Depuis quelques années, et grâce aux rééditions que produisent quelques labels un peu partout dans le monde, on peut enfin avoir connaissance de disques qui sinon resteraient méconnus et seulement réservés à quelques fortunés collectionneurs. Pour cette raison il faut admettre que depuis l’avènement du CD nombre de groupes obscurs nous ont été dévoilés dont la musique aurait mérité autant d’éloges que ceux que nous admirions en ces temps lointains du début des 70’s (cela dit c’est encore sous sa forme vinylique que je me suis procuré ce disque chez un ami disquaire tout autant passionné que moi par le dépoussiérage des pépites précieuses et rares dont les distributeurs nous avaient privé – merci Dominique – vous me pardonnerez ce message perso !).
Ce groupe qui nous vient des antipodes a enregistré ce disque à Sidney dans les studios du label Festival et il fut publié sur le label Infinity. La musique produite est très inspirée par le rock anglais tels que celui des Yardbirds (influence lointaine cependant) ou du Jeff Beck Group (pour situer un peu !). Etonnamment on y retrouve aussi une influence West-Coast américaine qui dans le jeu des guitares laisse penser à Mad River ou à quelques réminiscences de Quicksilver.
Le quatuor, composé de deux guitaristes, d’un bassiste et d’un batteur, compose tous les morceaux (9 au total) et chacun d’eux s’organise essentiellement autour des guitares et de l’espace laissé pour les différents soli de chaque guitariste.
C’est un heavy rock percutant qui nous est proposé et ce sont les guitares qui essentiellement sont mises en avant. La voix du chanteur, toujours étonnamment généreuse, est aussi à l’aise dans les morceaux pris sur un tempo rapide que sur ceux plus mid tempo aux mélodies mémorisables.
Difficile de décrire chaque morceau mais tous présentent des qualités singulières qui font que jamais on ne s’ennuie à l’écoute du disque. Le premier, Free, nous fait entrer dans cette musique qui d’emblée interpelle l’auditeur par le son légèrement saturé des guitares et leurs arpèges entrelacés. Odyssey évoque, comme le précédent d’ailleurs, le rock californien à la Mad River ou Tripsichord (désolé mais ce sont les noms qui me viennent à l’esprit – mais sont-ils plus connus que nos australiens ?). Après deux autres titres tout aussi bons, la première face se termine par Vikings qui, introduit par une guitare acoustique, prend vite la forme d’un rock sudiste qu’un amateur de Lynyrd Skynyrd ne renierait pas.
Face deux introduite par Steps of time ; morceau qui n’est pas loin d’être mon préféré avec son break au milieu, où deux guitares acoustiques prennent un solo simultanément sur un drumming sans basse, étonnant à chaque écoute. Les deux plages suivantes sont du niveau habituel et rien ne permet de vraiment se décider à choisir lequel serait le plus représentatif du disque.
Et le tout se termine par le morceau le plus épique du disque, Parade of fools qui prend les dernières 8 mn de l’album. Intro à la Voodoo Child, avec wah wah et glissando et c’est parti pour un final grandiose tout en électricité où les guitares, les vocaux, la basse, la batterie participent à une déferlante sonore digne de certains Blue Cheer ou de Pink Fairies quand ils se lançaient dans de longues jams prises sur des tempi très vifs et incisifs. A faire entrer en transe tous les Shaman en quête de délices guitaristiques et à faire monter la température en degré kelvin de tous les enrhumés printaniers.
5 poin poin / 5
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