Ce disque reste pour moi très mystérieux. Peu d’indications sont données sinon qu’il fut publié au Vénézuéla en 1969 sur le label Souvenir et qu’il figure parmi les disques les plus rares de l’ère psychédélique. Véritable Saint Graal pour les uns, objet mythique pour les autres, certains pensant que ce disque n’existait que dans l’esprit farfelu de quelques collectionneurs toujours à la recherche de l’introuvable. Jusqu’à ce qu’un petit label (One Little Indian / Shadoks) le réédite, il y a quelques années, en très petite quantité et dans une copie quasi conforme à l’original – pochette identique avec lettrage en espagnol et vinyl multicolore. Etant tombé dessus tout à fait par hasard chez un ami disquaire (il en reste quelques uns qui connaissent leur métier) je l’acquis et bien m’en prit.
Comme on pouvait s’y attendre le disque débute par un bruit de chasse d’eau. Tous les morceaux étant ainsi enchaînés par des bruits ou sons incongrus tels que nageur dans une piscine, cris d’une foule, avion, orchestre s’accordant etc. La musique fait la part très belle à une guitare au son typique de l’époque qui s’insinue dans tous les interstices laissés par le chant. Fuzz, wah wah, donnent cette coloration sixties / psyché des groupes US (chers aux Nuggets et autres Pebbles). L’harmonica prête souvent aux compositions (toutes originales) une tonalité blues avec des soli qui nous renvoient au blues boom anglais ou à Canned Heat. Le groupe produit un rock de bonne facture, plein d’énergie sur des tempi ( ?) rapides qui empruntent parfois au blues parfois au pur psychédélisme avec un titre où orgue et voix, sur un beat plus souple, renvoient au son West Coast. Le dernier morceau, I’m gonna be, est une excellente conclusion, où guitare et harmonica jouent ensemble tout au long du morceau, enchaînant les soli et où la voix du chanteur prend parfois des accents à la Jim Morrison. L’ensemble mérite sa réputation (une fois n’est pas coutume, la rareté de beaucoup de disques s’expliquant souvent par leur grande médiocrité) et des écoutes répétées n’épuisent pas le plaisir que l’on a à le mettre sur la platine. Il aurait été injuste de le laisser croupir au fond des poubelles de l’histoire du rock. Deux extraits en écoute, ici, mais pas les meilleurs, dommage.
http://www.aquariusrecords.org/cat/internationallatinamericanpsychtropicalia.html
3 et la moitié d’un poin / 5
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