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Home Dressez vos esgourdes Blues FRANK GOLDWASSER - Bluju ... + si affinités - 2003

FRANK GOLDWASSER - Bluju ... + si affinités - 2003

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bluju 2003MISE EN GARDE : s'il y a un grand guitariste de blues français c'est bien Frank Goldwasser.

 

Voilà ! Les 2/3 de l'équipe poinpoin viennent de sortir de la chronique, nous pouvons donc désormais discuter entre nous, en amoureux du blues, du vrai ! Pardonnez-les, Seigneur Robert Johnson, ils ne savent pas ce qu'ils font !  Intéressons-nous donc au plus américain de nos messieursblues.

En effet, sans tomber dans la biographie dont d'autres sites se chargent très bien (cf les liens tout en bas de ce texte), Frank au début des années 80 s'en est allé sur la côte ouest pour vivre le blues à fond suite à une rencontre avec Sonny Rhodes. Il fréquente assidûment (et y loge même quelques temps) le Eli's Mile High Club d'Oakland au point d'en devenir le guitariste maison à 23 ans. Le patron, Troyce Key, le surnomme alors Paris Slim et lui permet de jouer avec la crème du blues passant par la west coast : Jimmy McCracklin, Lowell Fulson, Joe Louis Walker, Big Mama Thornton, Mark Hummel, Pee Wee Crayton ...
En 1984 le
Paris Slim Band enregistre son premier 45 tours, écume toute la baie et cotoie tout ce qui se fait blues dans le coin. Paris Slim fait désormais partie du paysage américain ... et reste totalement inconnu en France, le pays où le blues est symbolisé par Johnny et Patricia Kaas (cherchez l'erreur !). En 1989 il participe même à une reformation de l'Electric Flag. Oui, pour jouer à la place de Mike Bloomfield. Pas moins ! C'est au cours de cette même année qu'il a l'opportunité d'enregistrer son premier album, Blues For Esther, sur le label belge Blue Sting qui sera nomminé pour les WC Handy Award.
Les tournées et festivals se poursuivent, souvent courronés d'éloge, mais le 2ème album, Bleeding Heart, ne verra le jour qu'en 1996. Depuis,
Paris Slim est redevenu Frank Goldwasser, est apparu dans divers projets (The Mannish Boys, Down Home Super Trio), a déménagé à Portland et a sorti le magnifique Bluju en 2003, lequel bénéficie d'une réédition ces jours-ci.



Si j'ai choisi de vous parler des 3 albums suivants, ce n'est pas vraiment un hasard puisque ce sont ... les seuls que je connaisse ...
 ! Mais le hasard fait parfois bien les choses puisqu'ils représentent les 3 facettes talentueuses de notre ami : sa vie sous le pseudo Paris Slim, celle en tant que co-performer et enfin l'aboutissement de son oeuvre personnelle sous son nom de baptême.

 

PARIS SLIM – Bleeding Heart (1996 – globe records GLO-018)bleeding heart
Dès les premières notes je me suis esclaffé : "Waouh ! Cette voix, ce son de guitare ! ... mais c'est
Johnny Winter dans ses grands jours !". C'est ainsi qu'a commencé mon entrée dans le monde de Frank Goldwasser, suite à une chronique dithyrambique dans Soul Bag (magazine auquel il avait d'ailleurs collaboré avant de s'exiler aux Etats-Unis).
Mais pas le
Johnny Winter aux solos hypersoniques, plutôt celui de Nothing but the Blues. De plus loin de moi l'idée de l'accuser de clônage, intentionnel ou pas. Ce sont juste une sonorité et une ambiance qui ont fait le lien dans mon esprit. Je ne suis même pas sûr que le texan albinos soit une référence pour notre frenchy. Ecoutez en particulier "
If You Dig Me" et "The Day I Met The Boogie Man" et dîtes-moi ce que vous en pensez ... même si ce dernier titre retrace la rencontre de Frank avec Monsieur John Lee Hooker himself et en reprend donc le style.
Ce disque a bien failli ne jamais exister car
Frank n'en était pas spécialement content, trouvant qu'il ne sonnait pas bien. Ce n'est qu'en le retravaillant de fond en comble avec Joe Louis Walker qu'il prit une forme qui lui plaisait. Grand bien leur prit car tout en restant du blues assez classique, ces 12 titres permettent à notre homme de rentrer dans la cour des grands. Mise en place, jeu, son, compositions originales ou relectures de classiques, tout est irréprochable ! Je défie quiconque ayant la fibre blues de ne pas taper du pied et d'avoir un sourire jusqu'aux oreilles pendant ces 50 minutes et quelques. Déjà la classe internationale, mais tout reste encore à venir ... et de grâce, si vous êtes arrivés malgré tout jusqu'ici sans aimer ce blues traditionnel, ne partez pas encore. Donnez leur chance aux 2 cd suivants, beaucoup moins "déjà entendus" ....

2 minutes de chaque titre en écoute sur
cdbaby.

 

DOWN HOME SUPER TRIO – In The House (2004 – crosscut 11081)down home super trio
Ce cd fait partie de la série "In The House – Live At Lucerne" qui retrace en 7 volumes (à ma connaissance) le
Lucerne Blues Festival, enregistré au Grand Casino, dans son édition de novembre 2003, série publiée en 2004 par le label et vpciste allemand
Crosscut Records (mon dealer agréé en ce qui concerne le blues !). On tient ici 54 minutes de blues rugueux, sale et dépouillé à la Hound Dog Taylor par 3 pointures du circuit : Richard Innes à la batterie, R.J Mischo à l'harmonica et notre Frank aux 6-cordes demi-caisse, ces 2 derniers se partageant le chant.
La set-list est constituée de titres de leurs repertoires personnels, de réappropriations d'autres grands (
Eddie C. Campbell, Leiber-Otis-Stoller, Don Nix, J. Hawkins ...) sans jamais tomber dans les reprises bateau ou 1000 fois entendues. "
Grand Casino" est une jam instrumentale sur laquelle ils sont rejoints par le guitariste Alex Schultz qui les accompagne également sur "Going Down The Line" de Earl Hooker, alors qu'en fin de set c'est Billy Flynn qui dégaine les chorus sur "Bloody Tears" du géant (dans tous les sens du terme) Willie Dixon, comme pour finir sur un air de fête. Mais j'avoue que dans le contexte, ce dernier chicago blues trop électrique est un peu superfétatoire.

Néanmoins cet album reste un must pour tout amateur de blues rural et point trop conventionnel : il n'y a pas de basse, je vous le rappelle. Autant dire que des années lumières séparent ce concert d'un blues bien propre et appliqué à la Clapton par exemple. Ecoutez donc "Keep On Running" où R.J. Mischo est seul avec son harmo et sa bass-drum : tout le blues transpire dans ces 3 minutes. Je me demande comment on peut ne pas être touché par ces moments-là (mais j'ai bien conscience que l'amateur de sludge ou celui d'electro me dira la même chose !) : l'atmosphère est tout à la fois dépouillée et chaude, c'est la formule choisie qui veut ça. De plus Frank avouera plus tard que l'angoisse devant l'évènement l'avait fait boire plus que de raison avant de monter sur scène. Le résultat est un jeu un peu fébrile, essentiellement sur les premiers titres ("If You Dig Me", "Sister Taught Me Guitar"), conférant à l'évènement son côté authentique et sur le fil du rasoir.
Frank n'est pas un guitar-hero, il vit son blues, aucune démonstration gratuite, pas de solo à rallonge. Et comme R.J. Mischo a la même approche avec son harmonica, je vous le répète, ce document est exceptionnel et indispensable à toute bonne discothèque de blues.


2 minutes de chaque titre en écoute sur
cdbaby.


Frank GOLDWASSER – Bluju (2003 – crosscut 11077 / 2007 - dgpcd114)bluju 2007
Bluju
est postérieur au
Down Home Super Trio puisqu'il est sorti initialement en 2003 également chez Crosscut Records au format digipack avec la pochette présentée tout en haut de l'article. Mais comme je l'écrivais plus haut il vient d'être édité pour le marché américain chez delta groove avec la pochette ci-contre. Aux 13 titres de la première édition, dans un ordre toutefois totalement bousculé, s'ajoutent 2 reprises de Hound Dog Taylor, hommage au premier disque qu'il acheta, lui oculant le virus de la musique du diable pour l'éternité.
Bien que ne connaissant pas Blues for Esther (je le cherche ...), je pense pouvoir affirmer que ses 2 albums en tant que
Paris Slim n'étaient que des brouillons, très soignés au demeurant. Il se cherchait une identité, un style propre .... Il les a trouvés et éclabousse le monde du blues de sa classe en redevenant Frank Goldwasser. N'y allons pas par 4 chemins ce Bluju est une perle.
Notre homme ne voulait pas refaire un disque de blues "pur", sans doute le blues tel que le novice le voit : une ressucée à l'infini des plans de "Sweet Home Chicago". C'est une approche et une adaptation du blues toute personnelle qu'il nous propose, un peu comme le font Hans Shizzoe ou Hans Theessink dans des registres toutefois très différents. Il s'est donc attaché à briser les carcans, laisser son inspiration voyager dans les différentes sphères du blues et plus loin encore. Oh, des blues traditionnels il y en a bien sûr mais la grande force de cet album est de varier les ambiances : tantôt très intimistes et veloutées ("
Three Sisters"), tantôt très riches avec le sautillant "Homesick Blues" d'une grande richesse instrumentale (orgue, cuivres, guitares à foison ...), acoustico-slidées mais néanmoins rythmées sur "Don't Take Away My Love" ou encore le hookerien et tendu "Well, well Joséphine" qui devrait ravir les fans du légendaire boogie man.
Bon, je ne vais pas vous les passer toutes en revue, courez acheter ce disque nom d'une jatte ! Il y a des talents que l'on n'a pas le droit de laisser dans l'ombre !

Des extraits
et sur cdbaby aussi.

 

Une bio complète chez virus de blues et une interview (bon, de 2002 d'accord !) chez bcr.


Retrouvez également Frank sur ces enregistrements :

paris slim 1989

mannish boys 2005mannish boys 2004alastair 2006blistering 2002

Mis à jour ( Dimanche, 03 Août 2008 19:01 )  

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