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Home Dressez vos esgourdes Noise HOT SNAKES - Audit In Progress - 2004

HOT SNAKES - Audit In Progress - 2004

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 La chronique ci dessous est issue de Crossroads d'où un certain nombre de propos apparemment abscons.  

hotsnakespochSi je pouvais avoir la certitude que j'ai, durant les quelques mois où j'ai rédigé ces notules, permit de faire connaître-aimer-acheter, ne serait-ce qu'une petite dizaines d'albums des Hot Snakes, je crois que je considérerais cette expérience comme pas si vaine que ça. Ce quatuor américain porte en son sein John Reis et Rick Froberg, maître et second de Drive Like Jehu au début des années 90, l'un des plus fantastiques groupes de la déjà splendide vague noise de ces années-là. Deux albums indispensables plus tard (surtout Yank Crimes qui méritera une chronique extensive un de ces quatre jeudi), Reis se consacra à son deuxième groupe, Rocket From The Crypt avec un certain succès commercial, mais moins à mon goût musicalement.

Miracle, il y a 5 ans, l'envie le prit de retravailler avec Froberg (photo ci-contre) qui se consacrait lui à son métier de dessinateur (les pochettes, c'est lui), et ainsi naquit Hot Snakes, tout aussi fabuleux, et parfois plus, que Drive Like Jehu. Ils ont déjà produit deux albums (Automatic For Midnignt et Suicide Invoice) absolument stupéfiants. La muhotsnakesfrobergsique est certes un peu différente, plus ramassée, plus directe. Pour donner une idée, imaginer Daydream Nation (Sonic Youth) joué par les Hives, c'est-à-dire sans les défauts des deux sus-cités (les a-côtés intello-boursouflés des premiers et le trip efficace un peu étroit des orbites des seconds). Les morceaux ne dépassent guère des 3 min, c'est envoyé avec une énergie, un sens du raccourci, de la classe et du bon goût qui font qu'on a presque honte d'avoir pu ressentir un peu (ô pas beaucoup) d'attrait pour des groupes aussi surfaits que Muse, Franz Ferdinand ou même Warlocks. Le seul (minuscule) reproche, serait de ne pas avoir les 3 ou 4 moments magiques où tout décolle, votre tripaille avec, et où il vous semble physiquement quitter ce marigot puant qu'on appelle la terre.

On ne saurait distinguer tel ou tel morceau tant ils sont irréprochables. On notera juste ce surprenant son d'orgue à la Jon Lord sur "Lovebirds". Sinon, je ne vois guère ce que vous pourriez avoir mieux à acheter d'ici Noël.

Chronique parue dans Crossroads 

La chronique était un peu courte, les reproches réhotsnakesreisspétés selon lesquels je faisais trop long (et avec trop de "moi je") me faisant très transitoirement raccourcir mon propos. Ensuite moi je décidai que vu mon salaire, moi je étais quand même autorisé au moins à pouvoir décider de la longueur et du nombre de "moi je" dans mes chroniques. Avec le temps, la place de cet album n'a fait que grandir et certains titres tels "Retrofit " et son final à couches superposées ou le à la fois sautillant et massif "Kreative Kontrol" dont le refrain se hurle en voiture les jours où l'on aimerait tuer son prochain (tout le temps quoi), sont devenus des créatures sonore blotties entre amygdale et hippocampe. Mais on pourrait les citer tous. C'est un grand disque d'un très grand groupe. La classe, l'évidence des grands. Et ils sont contemporains, plaisir supplémentaire de savoir qu'au moment où l'on vit (souvent une vie de merde), un foutu groupe est en train de créer la musique qui va nous faire quitter 40 minutes ce marais boueux dans lequel on patauge avant le grand saut final. Après le lézard Jésus, le serpent chaud est ma gourmandise préférée. Pour les textes, cliquez ici

4 poin et demi / 5

En bonus, le concert du Nouveau casino, le 24 mai 2005 (paru aussi dans Crossroads) 

Décidément, la KGB attitude sévit dans les salles de concert parisiennes. L'autre fois, il ne fallait pas que je reste debout, question sécurité (???), cette fois-ci, interdit de rentrer au Nouveau Casino parce que je mange une petite quiche de rien du tout. Pourquoi, c'est un objet contondant une quiche ? Face à mes vociférations, le tenancier en galurin me balance, planqué derrière son maton, "qu'on ne mange pas dans les concerts quand on est correct". Correct ! Je vous assure, il a dit correct. Il a peur de quoi ? Que je fasse des miettes sur la moquette ? Non mais sur quelle planète vit-on ? "Et le galur'man, ça te pose pas de problèmes métaphysiques d'interdire aux gens d'entrer parce qu'ils mangent et de vendre de la bouffe à l'intérieur de ton estangot ? Et les mégots que laissent partout tes cochons de payants, c'est mieux que les miettes ? De toutes façons, bientôt il sera interdit de fumer dans ta boutique, ordre préfectoral, alors va falloir que t'engages de nouveaux cerbères dans ton nouveau casino".

Bon laissons-là les petits commerçants et venons-en à l'essentiel, j'ai nommé Hot Snakes. Que faisiez-vous donc, fans des Ramones, des Buzzcocks, de Sonic Youth, des Hives, de Queens Of The Stone Age et même de Franz Ferdinand (je ratisse large), au lieu d'être avec nous en train de regarder votre groupe préféré (vous ne le savez pas, mais c'est votre groupe préféré). Et même vous, les malheureuses victimes du marketing qui ont gobé la Strokemania et la WSH (White Stripe Hype)hotsnakesNC, vous auriez dû venir voir ce que c'était qu'un grand groupe de rock fait pour vous. Je ne vous dis pas comme les rayés rouges et noir, vous auriez balancé leurs galettes à la benne. Hurler "Suicide Invoice" en chœurs, ça laisse des traces.

Contrairement à ce que je craignais, le quatuor n'a pas simplement jeté 1 h de show avant de se sauver mais a joué plus de 2 h, et ce avec une intensité difficile à retrouver de ce côté ci de la planète (photo ci-contre prise lors de ce concert). Toutes les pépites des 3 albums ont été offertes, et dans des versions précieuses. John Reis, dont le look rockabilly (pas éloigné de Brian Setzer, quelques kilos en plus) paraît un peu décalé (même si son jeu de guitare emprunte finalement pas mal à ce mouvement, juste noisifié) est un guitariste complètement faramineux. Devant un public assez réduit (allez, une centaine à tout casser, enfin plutôt sans rien casser, le galur'man veillait) mais dont l'enthousiasme, assez inattendu dans cette ville au public généralement congelé, trahissait l'origine américaine, ils ont même repris deux titres de leur groupe précédent, les grandioses Drive Like Jehu, montrant qu'ils n'avaient rien oublié de ce style bruitiste et viscéral qui en fit un des seminal bands des années 90. De toutes façons, c'est trop tard. A l'heure où vous lirez ces lignes, ils seront repartis in the USA et guère de chances qu'ils reviennent voir Paris, même en 2012, vu le peu d'intérêt qu'ils suscitent.

Je vous ai déjà dit que je vous haïssais ? Non ? Et bien c'est fait.

extrait : LoveBirds  

Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 18:02 )  

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