Publié sur Nasco en 1970 ce disque d’un groupe nous venant de Memphis est assez représentatif d’un certain psychédélisme. On ne sait que peu de choses des musiciens eux-mêmes sinon que le compositeur de la quasi-totalité des morceaux est un certain Dave Hall.
La musique produite est proche d’une « musique progressive » sur la face un et plus blues voire rock en face deux (et vive le vinyle !) avec chœurs, guitare, orgue, basse, batterie et sons produits électroniquement.
Le premier morceau éponyme est lent, serein, la voix du chanteur me faisant penser, sur ce titre, à celle de M-Balin du J-Airplane. Le suivant, Within your State of Mind est pris sur un tempo plus enlevé. On y entend l’orgue et la guitare rythmique jusqu’au solo de guitare fuzz et toujours ces sons électroniques (sans doute produits en studio par différents filtres) qui restent quand même discrets et tapissent le tout d’un fond sonore assez étrange mais pas désagréable (tout à fait différents de ceux de Pierre Henry sur le Ceremony de Spooky Tooth qui, c’est mon avis, se mariaient mal avec la musique du groupe). Ce morceau, assez « freak out » et plutôt réussi, est, on va le voir, le seul vraiment réussi de l’album (il est aussi un des deux plus longs).
Ainsi Revelations est plutôt banal, sorte de rythm and blues avec chœurs féminins, orgue et toujours la fuzz qui y va de ses quelques mesures en contre chants. On s’ennuie un peu…
La face 2 débute par un Mississipi Hippy plus rock mais pas plus intéressant, la voix s’efforçant à prendre les intonations d’un chanteur soul et le solo de guitare prenant des accents country. On reste sur sa faim…Passons à la suite. Et là, Goodbye my darling…la mélodie me rappelle quelque chose mais quoi (titre écrit par Betts et Davis) ? Toujours les chœurs, cette fois ci envahissants, qui ne relèvent pas la qualité de la musique. Disons-le c’est assez médiocre et on s’assoupit devant une telle complaisance….le morceau s’étire à n’en plus finir…il est bien long à dire au revoir à sa « darling ». Notre patience sera-t-elle récompensée ?
Pas vraiment. Don’t climb nobody else’s ladder débute comme un boogie rock mais l’ennui de nouveau s’installe. Le solo est de bonne facture mais mille fois entendu. Le disque s’achève là, nous laissant dubitatif. A-t-il un quelconque intérêt sinon documenter une facette de la musique psychédélique qui n’est pas, si on ne s’arrête pas à cet enregistrement, dépourvue de qualité. Je signalerais juste que les exemplaires originaux valent une fortune et que l’amateur, simplement curieux, pourra se contenter d’une réédition récente. Celle du label Psycho de 1983 (qui m’a permis d’en parler ce jour) étant déjà assez difficile à se procurer.
Pour les deux premiers morceaux : Un et un demi poin / 5
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