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Home Dressez vos esgourdes 70's KILLING FLOOR - s/t -1969/ Out of Uranus - 1971.

KILLING FLOOR - s/t -1969/ Out of Uranus - 1971.

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 C’est en 1968 que le chanteur – harmoniciste Bill Thorncraft et le guitariste Mick Clarck fondent Killing Floor. Une petite annonce passée dans le Melody Maker leur permet de compléter la formation avec le bassiste Stuart Mc Donald et le pianiste Lou Martin. Le batteur Bazz Smith, rencontré au cours d’une tournée en Allemagne, se joint à eux.
 
Leur première apparition sur scène eut lieu au Middle Earth de Londres avec, à la même affiche ce soir là, Captain Beefheart. Au cours de l’année 69, en Mai, ils constituent le « backing band » du bluesman Freddy King lors d’une tournée de plusieurs semaines. A cette occasion ils joueront sur la même scène que Howlin’ Wolf ou Otis Spann. A une autre occasion ils accompagneront Arthur « Big Boy » Crudup.
 
Cette même année paraît leur premier album constitué de compositions originales à l’exception d’un titre placé en ouverture du disque, Woman you need love, signé Willie Dixon. Excellente entame au demeurant : nombreux changements de tempo avec un piano omniprésent, une guitare incisive ainsi qu’une voix chaude et profonde pour un chant bien en place. C’est sur le deuxième morceau (Nobody by my side) qu’on voit apparaître l’harmonica, la face 1 se poursuivant ainsi par une musique ancrée dans la tradition blues / boogie / rock où chaque musicien fait preuve d’une excellente maîtrise instrumentale sans que cela ne tourne à l’exhibition, toujours au service de compositions aux structures blues traditionnelles mais cependant assez riches et complexes pour éviter la pure et simple copie. Les 7’42 mn de Bedtime blues sont en ce sens archétypales de ce blues boom anglais de la fin des 60’s ; à la fois respectueux d’une certaine tradition (le Chicago blues) et de l’héritage déjà constitué d’un certain rock anglais (Cream par exemple).
 
Sur la face 2 se distingue particulièrement Keep on Walking, blues au tempo lent, de facture assez traditionnelle sur lequel le piano fait un excellent travail d’accompagnement et où la guitare constamment présente en contre chant délivre un solo remarquable de justesse et d’intensité. Suit Forget it, un boogie où piano, harmonica et guitare répondent sans discontinuer au chant. Lou Martin poursuivant par un boogie woogie de 2’40 mn seul au piano. Le disque se termine sur les 8’40 mn de People change your mind qui présente le versant le plus rock de cette première réalisation. Les racines blues sont toujours présentes, ne serait-ce qu’à travers l’harmonica de B- Thorncraft, la guitare au son plus « poisseux » se faisant aussi plus agressive. Le disque fini on se dit qu’on tient là un excellent disque d’un groupe anglais très représentatif de ce blues anglais des sixties finissantes. Le disque eut de très bonnes ventes à l’époque ainsi qu’une presse enthousiaste et connut même une édition américaine sur le label Sire.
 
Fin 69 le groupe se sépare mais après quelques temps quatre des membres se retrouvent, sans Lou Martin, pour des tournées en Allemagne et en Suisse au cours desquelles ils jouent dans des festivals où ils partagent l’affiche avec The Nice ou Black Sabbath. Après un séjour de plusieurs semaines dans le sud de la France au cours de l’été 70, où bien-sûr ils donnent des concerts, ils retournent à Londres enregistrer dans les studios Pye leur second album, Out of Uranus.

L’album, publié sur le label Penny Farthing, sort en 71 et dès le premier morceau on peut présumer que celui-ci ne ressemblera pas au précédent. De fait on est en présence d’une musique moins inspirée par le blues et c’est la tendance rock voire hard rock qui l’emporte. Se souvenir qu’en 70-71 ce sont des groupes comme Led Zeppelin, Free ou Black Sabbath (entre autres) qui remportent un franc succès outre-Manche et que la tendance est à une musique plus rock ou plus progressive, les ventes des disques de « blues anglais » commençant à chuter sévèrement. Deux orientations que Out of Uranus va emprunter. D’ailleurs dès Soon there will be everything le versant progressif apparaît. On peut même y entendre un violon et un mellotron, la voix baignant dans un effet d’écho, les guitares empruntant un son psyché / west coast. Retour à un rock brut et carré avec Acid bean. On a du mal à retrouver ici quoi que ce soit de l’inspiration blues du premier album. Cependant avec l’intro de Where nobody ever goes on en revient au blues avec un tempo lent, breaks, harmonica. On se croirait dans un morceau de Muddy Waters que le groupe, dès ses débuts, revendiquait comme une influence majeure. La première face se finit sur un boogie / rock à la Canned Heat où le guitariste a le loisir de déployer ses talents.

La face 2 commence par le titre paru en 45t, Call for the politicians. Basse très présente mais rock au refrain un peu niais (destiné à faire danser dans les boîtes ?) – point faible de l’album en dépit d’une guitare inspirée. Fido castrol est bien plus intéressant, élaboré sur des rythmes qui se jouent des temps et qui évoluent au cours du morceau, des aspects progressifs dans la composition réapparaissant ici. Dès le début de Lost alone le riff nous rappelle le "The WASP" des Doors (LA Woman), riff qui introduit, au bout de quelques mesures chantées avec accompagnement d’harmonica, à la partie centrale où, sur des guitares aux effets multiples (écho, wah wah) l’harmonica prend un solo, précédant un retour au riff de départ, le tout sur fond de section rythmique qui s’emballe. Une belle réussite ! Le disque se termine sur deux morceaux très rock où encore une fois le groupe mélange habilement des  tonalités blues avec des préoccupations plus progressives empruntant même au hard rock naissant (par petites touches discrètes quand même).

Suite à ce disque d’autres changements interviendront dans le groupe et différents line-up se succèderont (sans disque publié). Le pianiste Lou Martin avec le batteur de la dernière mouture (Rod de’Ath) partiront enregistrer et tourner avec Rory Gallagher (ils apparaissent entre autres sur l’album Tatoo, pour lequel j’ai une grande faiblesse), le bassiste Suart Mc Donald jouant avec Paul Rogers dans la formation éphémère, Peace. Et puis en 2005 on apprend la sortie d’un nouveau disque dans le line-up original (ou presque), le batteur (Bazz Smith) ne jouant que sur deux titres. Disque dont je ne puis rien dire ne le connaissant pas (encore).

 

Killing Floor : 4 poin / 5

Out of Uranus : 4 poin / 5

 

Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 18:46 )  

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