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Home Dressez vos esgourdes Unsung heroes DUNCAN BROWNE - Give me take you - 1968

DUNCAN BROWNE - Give me take you - 1968

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 Né le 25 mars 1947, Duncan Browne est probablement l’un des artistes anglais les plus méconnus que produisit la période 67-68. De formation classique, son premier instrument fut la clarinette. Mais c’est après avoir vu, dans une émission télévisée, Bob Dylan, qu’il entreprit de jouer de la guitare. Pendant 3 années il suivit les cours à la London Academy of Music and Dramatics Arts. Il y étudia l’harmonie et la composition.

En 67 il rencontre Andrew Loog Oldham directeur du label Immediate (Small Faces, The Nice, Chris Farlow etc.). A cette époque il est membre d’un trio nommé Lorel qui enregistra un single non publié mais la petite histoire raconte que le titre principal s’appuyait sur les mêmes motifs mélodiques, empruntés à Bach, que ceux qu’utilisera Procol Harum pour son Whiter Shade of Pale.

C’est en 1968 que sera publié le premier album de D-Browne intitulé Give me take you devenu depuis un des joyaux du label. En compagnie d’un poète parolier, David Bretton, Browne mélange étonnamment et de manière subtile des éléments pop, folk et classique où la voix douce et soyeuse de Duncan chante des textes d’une facture classique qui doit beaucoup à la poésie anglaise du 19°s.

Commercialement ce fut un échec en dépit des éloges reçus par quelques critiques avertis tel R-Goldstein dans le Village Voice qui décrivit le disque comme « un exemple de rock préraphaélite », se référant à ce mouvement artistique anglais du 19°s qui réactive certains principes de l’art de la renaissance. L’illustration de la pochette renforçant cette impression.

C’est pourtant la musique baroque qu’évoquent les arrangements proposés dans cet album où les cordes sont très présentes et où contre-chants, contrepoints et harmonies vocales sont utilisés sur la quasi-totalité des titres. Duncan Browne fut comparé à Nick Drake bien que ce dernier publia des disques plus folk et plus dépouillés sur le plan instrumental. Là ce qui frappe immédiatement c’est la richesse instrumentale et la complexité des arrangements ainsi que le choix des divers instruments qui renforce le côté baroque.

Le titre éponyme, introduit par des chœurs féminins et la guitare acoustique, débute l’album et d’emblée vous êtes plongés dans une ambiance assez mélancolique, où le temps, soudainement, semble ralentir. Le violoncelle, les harmonies participent à cette langueur qui vous étreint tout au long du morceau pour se résoudre dans quelques accords de harpe qui mènent droit au titre suivant – Ninepence worth of walking.

C’est peut-être sur celui-ci qu’on ressent le plus les similitudes avec N-Drake, ne serait-ce que par la façon de jouer en arpège les accords de la guitare. Le morceau suivant, Dwarf in a tree, emprunte une tonalité jazzy mais les instruments, comme le clavecin, conservent à ce morceau cet aspect baroque que l’on retrouve, somme toute, tout au long du disque.

The ghost walks exprime bien ce côté anglais de la musique et là c’est le Village Green Preservation des Kinks que cela m’évoque. Non pas la musique, résolument folk, mais le climat qui s’installe qui peut faire naître le sentiment d’une « british lullaby » comme a su les chanter Donovan dans A gift from a flower to a garden. Les mélodies immédiatement mémorisables paraissent comme évidentes, un peu comme si elles étaient présentes en vous depuis toujours, comme un trésor caché, enfoui qui se fait jour tout au long de l’écoute. Ecoutez Chloe in the garden et vous ne manquerez pas de vous dire que ce chant, ces cordes, qui tournent autour des arpèges de la guitare, étaient faits pour vous ou mieux, que vous étiez fait pour eux.

On the Bombsite, paru en face A d’un single, très kinksien, fait entendre une section rythmique plus pop/rock et là c’est encore Village Green que l’on peut convoquer, étroitement mêlé aux harmonies vocales des Beach Boys sur God only knows dans Pet Sounds. Les deux derniers morceaux sont des splendeurs. Alfred Bell, dépouillé, aux harmonies subtiles, riches et pourtant, à l’écoute, d’une évidence rare, est paru en face B du single. Et pour clore l’album original The death of Neil – où tous les superlatifs devraient être convoqués pour ne serait-ce que suggérer l’ampleur de ce final étourdissant. Cordes, guitare et de multiples autres instruments se font entendre dans ce dernier titre qui se termine par des artifices de studio comme ont pu le faire les Beatles dans Sgt Pepper (bandes qui défilent à différentes vitesses, à l’envers, et qui produisent une dernière surprise sonore).La réédition cd propose en bonus les versions single des deux titres déjà cités, une demo de On the Bombsite et deux titres parus en 45t sur Bell en 1970, Resurrection Joe et Final asylum.

Chef d’œuvre absolu, oublié et redécouvert depuis peu, Give me take you vous attend depuis de nombreuses années. Si seulement cette période, propice aux redécouvertes et aux exhumations en tous genres de disques oubliés ou négligés par leur époque, pouvait faire que celui-ci soit diffusé généreusement auprès du public…. !!  

 

5 poin / 5 

 

un extrait : Chloe in the garden  

 

 

 

 

Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 17:53 )  

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