Partir sur une île déserte avec un seul morceau de musique classique ? un seul morceau qui les rassemblerait tous ? Un seul morceau capable de vous faire vibrer, pleurer, crier, hurler ? Un morceau qui vous transporterait, vous transcenderait, vous laisserait éparpillée en état de grâce ?Fermez les yeux, imaginez un peu : comme une petite respiration, ténue, légère, tout juste perceptible, elle part là, du ventre, monte doucement en vous, doucement, doucement. Lancinante, elle vous prend, gonfle, s’intensifie, part dans les aigus, le corps se tend, vous essayez de la retenir, c’est trop fort, elle veut jaillir, elle veut exploser, vous vous battez, vous voulez la garder en vous, bien profond, à tout jamais !
Et ce crescendo brutal meurt au coeur d’une lumière fulgurante, la lumière de la vie, vous êtes dans un état de béatitude totale mais paradoxalement pas comblée, vous en voulez encore, le manque s’installe déjà.
Ce combat là est inégal, vous le savez, il est perdu d’avance, trop fort, trop
de puissance, vous allez encore une fois finir en larmes, lessivée, vaincue, heureuse, frustée, jusqu’à la prochaine fois ! Seul l’adagio for strings de Samuel Barber possède cette force, cette montée en puissance, cette envolée, capable de vous faire jouir de toute la beauté et la tristesse du monde !
Si le violon sert à merveille cette oeuvre, la voix tout autant dans « l’Agnus Dei », arrangement vocal de cet adagio.
Samuel Barber, compositeur américain né en 1910, mort en 1981 est l’auteur d’une oeuvre riche et diversifiée : adagios, sonates, compositions pour voix...

| < Préc |
|---|






