Mais enfin d kelvin, il faut être raisonnable. Ca n'a pas de sens de continuer à écrire ces chroniques. Enfin, à ton âge, ça devient pathologique tu sais. Tout le monde s'en fout de tous tes ratés magnifiques partis dans le trou des chiottes de l'histoire du rock, là où tu aurais dû les suivre d'ailleurs, et dont tu vantes les mérites (s'ils en avaient eu tant que ça pensent la plupart, on le saurait). Regarde aujourd'hui, de quoi tu voulais encore nous parler hein ? Fais voir : Lucky ? De Janitor Joe ? Non mais tu le fais exprès. Mais tu sais que c'est vraiment pitoyable. Un disque passé complètement inaperçu par un groupe passé de même et disparu depuis belle lurette (une fille du passé lointain tu ne peux pas comprendre). Qui n'a même pas bénéficié de la mort de sa précédente bassiste, Kristen Pfaff, qui a trouvé le moyen de casser sa seringue (la pipe des toxicos) après avoir rejoint le Hole de Courtney Love (et non pas de chiottes cette fois même si
certains le pensent). Oui je sais, tu la trouvais géniale aussi, mais c'est pas notre faute si elles se recyclent dans la vie normale ou l'interrompent tes idoles.
Tout ça pourquoi ? Parce que tu en as marre que des types qui n'écoutent pas deux disques de rock un peu bruyants dans l'année dégainent les Stooges dès qu'on évoque le rock sauvage ? Les Stooges, la bonne caution "canaille +" des amateurs de musique molle ou de ringards accros à leurs jeunes années ? Un peu la même chose que de trouver que le meilleur (iron) road movie du cinéma c'est l'Arrivée du train à la gare de la Ciotat des frères Lumières (quoi que finalement ça se défend) ? Peut être mais toi là, tu nous sors quoi ? Un album de Joachim Breuer, ton idole dont le fan club tiendrait dans un placard à balais et retourné depuis à ses chères études, au sens propre car il ferait, comme toi, dans les sciences dites dures (tu aimes les sciences comme la musique, t'as de la suite dans les idées, enfin dans les quelques idées qu'il te reste car ta tête se vide ces temps-ci). Celui-là même qui fit Monticello des Bastards, 3 ans plus tôt et que tu considères comme un chef d'œuvre ? Mais tu l'as déjà dit ça, tu radotes. Si, dans un de tes premiers parallel lines. Et tu crois qu'on a en vendu un de plus pour cela ? Oui, tu vas me dire que récemment, tu as eu des satisfactions. On a vu des lecteurs acheter du Electric Wizard et du Skullflower sur tes incitations. Oui, et aimer aussi. On le saura. Faut dire que là, ils ne vont pas se saigner les quelques innocents qui t'accordent crédit, on le trouve sur Amazon.com à à peine 1 $ ton Lucky (là). Oui, 1 $, pour ton soit disant chef d'œuvre de rock sauvage, ça ne donne pas confiance mais bon, ça ne fait pas prendre beaucoup de risque financier c'est déjà ça. Le timbre vaudra plus cher que le produit ah ah ah, non excuse c'est nerveux.
Alors, voyons voir ce que tu avais écrit : "meilleur guitariste de la vague noise des années 90 avec Duane Denison et Steve Albini". Bon, d'accord. Ensuite "cette voix qui ne cherche même plus à s'extraire des flots de riffs qui la recouvrent, mais qui s'y abandonne". Vois pas ce que tu veux dire. Tu baisses dis donc, temps que tu jettes l'éponge. Ah, là c'est l'histoire de la pochette. "On y voit deux dés et une dent arrachée, c'est celle d'un des musiciens, dont on voit la gueule édentée et encore sanguinolente au verso, juste devant l'enseigne d'un casino de jeux. Il avait dû se prendre la tête, et en option un coup de tête, avec le videur". Lamentable. Mais ça n'amuse plus personne ton goût pour le sang, la violence et l'auto-destruction mon pauvre. Si la vie te pèse, tu prends congé et puis basta. Comment ? En écoutant Lucky ? Si tu veux oui, remets le toi au casque mais pitié, fous nous la paix. Et n'y reviens plus.
1 $ ! Il est vraiment irrécupérable.
5 poin / 5
extrait : no smokes for wave
Cette chronique devait être la dernière que j'écrirais pour la rubrique Parallel lines de la revue Crossroads. Envoyée en février et mise sous le coude du rédacteur en chef pour plus urgent (un Dire Strait je crois dans le dernier numéro, vous pouvez vérifier, le rédacteur en chef avait mis ironiquement en doute ma résolution de ne plus en écrire. Il n'aura même pas attendu de la passer pour que cela se réalise. Désolé Joachim. Et merci, où que tu sois, pour le gentil mail que tu m'avais écrit il y a 4 ou 5 ans quand je t'avais retrouvé sur le net (à titre personnel, je n'étais qu'un quidam à l'époque, et je vais le redevenir rapidos) et t'avais dit que tu étais pour moi l'un des plus grands. Tu as eu raison de rester dans ton laboratoire à faire de la recherche. Ca vaut rien le rock biz. On est bien d'accord. J'espère que tu as des résultats intéressants. Respect Mr Breuer.
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