
À la fin des années 40 et au tout début de la décennie suivante, il poursuit des études musicales et entame une carrière d'instrumentiste et d'arrangeur. Il jouera avec Cecil Taylor (1958) et, au début des années 60, en compagnie d'Archie Shepp, commencera d'enregistrer en petite formation (quartet). En 1964 il fonde la Jazz Composer's Guilde, dans le but de promouvoir le free jazz et d'organiser mieux les conditions de travail des musiciens qui s'adonnent à cette musique. Bill Dixon fut aussi un militant politique ,en ce sens que ses actions visaient à libérer un peu plus les musiciens de toutes les contraintes que leur imposaient les labels, les patrons de boîtes et faire en sorte qu'ils puissent jouer dans des conditions décentes pour se faire connaître. Ce fut dans ce but qu'en 1964 il organisa à New York, au Cellar Cafe, une série de concerts où se succédèrent une vingtaine de formations dédiées pour l'essentiel au jazz free. La manifestation prit le nom d'October Revolution in Jazz !

Tout au long de son existence bien remplie, bien que peu sous le feu des projecteurs, Bill Dixon continuera à enseigner. En particulier il créera au Bennington College dans le Vermont (où il fut élu en 1988 à l'Académie des Sciences et des Arts) un département d'enseignement de la musique noire. Les années 70 et suivantes on le verra souvent en Europe, pour enregistrer et jouer, en particulier en Italie et en Autriche. Bien qu'ayant peu enregistré ou publié ces trente dernières années Bill Dixon fut de l'aventure Free Jazz un catalyseur important, musicien et théoricien, jouant sur quelques disques qui ont fait date : ces deux là sont à écouter - Peace, en quartet avec Archie Shepp, enregistré en octobre 1962 et publié en son temps en France sur Byg. Et Conquistador de Cecil Taylor paru sur Blue Note enregistré en 1966. Depuis quelques années la publication d'enregistrements inédits était entamée dont beaucoup ayant eu lieu dans les années 70.

Bill Dixon nous a laissé ce 16 juin 2010 encore un peu plus seuls pour écouter sa musique. Le moins qu'on puisse faire c'est de l'écouter encore et encore...pour qu'au moins tout de lui ne s'efface pas.
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