoustique (même si parfois on entend guitare électrique ou orgue). Many a Mile a des accents de J-Cash (et la voix de Kay est quand même une grande voix du rock). To Be Alive aurait pu appartenir au répertoire de Steppenwolf nonobstant l’importance des instruments acoustiques dans ce titre. Le Walkin’ Blues de Robert Johnson est une magnifique version très roots ; dobro, harmonica, basse et la grosse caisse marquant le rythme. Le dernier titre, Movin’ on, évoque le plus Steppenwolf.

Bref l’album est un hommage rendu à la musique américaine dans ses différentes traditions et il mérite une (re)découverte.

Thiad 

3 poin / 5

 

 Grosse injustice que cet album solo put passer aussi inaperçu à l'époque. Si à l'écoute de For Ladies Only on pouvait se demander si inspiration, authenticité, et probité avaient déserté notre transfuge teuton, ce dernier montre avec cet album qu'il était non seulement toujours un merveilleux chanteur mais aussi un songwriter de grande classe. Il y a dans cet album ce qui fait les meilleurs Neil Young (On The Beach) ou Lou Reed (Berlin), c'est à dire une gravité, une aptitude à gratter le fond de la tripaille souffrante, comme sur le magnifique "Bold Marauder" (une des nombreuses reprises) qui évoque le Jim Morrison de "My Wild Love" et plus largement une danse rituelle Indienne. L'atmosphère de l'album est d'ailleurs acoustique et crépusculaire mais plus veillée d'arme que camp scout. Kay prend son temps, et ne rechigne pas devant de longues plaintes dépouillées comme sur le splendide "Two Of A Kind" qui égale le meilleur Melanie. Le "Walkin' Blues" de Robert Johnston est stonien en diable et, pour une fois, contrairement à bien des imitateurs de Jagger, Kay n'a pas à rougir de la comparaison. La reprise d'"I'm Movin On", sortie en single et qui fit une courte incartade dans les charts, semble avoir servi de modèle au "C'est Un Rocker" d'Eddy Mitchell, ce qui gêne un peu (je n'ai guère d'affection pour ce type) et puis on imagine ce qu'un groupe comme Deep Purple aurait fait d'un riff pareil.

Il faut avouer que si tous ces compliments sont mérités pour la seconde face, la première n'est pas si fameuse que cela. Bien sûr on me dira que si je ne supporte pas des trucs comme "You Win Again", c'est que je n'aime pas le country. C'est un peu vrai mais tout de même, de Neil Young à The Handsome Family, je suis capable parfois d'apprécier ce style, alors que là, ça se traîne autant que l'on peut traîner des savates sur un sol carrelé. "Many A Mile", l'autre reprise de cette face qui ouvre l'album démontre que Kay comptait troquer sa toque lupique et sauvage contre un stetson et un ranch au colorado. Meilleurs sont les deux originaux : "Walk Besides Me", qui serpente avec élégance entre les écueils country grâce à un riff acoustique primaire et efficace. Le chef d'œuvre de cette face, c'est "To Be Alive" qui dégage une fragrance de noirceur et de désespoir assez rare. C'est l'un des meilleurs morceaux, toutes époques confondues, de John Kay. Il n'aurait pas dépareillé sur Monster ou le live de Steppenwolf (ce "Afraid To Die" répété à l'envie), même si l'orchestration reste dans le style dépouillé et acoustique du reste du disque. Une pépite noire à redécouvrir. On omettra charitablement "Somebody" qui parait une reprise déguisée d'un vieux standard dont le nom m'échappe, et on retiendra que bien qu'inégal, l'écrin contient quelques pièces de valeurs qui auraient dû valoir à John Kay un début de carrière solo un peu plus glorieux.

d kelvin

3 poin / 5

 

Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 17:54 )  

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