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Home Dressez vos esgourdes Noise HOT SNAKES - Thunder Down Under - 2006

HOT SNAKES - Thunder Down Under - 2006

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HSTDUBon, ce show sera donc le chant du cygne de nos serpents chauds si l'on en juge à l'annonce faite sur le site officiel du groupe (voir ici). La formulation de Rick Froberg suggère quelques problèmes entre les membres mais en fait impossible de s'en assurer, car elle reste très lapidaire. C'est à la fois regrettable et souhaitable. Regrettable parce que les Hot Snakes sont (enfin étaient) un immense groupe, l'un des plus faramineux qu'il m'ait été donné d'entendre sur disque ou voir en concert. Souhaitable car lorsqu'un groupe, après 6 ans d'existence, ne décolle pas, commercialement parlant, on ne peut finalement que se désoler et en venir à espérer qu'ils trouvent d'autres moyens de s'exprimer, là où le succès (même marginal) serait un peu plus au rendez-vous (en américain dans le texte).

Bon, il est vrai que Froberg est dessinateur (voir l'annonce d'une de ses récentes expositions ici) et ne comptait sûrement pas accéder à la richesse en assurant la seconde guitare, les textes et les vocaux au sein d'Hot Snakes. Quant à John Reis, ses Rocket From The Crypt étaient certainement projet plus rentable. Mais tout de même, que depuis 1999, si peu se soient aperçus que ces deux là formaient un tandem formidable (un peu de terme désuet ne fait pas de mal dans les chroniques de musiques de jeunes) dont les albums resteront jubilatoires encore dans des décennies, comme le sont encore ceux qu'ils faisaient sous le nom de Drive Like Jehu il y a 15 ans, est assez révoltant.

J'ai fait mon possible pour, dans Crossroads (chronique remise en ligne ici), HS1expliquer comme je faisais de Hot Snakes une sorte de symbole même des motivations à l'origine de mon désir un peu dérisoire d'écrire des chroniques de disques, c'est à dire d'amener le lecteur à découvrir certains groupes honteusement méconnus. Mais il ne faut pas croire une seconde avoir dans ce domaine une influence autre que fort anecdotique. Quoi qu'il en soit, je vais enfin, grâce à cet album, disposer d'une preuve sonore de mes assertions accueillies auparavant avec une moue dubitative (pour voir que je n'étais pas le seul à proférer de telles hyperboles, lire concernant leurs ultimes concerts). Car malgré son emballage d'une assez grande laideur (1), ce disque est de toute beauté (ce langage est très usité chez les amateurs de songwriters, mais ils n'en ont pas le monopole, et le noise, le punk ou le metal peuvent aussi être de toute beauté quoi qu'ils en pensent).

Premier poin, ce "live" est à l'évidence un "live in the studio" histoire peut être de laisser une trace discographique du groupe dans les condHS2itions de prise directe, car pas l'ombre d'un public audible, et des intermèdes entre les morceaux qui attestent de la nature intimiste de l'événement. C'est peut être une tendance actuelle après le Houdini live 2005 des Melvins. Comme les vrais live sont souvent décevants (prise de son médiocre et pas toujours la bonne soirée enregistrée pour des musiques qui sont très tributaires de l'état de forme du groupe, ainsi le live officiel de Jesus Lizard est-il infiniment en dessous des performance habituelles du quatuor) pas certain qu'on y perde au change. En tout cas, le résultat est particulièrement probant. Les Hot Snakes réussissent en effet peut être leur meilleur disque à ce jour (avec le magnifique Suicide Invoice) en proposant au fond un best of, même si la majorité de leurs morceaux mériteraient de se trouver dans un best of, joués le pied à fond les étriers, piochant inégalement dans le répertoire de leurs 3 albums (1 titre d'Automatic Midnight, 4 de Suicide Invoice, 6 de Audit in Progress + 2 inédits).

Ce qui m'épate, c'est à quel point les Hot Snakes évoquent les Wire de Pink Flag ! M'épate car je pense jamais vraiment m'en être aperçu à ce point, ce qui est soit une lacune personnelle qu'il serait préférable de passer sous silence, soit que c'est ici plus patent que précédemment. Je pense hélas que la bonne solution est la première. Un Wire quand même un peu moins arty etHS3 plus noisy (et encore) mais la comparaison saute aux enclumes (après les étriers, il ne manque plus que les marteaux pour entendre correctement).

Ce qui enthousiasme aussi, c'est que presque toutes les versions sont (au moins) à la hauteur de leur matrice originale, et certaines même supérieures. Ainsi "Braintrust" et "Hi-lites", notamment, absolument dynamitées. Force du "jouer ensemble" en une seule prise, de types mus par l'urgence.

Mes favorites sont à peu près les mêmes ici que sur les albums studios : "Retrofit" et son final qui entre dans ce que j'appelle "les grands moments", où quelque chose de magique se passe, "L.A.X." dont la descente d'accords du couplet et le phrasé de Froberg me vrillent la moelle, le teigneux "Who Died" et ses revirements brutaux, et l'indépassable"Suicide Invoice" bien sûr. S'il manque hélas la reprise de Drive Like Jehu que le groupe nous avait offerte en concert, je ne me vois pas soulever beaucoup d'objections au fait de décerner 5 poin sur 5 à ce disque. Comme l'assemblée, composée de moi-même semble me donner raison, adjugé vendu.

Donc 5 poin / 5

(1) mais d'ailleurs, Rick Froberg, responsable des packaging des Hot Snakes, est un peu coupable d'avoir associé au groupe une imagerie quand même peu engageante, et en tout cas, peu représentative de la musique distillée

 Extrait : retrofit

Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 17:59 )  

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